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Apprentissage et université : l'Artisanat provoque un bad buzz

Étienne Gless
Publié le
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Cette campagne de pub, conçue pour valoriser les formations en apprentissage dans l'artisanat, a provoqué la colère des acteurs de l'enseignement supérieur.
Cette campagne de pub, conçue pour valoriser les formations en apprentissage dans l'artisanat, a provoqué la colère des acteurs de l'enseignement supérieur. // ©  FNCPA
La dernière campagne de pub de l'Artisanat, qui oppose apprentissage et université, a engendré la colère des universitaires, et même du secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur et à la Recherche.

"Quand la fac est finie on cherche, quand l'apprentissage est fini on trouve". La campagne de pub lancée cette semaine par le FNPCA (Fonds national de promotion et de communication de l'artisanat) a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux.

"Honteuse campagne infondée", "quelle bêtise crasse"... Les professionnels de l'enseignement supérieur en sont restés cois, alors que de nombreuses formations en apprentissage existent au sein de l'université.

Même Thierry Mandon a réagi à cette campagne conçue par les deux agences de pub avec lesquelles travaille le FNPCA, Anatome et La Chose. Dès mardi, le secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur et à la Recherche s'est fendu d'un tweet pour vanter les mérites de l'université.

Puis, jeudi 2 juin, il a envoyé un communiqué de presse pour déplorer une campagne qui "véhicule des clichés sur les universités".

Dans ce communiqué, le secrétariat d'État rappelle le nombre d'apprentis dans le supérieur (138.000, un chiffre en hausse de 95 % depuis 2005) et les taux flatteurs d'insertion des diplômés de l'université 18 mois après l'obtention de leur diplôme : 85 % pour les diplômés de masters, 89 % pour les licences professionnelles...

Et a invité le FNPCA à contacter ses services pour mener une "communication plus juste, utile et adéquate au sujet de l'apprentissage" !

L'artisanat plaide la carte de l'humour

"Un peu d'humour ! Notre campagne est certes un peu provocante, mais nous n'avons aucunement l'intention de dénigrer l'université", plaide Antoine Monin, directeur du FNPCA, joint par EducPros.

"Notre seul objectif est de valoriser les formations en apprentissage dans l'artisanat et d'inciter plus de jeunes à choisir les métiers de l'artisanat".

Le FNPCA n'en est pas à son premier buzz. En 2015, toujours avec les deux mêmes agences de pub, il utilisait l'image de célébrités passées par l'apprentissage pour en vanter les mérites. Franck Provost, à la tête d'un réseau de salons de coiffures à son nom, y proclamait ainsi : "Quand je pense qu'à l'école on me disait : 'si au second trimestre tu ne te ressaisis pas, tu finiras coiffeur'". Un humour visiblement peu goûté dans le monde de l'éducation et de l'enseignement supérieur ! 

Le fonds de promotion de l'artisant (FNPCA) est un habitué des campagnes de pub poil à gratter envers l'enseignement général.

Aller plus loin :
- La tribune de Franck Loureiro, secrétaire général du Sgen-CFDT : "Non, l’université ne conduit pas seulement au chômage !"

Étienne Gless | Publié le

Vos commentaires (1)

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Hervé.

S'il ne voulait pas dénigrer l'université il lui faudrait apprendre à parler français...