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Le plan de Peter Todd pour hisser HEC dans le top 10 mondial

Cécile Peltier, Ronan Planchon
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Le plan de Peter Todd pour hisser HEC dans le top 10 mondial
La hausse des frais de scolarité pourrait générer 7 millions d'euros de revenus additionnels par an d'ici à 2020, soit la moitié des nouvelles ressources indispensables au développement d'HEC. // ©  Nicolas Reitzaum/HEC Paris
Un an après son arrivée à la tête de l'école de Jouy-en-Josas, l'heure du "bilan d'étape" a sonné pour Peter Todd. Dans une note interne diffusée à la fin du mois de juin 2016, le patron de l'école dévoile sa feuille de route pour les cinq prochaines années.

Nous devons repenser notre politique de frais de scolarité en fonction du marché actuel et des prix pratiqués au sein de programmes concurrents", écrit Peter Todd dans une note stratégique diffusée fin juin 2016 aux collaborateurs et aux alumni d'HEC.

Après une première année de prise de contact avec la maison, ses habitants, et ses nombreux partenaires, le nouveau patron de l'école de commerce explique, dans ce document d'une dizaine de pages, comment il compte réunir les 14 millions d'euros supplémentaires par an nécessaires d'ici à 2020, si HEC veut figurer parmi les 10 premières business schools mondiales.

Comme il l'avait annoncé dès son arrivée en juin 2015, la hausse des frais de scolarité fait clairement partie des pistes envisagées. L'école de management prévoit dans les cinq prochaines années d'augmenter de 6 à 8 % par an le montant des droits d'inscription de son programme grande école et de son MBA, contenus jusqu'ici entre 3 à 4 % seulement.

Aujourd'hui fixée à 41.700 euros, la facture pour les trois années du master grande école pourrait, dès l'année prochaine, atteindre 44.200 à 45.000 euros. Ces revalorisations, si elles sont mises en œuvre, pourraient générer 7 millions d'euros par an de revenus additionnels d'ici à 2020, soit la moitié des nouvelles ressources indispensables pour accompagner le développement de la business school.

12 millions d'euros par an via la fondation

Réputé pour ses performances dans le domaine, Peter Todd mise aussi sur le fundraising. La prochaine campagne de la fondation HEC devra permettre de faire passer sa contribution annuelle au budget de l'école de "8 à 12 millions d'euros", afin d'assurer le "financement durable" de l'institution, passée depuis le 1er janvier 2016, au statut d'EESC (Établissement d'enseignement supérieur consulaire). À condition que l'école soit capable d'imaginer "des projets concrets", susceptibles de fédérer "un maximum d'alumni et d'entreprises donatrices".

Toutefois, la levée de fonds ne saurait suffire à couvrir les besoins en investissement d'HEC, qui va continuer de capitaliser sur son activité d'"executive education". L'objectif est d'atteindre 5 millions d'euros par an de marge nette additionnelle, en développant le "sur-mesure", la digitalisation des programmes, et une croissance ciblée au Qatar, en Afrique et en Chine.

L'école regarde également du côté des pouvoirs publics (nationaux ou européens) pour compenser la baisse des dotations de la Chambre de commerce et d'industrie Paris-Île-de-France.
"Il est particulièrement pertinent pour nous de solliciter ces fonds lorsqu'ils sont en adéquation avec nos priorités, dans des domaines tels que le financement de la recherche, de l'entrepreneuriat, du digital ou encore de l'égalité des chances", préconise le directeur, en s'appuyant sur l'exemple de Harvard, qui retire "13 % des revenus d'exploitation" de "fonds fédéraux".

REVALORISER LES RéMUNéRATIONS DES PERSONNELS

Ces ressources supplémentaires vont notamment permettre à HEC d'investir pour renforcer son corps professoral. Si elle veut atteindre l'objectif de 160 professeurs, dont 125 enseignants-chercheurs, l'école va devoir donner un coup d'accélérateur en matière de recrutement. Elle compte aujourd'hui 138 professeurs permanents, dont 105 enseignants-chercheurs. Pour y parvenir, elle devra faire des efforts financiers pour attirer les meilleurs enseignants étrangers.

Cette politique va s'accompagner d'une meilleure évaluation de la performance des équipes en place et d'une revalorisation des rémunérations des personnels administratifs et des enseignants, basée sur le mérite. "Nous commencerons modestement en 2017, en consacrant 1 % de la masse salariale à des augmentations individuelles, avec pour objectif d'y consacrer, à terme, 3 %", détaille Peter Todd.

des locaux et des services à améliorer

La montée en gamme d'HEC est également indissociable d'une remise à niveau de ses infrastructures pour un budget évalué à 200 millions d'euros. Pour gagner en attractivité internationale, l'école de Jouy-en-Josas devra également améliorer la qualité des services aux élèves, à commencer par l'intégration des étudiants internationaux, l'offre de restauration et la desserte en transports, récemment pointés du doigt dans un sondage mené auprès des étudiants.

C'est en cours : un nouveau café vient d'ouvrir, la rénovation de la bibliothèque est programmée pour cet été et un nouveau système de navettes sera mis en place à la rentrée.

DES PARTENAIRES D'EXCELLENCE, SINON RIEN

Enfin, pour gagner en attractivité internationale, le directeur veut renforcer la politique d'excellence de l'école. À la tête d'un réseau de 120 partenaires académiques, HEC va se recentrer sur une sélection d'institutions "stratégiques". Avec, entre autres, l'ambition de créer des doubles diplômes de niveau master de haut vol, à l'instar du "Global EMBA Trium", déployé avec la LSE (London School of Economics) et NYU Stern School of Business.

Enfin, elle va développer ses relations avec les grands employeurs globaux. "Aujourd'hui, 90 % de nos étudiants de MBA et 40 % de nos étudiants de master sont internationaux : leur garantir un placement de qualité à travers le monde est une priorité absolue pour HEC."


Cécile Peltier, Ronan Planchon | Publié le

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