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Aix-Marseille université table sur son réseau d’Alumni pour accroître son rayonnement

Étienne Gless
Publié le
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Aix-Marseille université table sur son réseau d’Alumni pour accroître son rayonnement
Vue panoramique du jardin du Pharo où se trouve le siège d'Aix-Marseille université dans la cité phocéenne. // ©  Sarah Chambon
S’inspirant du modèle anglo-saxon de l’université publique du Wisconsin-Madison, Aix-Marseille université s’est dotée d’un conseil stratégique et d‘une base de données pour lancer son réseau AMU Alumni.

Longtemps, les réseaux d'alumni ont été "terra incognita" dans les universités publiques françaises, faisant de l'absence de réseaux d’anciens structurés un de leurs talons d'Achille. Mais les choses bougent, comme en témoigne l'initiative de l'université d'Aix-Marseille. Le 24 mai dernier, Aix-Marseille université réunissait quelque 300 anciens étudiants de ses différentes composantes pour la soirée de lancement officiel de son réseau Aix-Marseille université Alumni, dont la plateforme en ligne est en cours de déploiement.

Au programme des réjouissances : regards croisés de deux chercheurs, témoignages d’alumni remarquables et de deux doctorants qui ont concouru pour "Ma thèse en 180 secondes" ou encore concert de l’orchestre symphonique de l’université… "Un succès pour une première édition", souligne Nathalie Teissier, enseignant-chercheur en sciences de gestion et chargée de mission Alumni et anciens personnels d'Aix-Marseille université depuis 2016.

Un réseau commun pour les 18 composantes

Pas facile de déployer un dispositif global au sein d’une université au regard du nombre de ses composantes. L’université pluridisciplinaire, née en 2012 de la fusion de 3 universités (université de Provence, université de la Méditerranée, université Paul-Cézanne), compte en effet 18 composantes. Si l’enjeu est, à terme, d’unir l’action des différentes composantes pour former un réseau universitaire commun d'Alumni, la plate-forme en ligne mène une première expérimentation, courant 2018, avec cinq composantes pilotes qui disposaient déjà d’un réseau Alumni propre : la faculté de pharmacie, l’IUT, l’IAE (Institut d’administration des entreprises) et Polytech Marseille, auquel s’est ajoutée la faculté de droit et de science politique. "Progressivement toutes les composantes de l’université (formations, laboratoires de recherche, facultés…) ouvriront le leur", précise Nathalie Teissier.

Sur le plan stratégique, l'université s'est dotée d'un conseil stratégique d'Alumni, composé de 18 membres, anciens diplômés aux parcours remarquables, qui décide avec la gouvernance de l'université des axes prioritaires de développement du réseau : on y retrouve des dirigeants d'entreprises, des enseignants-chercheurs, un juge au tribunal de commerce de Paris, un entraîneur sportif ou encore le ministre du Travail du grand duché du Luxembourg ! Le conseil stratégique se réunit depuis octobre 2017 a minima deux fois par an pour conseiller le président de l'université et ses équipes, renforcer le sentiment d'appartenance ou encore servir de relais pour la fondation de l'université, Amidex.

Inspiration américaine

Autres universités françaises ou internationales, réseaux sociaux professionnels…. Pour concevoir son réseau d’Alumni, Aix-Marseille université a procédé à un benchmark national et international, interne et externe. L’université de Madison dans le Wisconsin n’a pas entièrement servi de modèle, mais en tout cas d’élément déclencheur. Le président de l'université bucco-rhodanienne, Yvon Berland, a profité d'un voyage d'études pour mesurer le poids du réseau des anciens dans cette université américaine.

En France, demander de l'argent aux anciens étudiants est moins dans notre culture.
(N. Teissier)

Cette université publique de recherche compte 43.000 étudiants et 450.000 alumni vivants. Lesquels ont versé, en 2016, 266 millions de dollars de dons à ses 25 facultés, via la fondation de l’université. Preuve sonnante et trébuchante de la force de l'engagement et du sentiment d'appartenance des étudiants dans la culture anglo-saxonne ! "Gilles Bousquet, un ancien de l’université de Marseille qui enseigne à l’université de Madison, nous a détaillé le fonctionnement d’un réseau alumni aux États-Unis, et notamment le processus de levée de fonds", relate Nathalie Teissier.

L'enseignant et conseiller spécial du président du UW-System a en effet mené des travaux de recherche comparant les réseaux Alumni des deux côtés de l'Atlantique. "Même si, en France, demander de l'argent aux anciens étudiants est moins dans notre culture, nous avons quand même mis l'accent sur la nécessité d'entretenir la fondation de l'université", précise la chargée de mission.

Amidex, la fondation de l'université gère actuellement près de 26 millions d'euros par an. Des fonds alloués au titre de l'Idex, initiative d'excellence. Si l'idée de contribution financière ne vient pas spontanément à l'esprit des Alumni des universités françaises, il faut bien commencer par en parler ! "Nous allons développer les événements pour donner envie aux anciens de se revoir", conclut Nathalie Teissier. L'identification au réseau des anciens de l'université et l'engagement sont les premiers pas avant une éventuelle action philanthropique !

Lire aussi : La relation aux Alumni, facteur d'excellence par Gilles Bousquet


Étienne Gless | Publié le

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