La rétention des notes s’étend dans les universités

Fabienne Guimont
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Pau, Amiens, Besançon, Lille 3, Lyon 1, Mulhouse, Orléans, Paris 1, Paris 3, Paris Descartes, Paris 7, Poitiers, Toulouse 2, Rouen, Strasbourg, Dijon…La liste des universités concernées par la rétention des notes d'examen par les enseignants-chercheurs s’allonge. Selon le Snesup, la quasi-totalité des universités suivent, à des degrés divers, la grève administrative lancée début octobre 2008 par le syndicat, pour faire retirer le projet de décret le statut de 1984.

Cette rétention prend la forme de non-participation aux jurys d’examen pour valider les notes avant leur publication. La rétention peut être plus ou moins dure. Les notes peuvent être communiquées aux étudiants, ou non - comme c’est le cas à Lyon 1, selon l’UNEF. Les difficultés pourraient se faire d’autant plus sentir dans les universités organisant leur session de rattrapage dès février et là où des étudiants Erasmus retournent dans leur pays sans avoir validé les crédits de leur semestre en France. Certains départements ont déjà annoncé qu’ils différaient la date du second semestre.  

Les étudiants divisés  

La Fage a dénoncé dans un manifeste cette rétention de notes qui «revient à prendre en otage les étudiants ». Elle a déposé une motion au Cneser le 19 janvier 2009 qui n’a pas été adoptée. L’UNEF s’y est opposée même si elle considère la rétention des notes « contre-productive ». « Ce n’est pas un moyen efficace de faire pression sur le gouvernement. Mais on ne se trompe pas d’ennemi et d’adversaire. Faire tourner le débat autour de cette question, c’est le meilleur moyen d’éviter de parler du fond. Ceux qui montent ce sujet en épingle font le jeu du gouvernement », estime Jean-Baptiste Prévost, président de l’UNEF. L’organisation étudiante majoritaire fait cependant du retrait du décret une revendication parmi d’autres pour appeler à la mobilisation du 29 janvier.

« Les étudiants sont attentifs à nos revendications mais ce ne sont pas les leurs. Les enseignants-chercheurs gagneront sur le retrait du décret s’ils sont eux-mêmes dans la mobilisation, et pas par procuration. La détermination collective est très forte et se traduira par des universités bloquées. Le gouvernement porte la responsabilité de cette situation», estime Jean Fabbri, secrétaire général du Snesup.      


Fabienne Guimont | Publié le