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L’Ecole polytechnique épinglée par la Cour des comptes

Sophie Blitman
Publié le
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Dans un référé daté du 17 février 2012, rendu public le 22 juin 2012, la Cour des comptes pointe du doigt la gestion de l’Ecole polytechnique, considérée tout simplement comme insuffisante. Elle critique également le manque de diversité dans le recrutement des élèves et une stratégie globale inaboutie.

« La gestion de l’Ecole polytechnique n’est pas suffisante » : tel est le constat dressé par Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, à l’issue d’un contrôle de la gestion de l’établissement. En cause, une comptabilité analytique pas encore totalement mise en place, ce qui rend le coût complet de la scolarité  « difficile à évaluer », ainsi qu’une gestion des personnels enseignants « trop laxiste », notamment en ce qui concerne les autorisations de cumul d’emploi.

Par ailleurs, le référé note des « dérives dans la gestion des chaires d’entreprises » dont la majorité du budget (3,6 M€ en 2009) est gérée non directement par l’école mais par ses partenaires extérieurs.

Face à ces critiques, le ministère de la Défense, tutelle de l’école, estime dans sa réponse au référé que le contrat d’objectifs et de performance signé le 21 mars 2012 devrait permettre une amélioration, « en vue d’une certification des comptes dès l’exercice 2013 ».

Recrutement des élèves : manque de diversité et manque à gagner

Autre grief de la Cour des comptes, le manque de diversité au sein des Polytechniciens. En effet, si les filles sont minoritaires dans les écoles d’ingénieurs, elles le sont encore plus dans la première d’entre elle, ne représentant que 11 à 18 % des effectifs de l’X selon les années. Un résultat que déplore le référé, qui point aussi le faible nombre de boursiers de l’école : « 11 %, loin de l’objectif de 30 % fixé par le gouvernement ».
Et de souligner que « comme pour les filles, le recrutement de l’Ecole polytechnique accentue la déformation [sociale] déjà présente dans les classes préparatoires ».

Parallèlement, Didier Migaud rappelle que la centaine d’élèves étrangers recrutés chaque année bénéficie d’une exonération de frais de scolarité, ce qui représente un manque à gagner de près de 2 M€ pour l’école, et un coût annuel pour l’Etat de 7,5 M€.

Enfin, si le rétablissement de la « pantoufle » est préconisé dans le référé daté de février, la direction de l’école a depuis annoncé qu’à partir de la promotion 2013, les diplômés de l’X qui travailleront dans le secteur privé devront rembourser leurs frais de scolarité.

Une stratégie globale à définir

Le jugement de la Cour des comptes est également très dur en ce qui concerne la renommée de l’Ecole polytechnique dont la « position éminente apparaît aujourd’hui menacée aux yeux de ses responsables », résultat d’une « stratégie globale [qui] reste encore à définir pour mieux figurer dans les classements mondiaux ».

Dans cette perspective, le projet d’Université Paris Saclay figure parmi les pistes avancées pour rebondir, notamment en tissant des partenariats avec d’autres établissements d’enseignement supérieur et des centres de recherche.
Enfin, l’X est invitée à accroître ses ressources propres, en développant, par exemple des activités de formation continue. Mais c’est d’abord vers ses anciens que s’est tournée l’école : lancée en 2009, sa campagne de levée de fonds lui a d’ores et déjà permis de récolter 31,6 M€


Sophie Blitman | Publié le

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