Universités : le Cneser vote contre la répartition des moyens 2017

Aurore Abdoul-Maninroudine
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Université d'Auvergne-Clermont-Ferrand - Amphi de l'école de droit 2
Le Cneser vote une motion dénonçant "un effort budgétaire insuffisant". // ©  Service communication UdA
Les élus du Cneser ont voté à une large majorité contre la répartition des moyens pour l'année 2017. Les dotations ainsi que la répartition des 1.000 nouveaux emplois étaient examinées lundi 12 décembre 2016.

Réunis lundi 12 décembre 2016, les élus du Cneser (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche) ont donné un avis négatif aux moyens attribués pour 2017 aux établissements d'enseignement supérieur publics (universités, Comue, écoles d'ingénieurs publiques...).  Tant la répartition des dotations que celle des 1.000 emplois nouveaux attribués étaient examinées à cette occasion. Ces textes ont recueilli 30 voix contre, 8 voix pour et 27 abstentions.

Le Snesup, l'Unef, FO, la CGT et le SNPTES ont voté contre la répartition des moyens présentée, tandis que le Sgen-CFDT et Sup'Recherche-Unsa se sont abstenus. La CPU (Conférence des présidents d'université) et PDE (Promotion et défense des étudiants) ont voté en faveur du budget.

"Notre abstention est une abstention de soutien et d'encouragement au gouvernement. Nous avons conscience des efforts qui ont été faits, même s'ils restent insuffisants", fait savoir Stéphane Leymarie, secrétaire général de Sup'Recherche Unsa. Le son de cloche est le même du côté du Sgen-CFDT, qui souligne "les efforts du gouvernement".

Cette année, le budget de la Mires (mission interministérielle à l'enseignement supérieur et à la recherche), qui devait à l'origine être augmenté de 850 millions d'euros, ne le sera que de 780 millions d'euros.

À l'inverse, l'opposition du Snesup à ce budget témoigne d'une volonté de "protester contre les clefs de répartition utilisées", affirme Hervé Christofol, son secrétaire général. "Accorder 908 euros par étudiant supplémentaire, en plus d'une allocation de base de 200.000 euros, est totalement injuste et ridicule tant cette somme est faible", insiste-t-il.

une motion qui dénonce "un effort budgétaire insuffisant"

Dans la foulée, une motion présentée par le Snesup a été votée à une large majorité lors (52 pour et 13 abstentions). Cette démarche était un moyen d'envoyer "un signal fort à tous les politiques et d'alerter la représentation nationale", explique Hervé Christofol. "Malgré l'effort fait par le gouvernement, le compte n'y est pas et les moyens alloués ne vont pas permettre de rattraper le retard pris ces dernières années."

"Ce budget 2017 témoigne d'une volonté d'accroître le financement de l'État pour l'ESR mais cet effort reste insuffisant et arrive trop tard dans le quinquennat", dénonce ce texte, qui met en avant la baisse du financement moyen alloué pour un étudiant.

les 1.000 nouveaux emplois, "un affichage"

La dotation spécifique de 100 millions d'euros dont bénéficieront les établissements au titre de la hausse de la démographie étudiante sur les trois dernières années ne va pas "suffire à enrayer la baisse des ressources", indique ainsi la motion. Sur cette période, poursuit-elle, "100.000 étudiants supplémentaires ont été accueillis dans l'enseignement supérieur. L'effort financier de l'État pour ces étudiants supplémentaires se réduit donc à 1.000 euros par étudiant en plus alors que le financement moyen alloué pour un étudiant en 2015 se montait à 11.680 euros."

S'agissant des emplois, la motion dénonce "l'affichage de 1.000 emplois nouveaux" qui "risque plutôt de se traduire par une baisse du nombre d'agents titulaires (- 1.200 entre 2012 et 2015) et un recours aux personnels contractuels et précaires (déjà + 4.150 entre 2012 et 2015)". Dans un entretien à EducPros en octobre 2016, Hervé Christofol dénonçait le gel de 11.000 postes depuis 2009.


Aurore Abdoul-Maninroudine | Publié le

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