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La Stranes vue par les blogueurs EducPros

Sylvie Lecherbonnier
Publié le
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Les 40 propositions de la Stratégie nationale de l'enseignement supérieur, remise début septembre 2015 à François Hollande, suscitent débats et commentaires parmi les blogueurs EducPros. En voici quelques échos.

- Jean-Claude Dupas : "Stranes, un (inutile) rapport de plus ?"

Jean-Claude Dupas

"[...] Le plus étonnant sans doute tient à ce que ce même rapport explique que 'Si nous ne faisions rien pour accompagner l'augmentation du nombre d'étudiants, en particulier liée à la croissance démographique, nous reculerions encore en termes de dépense par étudiant, laquelle est déjà inférieure à celle des pays leaders dans ce domaine. Quel est donc cet étrange 'nous' qui ne prend(rait) pas les mesures nécessaires au maintien de la 'place de choix', parmi les 'pays leaders' ? [...]

D'ailleurs, argumenter sur l'augmentation du nombre d'étudiants, sans ajouter que cette croissance est loin d'être uniforme, brouille l'analyse. Une vision rapprochée montre que cet afflux concerne prioritairement quatre filières : le droit, la psychologie, les sciences et techniques des activités physiques et sportives et la médecine, c'est-à-dire les secteurs de formation dont les écoles sont absentes. Il serait bon aussi d'éviter les annonces strictement quantitatives et accompagner les chiffres de taux des réussites réellement ouvertes à ces nouveaux étudiants qu'il ne suffit pas d'accueillir."

- Jean-François Fiorina : "Mon étude de texte du rapport Stranes"

"60% de diplômés de l'enseignement supérieur dans une classe d'âge. Monter en gamme, oui, bien sûr. Mais avec quel niveau d'entrée ? Est-ce au détriment de la qualité du bac ? Pour ouvrir massivement d'autres programmes de formation sans issue ? Attention aux chiffres qui ne traduisent pas la réalité.

Si l'élévation du taux de diplômés dans une classe d'âge est une chance pour un pays, elle ne peut se faire qu'avec une articulation avec l'amont qui corresponde à un vrai niveau. En assurant pour les étudiants qui s'engagent dans des études supérieures un choix de formations satisfaisant avec un pourcentage de réussite non négligeable. Serons-nous capables d'accueillir ce surplus d'étudiants ? [...]

Pour éviter un réel goulet d'étranglement, qualitatif et quantitatif, la solution serait de répartir ces 60% de diplômés sur l'ensemble des composantes de l'enseignement supérieur, et pas seulement à l'université. Je pense aux filières courtes, aux filières spécialisées. N'est-ce pas là un objectif ambitieux et prometteur ?"

- Cédric Prunier : "Autoriser Internet pour les examens : bravo !"

Cédric Prunier

"Permettre l'accès à Internet durant les examens [proposition 17 de la Stranes], c'est en effet obliger à modifier les examens eux-mêmes : vous ne pouvez pas demander à un étudiant de répondre à des questions de connaissance, de vérification d'apprentissage du cours, s'il lui est possible d'y accéder depuis son ordinateur, sa tablette ou son téléphone portable lors de l'interrogation. Permettre l'accès à l'ensemble des données, c'est s'obliger à concevoir des énoncés qui vont demander de la réflexion, qui vont exiger la mise en pratique des éléments travaillés durant le semestre et non pas leur simple restitution.

Modifier les examens, par ricochet, provoque une modification profonde de la pédagogie : il n'est pas possible d'évaluer les étudiants sur des compétences que vous ne favorisez pas lors des enseignements. Il faudra donc en finir avec les enseignements hiérarchisés, de type descendant, de simple transmission des connaissances pour des enseignements permettant la réflexion, la mise en application, la confrontation intellectuelle."

- Yves Epelboin : "La charrue et les bœufs"

Yves Epelboin

"Les missions essentielles de l'université sont l'enseignement et la recherche. Pour fonctionner, cela nécessite une administration au service de ces ambitions. Les systèmes d'information mis en œuvre viennent donc en appui à ces trois fonctions.

J'affirme qu'ils sont dépassés, en ce sens qu'ils ne sont pas pensés comme l'université fonctionne, mais comme leurs concepteurs imaginent qu'elle devrait fonctionner. D'où une insatisfaction chronique des usagers, qui les voient comme une contrainte et pas comme des outils qui les aident dans leur mission.

[...] Que l'on soit étudiant, personnel d'appui ou enseignant-chercheur, avec qui échange-t-on le plus souvent, auprès de qui va-t-on chercher des informations et discuter de ses préoccupations professionnelles ? D'abord dans un cercle personnel qui n'est pas exactement l'organisation de l'institution : collègues des bureaux voisins, amis, cercle qu'on se construit personnellement. Ce n'est rien d'autre que "l'Espace numérique personnel" décrit à la page 99 du rapport de la Stranes. Le premier service que doit apporter le système d'information de l'institution est de faciliter cette construction."


Sylvie Lecherbonnier | Publié le

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