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L'INP Toulouse forme ses enseignants aux pédagogies actives

De notre correspondant à Toulouse, Frédéric Dessort
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À l'INP Toulouse, les pédagogies innovantes cherchent leur voie mais obtiennent leurs premiers résultats. Autant d'expérimentations qui ont été présentées le 18 juin 2014 à l'ENSIACET.

Le 18 juin, l'INP de Toulouse, qui chapeaute sept grandes écoles d'ingénieurs, organisait avec l'Insa de Toulouse, l'école des mines d'Albi et l'ISAE, une journée consacrée à l'innovation pédagogique. L'occasion de faire un point sur l'Idefi "Défi Diversités" porté par ces partenaires.

Point d'orgue : la deuxième édition des bonus innovations pédagogiques de l'INP de Toulouse dont l'objectif est de mettre à l'honneur des expérimentations de nouvelles approches d'enseignement. Celles-ci se sont multipliées ces derniers mois, même si elles demeurent encore marginales. Un budget de 30.000 euros est alloué chaque année à ces innovations. Six ont été récompensées en 2013-2014.

Passer du TP guidé au TP actif

Exemple à l'ENSIACET. Un TP dit "actif" met en œuvre une approche de pédagogie constructiviste, se démarquant des pédagogies plus classiquement behavioristes. "Sur une session de trois heures, nous avons demandé aux étudiants de synthétiser un colorant. Plusieurs outils et composants chimiques leur étant mis à disposition, ils devaient se débrouiller mais en collaborant en groupe. Ils ont été déstabilisés mais se sont vite adaptés !", explique Odile Dechy-Cabaret, maître de conférences en chimie analytique. Et de poursuivre : "Cette expérience a conduit à faire travailler ensemble deux communautés d'élèves ingénieurs de deuxième année, de chimie et de génie chimique. Leurs rôles correspondant à deux étapes complémentaires de la synthèse chimique demandée, l'expérience a confirmé l'intérêt du caractère interdisciplinaire du projet". Selon l'universitaire, l'apprentissage a été meilleur que dans le cadre d'un TP guidé, les résultats au partiel ayant au final progressé.

Autre innovation pédagogique : la refonte de l'enseignement en hydraulique à l'ENSEEIHT, conjuguant des APP (Apprentissages par problèmes et par projets), la notion de "progression en groupe" et des enseignements traditionnels.

Outre ces initiatives, l'INP Toulouse réfléchit à rendre les cours magistraux plus interactifs, en instaurant par exemple des quiz à remplir par les étudiants sur leurs portables ou smartphones.

30 enseignants formés

Pour insuffler cet esprit d'innovation, l'établissement et ses partenaires de l'Idefi, ont rendu obligatoire la formation à la pédagogie – y compris innovante (active, TICE,...) – aux enseignants-chercheurs nouvellement recrutés. Sur l'année en cours, ils ont été une trentaine à étrenner le dispositif. Un impératif qui aurait sans doute été plus délicat à mettre en œuvre avec le corps enseignant déjà établi...


De notre correspondant à Toulouse, Frédéric Dessort | Publié le

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Julien Allali.

Concernant les quiz interactifs, je recommande la plate-forme www.quizzoodle.com anonyme, gratuite et sans pub (que j'ai mis en place). Celle-ci a été testée avec succès à l'IPB/ENSEIRB-MATMECA depuis septembre 2013.

Jean-Pierre Bernard.

Il est normal que l'enseignement officiel soit remis en cause.Depuis des années, quel que soit le parti politique en place, le système éducatif officiel connait des échecs concernant l'excellence des élèves. La France rétrograde annuellement dans le classement PISA,(en anglais : Programme for international student assessment), qui est le programme - dans le sens de programme d’un spectacle - d’évaluation internationale des étudiants, on a encore reculé et on se retrouve à la 25 ème place. La direction des différents partis qui se sont succédés au pouvoir a tout de même été maintenue fermement, et les programmes officiels, les méthodes d’enseignement sont cadenassées, au détriment des enseignants et des élèves. Mais pourquoi n’y a -t-il pas un sursaut et une contestation de fond, syndicaux, ou de la part de davantage de professeurs ?