L'IAE de Grenoble rapporte 97 millions d'euros à son territoire

Étienne Gless
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Pierre Louis Dubois (Fnege) et Christian Defélix (IAE Grenoble) - ©EG 22 janvier 2014
Pierre Louis Dubois (Fnege) et Christian Defélix (IAE Grenoble) - ©EG 22 janvier 2014
Faire prendre conscience de l'importance de l'IAE sur le dynamisme économique local. C'est l'objectif de la nouvelle direction de l'IAE de Grenoble. La business school universitaire a fait mesurer par la Fnege son impact sur le territoire. Résultat : celui-ci a été évalué à près de 100 millions d'euros.

“Que se passerait-il si l'IAE de Grenoble n'existait pas ? Quel serait le manque à gagner pour la cité ?” C'est à ces questions que répond l'indicateur BSIS (Business school impact score). Créé en 2012 par la Fnege (Fondation nationale pour la gestion des entreprises), avec l'aide de Michel Kalika, professeur à Dauphine, cet outil mesure l'impact d'un établissement d'enseignement supérieur, d'une CCI, ou encore d'une collectivité locale sur son environnement. Audité en 2013, l'IAE de Grenoble a rendu public son score mercredi 22 janvier 2014. Verdict : il frôle la barre des 100 millions d'euros par an.

 Un score fondé sur une centaine de critères

“Les institutions d'enseignement de gestion contribuent très fortement à la dynamique du territoire : c'est cette preuve que le BSIS apporte, chiffre à l'appui, explique Pierre-Louis Dubois, délégué général de la Fnege. Fondé sur une centaine de critères, notre indicateur ambitionne de faire comprendre aux parties prenantes les ‘externalités positives’, c'est-à-dire tout ce qu'on ne mesure jamais et qui pourtant a un impact positif considérable en termes financiers et d'image de marque pour le territoire.”

Pour confectionner l'indicateur, ont été recueillies des données quantitatives et qualitatives auprès de l'institution et aussi à l'extérieur. Après analyse de ces documents, l'IAE a reçu en 2013 la visite de deux experts.

97 millions d'euros de retombées globales, pour un budget de 3 millions

L'indicateur permet tout d'abord de mesurer l'impact financier, direct et indirect, de l'IAE, qui est bien plus important que ce que son seul budget (3 millions d'euros bruts en 2013) peut laisser penser, puisqu'il a été estimé à 27,7 millions d'euros. Cette somme prend en compte toute une série de dépenses induites, à commencer par celles des 2.000 étudiants (soit plus de 20 millions d'euros chaque année), ainsi que celles des étudiants admissibles (qui laissent chacun en moyenne 50 € dans l'économie locale, soit 57.000 €), celles des congressistes (105.000 €) ou encore celles des 14 professeurs invités de l'établissement public, qui passent en moyenne 10 mois à Grenoble (105.000 € également).

Quant aux retombées économiques sur le territoire, elles sont estimées bien supérieures, à près de 70 millions. Explication de Pierre-Louis Dubois : “L'argent dépensé par les étudiants, les personnels administratifs, les professeurs, etc., est dépensé à son tour par ceux qui le reçoivent, en grande partie dans la région. Nous avons ainsi retenu un coefficient multiplicateur de 2,5. Aux États-Unis, les études d'impact retiennent un coefficient multiplicateur de 3,7 pour l'université de Californie.”

Au total, l'impact annuel global de l'IAE de Grenoble, c'est-à-dire la somme de l'impact financier direct et indirect (27,7 millions d'euros) et des retombées économiques (69,2 millions d'euros), atteint donc 97 millions d'euros.

Le BSIS calcule également l'impact en termes d'emplois de l'école de management universitaire : outre les 70 enseignants-chercheurs et 40 personnels administratifs de l'IAE, les étudiants représentent près de 237 emplois à temps plein sur le territoire (stages, diplômés en emploi, missions courtes...).

Faire mieux connaitre l'impact “sous-estimé” de l'IAE

Quel est le coût d'obtention du BSIS pour l'établissement grenoblois ? “Environ 20.000 €, soit l'équivalent du coût de revient pour la Fnege, qui ne fait pas de marge sur le BSIS”, précise Pierre-Louis Dubois. Un investissement qui vise d'abord à défendre l'image de l'IAE.

“J'ai la faiblesse de penser que notre impact est sous-estimé par les acteurs locaux, lâche Christian Defélix, son directeur. Quand je demande autour de moi combien l'IAE diplôme d'étudiants chaque année, spontanément, la réponse est 300 ou 400 étudiants. Or l'IAE en diplôme 1.000 par an et en a diplômé 20.000 depuis 1956 ! Communiquer sur notre score va permettre de faire prendre conscience au territoire de la mesure de ce que l'on fait.” Le président de l'IAE, Jean-Louis Brunet, confirme avec un brin de malice : “Nous mettons ainsi l'accent sur le ‘faire-savoir’, car pour le ‘savoir-faire’, nous avons déjà de belles choses dans le sac à dos !”

Un outil de communication, pas un critère de classement

"Attention, le BSIS n'est pas une accréditation, prévient en revanche le délégué général de la Fnege. Ni label, ni visa, il n'a pas vocation à servir à des classements, des comparaisons et autres rankings, car chaque territoire est tout simplement différent. L'EFMD (European Foundation for Management Development) le retient, puisqu'elle présentera le BSIS dans sa version internationale lors de sa conférence rassemblant les doyens des business schools fin janvier 2014, mais c'est seulement en complément de ses accréditations.”

 Le BSIS dans les établissements français
Outre l'IAE de Grenoble, 7 établissements en France ont déjà utilisé l'indicateur de la Fnege pour mesurer leur impact sur leur environnement, parmi lesquels : Sup de co La Rochelle, Audencia, l'ESC Troyes et l'IAE de Lyon. Trois autres sont en cours de mesure.

Étienne Gless | Publié le