L’EUA, porte-voix des universités européennes, se dote d’un nouveau plan stratégique

Éléonore de Vaumas
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L’EUA, porte-voix des universités européennes, se dote d’un nouveau plan stratégique
L'European University Association vient de se doter d'un plan stratégique ambitieux pour conforter sa position auprès des institutions européennes. // ©  Grecaud Paul/Adobe Stock
Profitant de l’élection de Michael Murphy à sa présidence en 2019, l’EUA (European University Association) s’est engagée, à travers un plan stratégique inédit, dans une vaste opération séduction. Ses objectifs : conforter son positionnement en tant que représentante des universités auprès des instances européennes et rappeler l’importance d’une cohésion des universités européennes pour affronter les futurs défis sociétaux.

Vingt ans d’existence et jamais, avant le mois de juin dernier, l’EUA (European University Association) ne s’était dotée d’un plan stratégique en tant que tel ! Mais, avec l’arrivée du nouveau président, Michael Murphy, en 2019, et les conséquences de la pandémie, le besoin d’universités fortes n’a jamais été aussi grand pour faire face aux défis sociétaux auxquels elles vont être confrontées ces prochaines années.

Démontrer sa valeur ajoutée

"Il y a eu une prise de conscience que l’EUA doit démontrer plus qu’avant sa valeur ajoutée. L’idée de ce plan était de réfléchir sur le rôle que l’association pouvait jouer pour répondre à ses futurs enjeux", décrit Patrick Lévy, président du comité Europe de la CPU (Conférence des présidents d'université) et membre du conseil d’administration de l’EUA.

En tant que porte-voix au niveau européen de plus de 800 universités issues de 48 pays, l’association des universités européennes participe en effet activement à la construction de politiques communes touchant à l’enseignement supérieur et la recherche. À travers ses missions, elle entend défendre des valeurs fondamentales comme l’inclusion, l’autonomie institutionnelle, la liberté académique, mais aussi le développement durable ou la responsabilité sociale et environnementale.

Il y a eu une prise de conscience que l’EUA doit démontrer plus qu’avant sa valeur ajoutée. (P. Lévy)

Actrice incontournable du processus de Bologne, elle a été, dans ce cadre, l’initiatrice de la réforme du doctorat (suivie de la création d’écoles doctorales dans de nombreux pays) et d’un programme d’évaluation institutionnelle, The Institutional Evaluation Programme (IEP) qui conduit, sur demande, des évaluations d’établissements d’enseignement supérieur. "L’EUA regroupe aussi bien des membres individuels, que sont les universités, que des conférences nationales, comme la CPU, la KRASP polonaise, la CRUE espagnole ou la HRK allemande", détaille Andrée Sursock, Senior Advisor auprès de l’EUA.

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Vaste consultation

Comment faire pour agir mieux, plus rapidement, et de façon durable ? C’est en cherchant à répondre à cette question que l’EUA s’est attachée à élaborer son plan stratégique qui doit lui servir de feuille de route pour les prochaines années. Un plan stratégique rédigé à la suite d’une consultation large des universités membres et des conférences nationales, et qui a permis de collecter 660 réponses émanant de 385 universités de 44 pays.

"Nos membres sont généralement très contents de ce que l’on fait, atteste Andrée Sursock, qui a conduit la consultation. Tous ont reconnu que notre taille est un plus pour promouvoir des valeurs académiques à travers l’Europe et donner plus de force à l’enseignement supérieur européen. Il est également clairement apparu qu’il fallait préserver et mettre en avant notre fonction en tant que Think Tank."

Il est clairement apparu qu’il fallait préserver et mettre en avant notre fonction en tant que Think Tank (A. Sursock)

Elle estime cependant que "pour répondre aux préoccupations très variées de nos membres, il faut qu’on réfléchisse à des activités qui vont au cœur de ce que l’on est et d’autres qui sont plus opportunistes au sens positif du terme."

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Vers plus de cohérence européenne dans l’ESR ?

Des grandes lignes qu’elle a pu dégager de cette consultation, l’EUA s’est ainsi fixé quatre missions fondamentales :
– développer une stratégie d’influence auprès des décideurs européens ;
– apporter une aide technique pour soutenir les universités à s’adapter aux objectifs de développement durable et d’inclusion sociale ;
– avoir une vision prospective des universités à l’horizon 2030 ;
– contribuer à renforcer la solidarité européenne grâce, notamment, à la mise en commun des initiatives prises dans chaque pays.

"La plupart des universités sont demandeuses d’une plus grande cohérence de l’enseignement supérieur européen, constate Patrick Lévy. À nous de les encourager à solliciter notre expertise et à se saisir des outils mis en place par l’association qui font la part belle aux échanges de pratiques et aux événements collaboratifs."

Des universitaires français plus impliqués

D’ici la fin de l’année, l’EUA dévoilera un premier plan d’actions listant les détails des objectifs attendus pour 2021. Ce plan sera ensuite revu chaque année, en collaboration avec les conférences nationales et le conseil d’administration de l’association.

"C’est à cette condition que nous pourrons rester proactifs pour peser sur les décisions européennes", confie Patrick Lévy. Et le président du comité Europe de la CPU de souhaiter également, dans cette démarche, l’adhésion plus large des vice-présidents et enseignants-chercheurs français. "Il y a des tas d’événements autour de l’innovation pédagogique ou de la transformation numérique qui pourraient les intéresser. L’un de mes objectifs est qu’ils y participent plus à l’avenir."


Éléonore de Vaumas | Publié le

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