La Khan Academy fait des émules… en cuisine !

Céline Manceau
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Les MOOC ne sont pas réservés aux établissements d'enseignement supérieur traditionnels. Pour preuve, le chef Alain Ducasse s'apprête à lancer un site gastronomique, en association avec le groupe Webedia, qui a pour ambition d'être davantage un "campus virtuel" qu'une simple plate-forme de contenus culinaires. Parmi les sources d'inspiration du projet : la Khan Academy et l'université de Harvard.

Ses fondateurs ne savent pas encore si elle s’appellera l’Université ou l’Académie du goût. Mais ce dont ils sont certains, c’est que ce nouveau "campus virtuel" a pour objectif de ne pas laisser aux Américains "le monopole de l’université en ligne, a fortiori dans un domaine qui est une exception culturelle française, la gastronomie", s’enflamme le financier Marc de Lacharrière.

Le groupe de contenus en ligne Webedia, qu’il a racheté en mai 2013, s’associe avec Alain Ducasse Entreprise pour lancer un site de référence mondiale sur la cuisine. Au menu : des contenus gratuits (une encyclopédie des produits, des bonnes adresses de fournisseurs, un accès au réseau social du site, etc.) et des "cours" payants (autour de 5 € par mois).

"L’objectif est de réunir jusqu’à 25.000 internautes derrière leur écran d’ordinateur, de smartphone ou de tablette, pour suivre une master class avec un chef reconnu", explique Cédric Siré, co-fondateur de Webedia.

Nous nous sommes inspirés des modèles éducatifs des universités, comme Harvard ou la Khan Academy (C.Siré)

sur le modèle des MOOC, mais sans certification

L’université du goût ouvrira au printemps 2014, le temps de continuer le tour de table des grands chefs qui pourraient collaborer. Début 2015, les contenus seront traduits en anglais avec l’objectif de proposer des recettes de tous les pays.

"Nous nous sommes inspirés des modèles éducatifs des universités, comme Harvard ou la Khan Academy, pour proposer des vidéos pédagogiques semblables à leurs MOOC dont la progression est spectaculaire", poursuit Cédric Siré. Avec une différence de taille : les formations ne seront pas certifiantes.

"Il n’y aura pas besoin de diplômes pour entrer dans cette université et personne n’en sortira avec un diplôme, en revanche, qu’il s’agisse de professionnels ou d’amateurs, chacun devra y trouver du plaisir", a souligné le chef Alain Ducasse rappelant qu’il avait, alors qu’il était apprenti, claqué la porte de son lycée hôtelier.


Céline Manceau | Publié le