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L'université de demain, ébauchée par des étudiants du monde entier

De notre correspondante aux Etats-Unis, Jessica Gourdon
Publié le
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Le futur bâtiment de l’Institut des sciences moléculaires d’Orsay sur le plateau de Saclay qui devrait être livré en 2014.
Le futur bâtiment de l’Institut des sciences moléculaires d’Orsay sur le plateau de Saclay qui devrait être livré en 2014.

Des cours y compris la nuit, un matériel pédagogique entièrement gratuit et des certificats tout au long de la vie. Voilà le profil de l'université du futur, telle qu'elle est reflétée dans une vaste enquête menée par Laureate auprès de 21.000 étudiants.

Comment imaginez-vous le futur de l'université ? Tel est le sujet sur lequel ont planché près de 21.000 étudiants de 21 pays, qui ont répondu à un sondage révélé le 9 juin 2014. Une des plus vastes enquêtes jamais menées auprès de ce type de population. Aux manettes, le cabinet Zogby, mandaté par Laureate, mastodonte de l'enseignement supérieur privé, qui possède 75 établissements et rassemble 850.000 étudiants.

Une université interactive, collaborative, à la carte

À l'avenir, les étudiants évolueront entre des cours classiques et virtuels. 43 % des sondés pensent que toutes les universités proposeront du contenu en ligne pour certains cours. Une grande partie (59 %) estiment que les réseaux sociaux joueront un rôle crucial dans leurs cursus, non seulement pour apprendre, mais aussi pour leur permettre "d'enseigner eux-mêmes à d'autres étudiants".

Par ailleurs, les universités devront se montrer plus flexibles. "Les étudiants pensent que la plupart des cours n'auront pas d'horaires fixes", relève John Zogby, du cabinet éponyme. Ils souhaitent que ces enseignements soient offerts à différents moments de la journée ou de la nuit "pour s'adapter au monde dans lequel ils vivent".

Il ajoute : "Ces étudiants attendent que la majorité du matériel pédagogique soit gratuit. Dans un monde où énormément d'information est disponible sur Internet, ils n'envisagent plus de payer des prix élevés pour des manuels, livres ou des annales". D'ailleurs, 68 % pensent qu'à l'avenir, toutes les universités auront des bibliothèques virtuelles où les élèves pourront accéder gratuitement au matériel souhaité.

Dans un monde où énormément d'information est disponible sur Internet, les étudiants n'envisagent plus de payer des prix élevés pour des manuels, livres ou des annales

Les étudiants veulent un retour sur investissement clair de leur formation. 71 % estiment que la majorité de leurs cours se focaliseront sur l'apprentissage de compétences utiles professionnellement. Pour 60 % d'entre eux, la plupart des enseignements devraient être conçus par des professionnels, en fonction des besoins des entreprises.

En outre, deux tiers des sondés pensent que ces cours devraient être enseignés dans différentes langues, pour faciliter la mobilité géographique et professionnelle à l'issue de la formation.

Des certificats tout au long de la vie

Les diplômes et les cursus linéaires appartiennent-ils déjà au passé ? Dans une économique numérique, les étudiants estiment que les formations seront focalisées sur des compétences, et que chacun pourra piocher dans diverses institutions pour se constituer un "portfolio".

Terminées les deux, trois, ou quatre années passées sur un campus exclusivement à étudier : chacun pourra aller à son rythme, travailler en se formant, intercaler des périodes d'études, de stages, de séjours à l'étranger...

"41 % des sondés pensent obtenir des certificats spécialisés tout au long de leur carrière", affirme John Zogby. Chacun aura dans son CV "de plus en plus de certifications et de re-certifications", obtenues en ligne ou non.

Moins de travaux académiques purs

Dans le futur, les notes reflèteront aussi bien les performances académiques que les travaux de groupe. C'est ce que pensent 64 % des sondés, qui appellent de leurs vœux des cours "plus collaboratifs". Ces étudiants sont aussi nombreux (43 %) à estimer qu'ils auront de plus en plus accès à du tutoring personnalisé on-line..

En savoir plus sur l'enquête Laureate


De notre correspondante aux Etats-Unis, Jessica Gourdon | Publié le

Vos commentaires (5)

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tmaillard.

Je n'aimerai pas être étudiant dans cette université du futur. On est pas des super-héros. Des cours nuit et jour, dans plusieurs langues différentes avec un emploi du temps instable d'une semaine sur l'autre, et des cours au choix dans toutes les disciplines. comme si les étude a la fac c'était pas déjà assez compliqué comme ça.

Edpepz.

En parallèle le Réseau Français des Etudiants pour le Développement Durable (REFEDD) présentera lors d'un colloque à la rentrée (2 octobre) les résultats de sa campagne "Campus d'Avenir". Au manette les étudiants (!!) qui ont et vont encore brainstormer et faire des propositions notamment concernant la problématique du développement durable.

Jean-Guy SAYOUS.

@laureate, Je ne sais pas si, pour l'université (française s'entend...) ça vaut la peine ou non de se pencher sur le cas "laureate". J'avoue faire parti de (tous) ceux qui n'ont pas ça en tête. En revanche être à l'écoute des "usagers" de ladite université devrait pouvoir, j'en suis convaincu, apporter quelque chose à celle-ci. Je veux dire : quelque chose de positif ... Et donc pour l'instant, je ne retiendrai que les résultats de cette enquête.

laureate.

Personne pour se pencher sérieusement sur la cas Laureate, ses méthodes, son financement, sa sélectivité, ses écoles en France ? Son propriétaire, le fonds KKR, ce qu'on fait de mieux en matière de capitalisme débridé et vorace ?

F.Garçon.

@ Laureate: "capitalisme débridé et vorace", ouah !!! Bonjour les clichés. Restez branché (e) sur Boukharine, c'est plus sûr, moins "débridé". On sent l'obsession française du "d'où ça parle". Peu importe qu'il s'agisse d'idées qui puissent nous concerner,l'important c'est d'avoir su démasquer le "vorace débridé". Pauvre pays!

Dominique Laredo.

Et si l’enseignement du futur très proche ressemblait à un programme de Web TV avec interactions soigneusement guidées et sponsorisées pour générer des revenus ? Nouveau modèle économique en vue pour les universités... A condition d'avoir des productions qui feront la différence dans une pléthore qui deviendra rapidement redondante, plagiée, hypertrophiée en médiatisation, plus ou moins amoindrie en qualité au bénéfice du ludique et du "j'aime". Nous sommes au tout début de la technopédagogie, avec un superbe champ d'action pour les meilleurs créatifs face à des enjeux qualitatifs et non pas seulement quantitatifs.