L'orientation, un levier pour des carrières moins sexuées

Isabelle Maradan
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Huit propositions concernent l'orientation et les métiers parmi les 30 du rapport "Lutter contre les stéréotypes filles-garçons" remis le 15 janvier 2014 à la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem.

"Seuls 17 % des métiers comportent entre 40 et 60 % des deux sexes. Cela contribue directement au renforcement des stéréotypes chez les jeunes". C'est l'un des constats du rapport "Lutter contre les stéréotypes filles-garçons – un enjeu d’égalité et de mixité dès l’enfance", remis mercredi 15 janvier 2014 par le Commissaire général à la stratégie et à la prospective à Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes. Il dresse une liste de 8 propositions concernant l'orientation et les métiers.

Parmi celles-ci, l'idée de dupliquer les actions sur le thème "les filles et les sciences" en campagnes sur "les filles et la technologie", dont l’informatique. Ce secteur fait en effet figure d’exception parmi les métiers qualifiés, pour lesquels la mixité progresse.

A l’instar des plans déjà menés pour inciter les filles à devenir ingénieures, le rapport conclut que "les démarches ciblées donnent des résultats". En effet, les femmes représentent aujourd'hui 34% des nouveaux entrants dans le métier, contre 3% il y a trente ans. Les préconisations visent donc à faire porter l’action publique sur des secteurs et des métiers "stratégiques pour la montée en mixité", c’est-à-dire "à la fois non-mixtes, porteurs d’emploi et embauchant des jeunes". Une manière de déconstruire les représentations genrées des métiers et d'élargir le champ des possibles des filles et des garçons en matière d'insertion professionnelle.

Au-delà des efforts entrepris en direction des ingénieures, l’accent est mis sur les moins diplômés. Chez eux, la mixité recule et la segmentation entre métiers à dominante masculine et à dominante féminine est très marquée. Un volet important des efforts préconisés par ce rapport en matière d’orientation porte donc sur les collégiens. L’enjeu est de taille : plus de 20 % des jeunes se retrouvent dans des formations "non mixtes" après la troisième. Il s’agit principalement de ceux qui rejoignent la voie professionnelle ou technologique. Certains diplômes protègent donc à la fois mieux du chômage et du sexisme.

Lire le rapport "Lutter contre les stéréotypes filles-garçons – un enjeu d’égalité et de mixité dès l’enfance" (pdf)


Isabelle Maradan | Publié le