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Recherche : un vent de contestation contre les coupes budgétaires

Camille Stromboni
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CNRS laboratoire - Alignement d''un faisceau laser dans le cadre d'une expérience d'optique.
Le CNRS fait partie des organismes de recherche concernés par les annulations de crédits inscrites dans le projet de décret d'avance, examiné en commission au Parlement le 24 mai 2016. // ©  Kaksonen - CNRS Photothèque
Les réactions se multiplient dans la communauté universitaire et scientifique contre les coupes budgétaires dans l'enseignement supérieur et la recherche. 256 millions d'euros d'annulations de crédits qui n'empêchent pas le budget d'être préservé, assure pourtant Thierry Mandon et Najat Vallaud-Belkacem.

La communauté universitaire et scientifique multiplie les protestations contre les coupes budgétaires annoncées pour l'enseignement supérieur et la recherche. Le projet de décret d'avance, examiné en commission des finances au Parlement le 24 mai 2016, prévoit 256 millions d'euros d'annulations de crédits, principalement dans la recherche, avec 134 millions retirés aux organismes (CNRS, CEA, Inra et Inria).

Après la tribune cosignée par sept prix Nobel et une médaille Fields, pointant "un coup de massue" et des mesures qui "s’apparentent à un suicide scientifique et industriel", dans le Monde, les élus universitaires du Cneser (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche) ont adopté, à l'unanimité, une motion le 23 mai 2016.

"Le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche continue d’être une simple variable d’ajustement du budget national", dénoncent-ils. "De telles suppressions auront inévitablement des répercussions très dommageables sur les soutiens de base des laboratoires et sur le budget des programmes de recherche gérés par les organismes", alertent les élus.

Les fonds de roulement des organismes visés

Une inquiétude que tente d'apaiser le ministère de l'Éducation nationale. Les moyens de la recherche sont "intégralement préservés", assurent dans un communiqué Thierry Mandon et Najat Vallaud-Belkacem.

"Je m'engage, si ces 134 millions d'euros venaient à manquer aux organismes dans la conduite de leurs projets, à prendre les mesures nécessaires pour abonder de nouveau leurs crédits", a soutenu Najat Vallaud-Belkacem devant les députés, lors de la séance de questions au gouvernement le 24 mai 2016.

"Les annulations prévues dans le cadre du décret d’avance sont des mesures qui n’auront aucun impact sur l'activité des organismes de recherche, promet le ministère. Il s’agit de mobiliser en particulier leurs fonds de roulement disponibles et leurs trésoreries, sans mettre en cause l'exécution des budgets prévus."

Une nouvelle ponction qui ne passe pas

Un argument écarté par les universitaires. "Si ces annulations se traduisaient par des prélèvements sur des fonds de roulement, la situation n’en serait pas moins inquiétante", rétorquent les présidents d'université et directeurs d'école, qui signent un communiqué commun le 24 mai 2016.

"Ce serait, comme en 2015, les plans d’investissement décidés par les établissements et leur gouvernance, et, in fine, la compétitivité hors coût qui seraient mis en cause", insistent la CPU (Conférence des présidents d'université), la CGE (Conférence des grandes écoles) et la Cdefi (Conférence des directeurs d'écoles d'ingénieurs).

En 2015, la ponction de 100 millions d'euros sur les fonds de roulement des universités et des écoles d'ingénieurs avait provoqué la colère des établissements, qui s'étaient élevés, en vain, contre cette coupe remettant en question leurs investissements futurs et jugée par certains comme une prime à la mauvaise gestion, pénalisant des plus économes.

"Ce projet de décret va à l’encontre des déclarations récentes du gouvernement sur l’importance d’un enseignement supérieur et d’une recherche d’excellence pour notre pays", concluent les présidents et directeurs. Avec "le risque de fragiliser considérablement tout un secteur essentiel à l’avenir de notre pays".


Camille Stromboni | Publié le

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Girofle.

Ce qui est étonnant, c'est que personne ne se réjouisse des centaines de postes administratifs créés pour les nouvelles structures universitaires. Du pain blanc pour l'Enarchie, et l'université n'est pas le seul secteur gangréné. Des commentaires ? Vrai, pas vrai ? Quels couts ? Qui et comment la note est payée ?