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Université : légère dégradation de l'insertion professionnelle après un master

Camille Stromboni
Publié le - Mis à jour le
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Forum Les Têtes de l'emploi - université de Nantes - décembre 2015
46% des diplômés de master occupent un emploi situé en dehors de la région de leur université. // ©  Camille Stromboni

89% des diplômés de master ont un emploi, 30 mois plus tard, d’après l’enquête annuelle du ministère sur l'insertion professionnelle après l'université, publiée le 16 décembre 2015. Un résultat en légère baisse par rapport à l'an dernier.

Neuf titulaires de master sur dix ont un job, trente mois après l’obtention de leur diplôme. L’enquête sur l’insertion professionnelle des diplômés de l’université, publiée le 16 décembre 2015 par le secrétariat d'État à l'Enseignement supérieur, montre des résultats en légère baisse par rapport à l’an dernier : ce taux d’emploi passe de 90% à 89%. Une immense majorité dispose d'un emploi à temps plein.

L’effet de la crise se fait également sentir sur le niveau d'emploi occupé par ces diplômés 2012 : 85% d'entre eux relèvent de la catégorie "cadres ou professions intermédiaires", contre 87% d'après l’enquête précédente.

L’enquête de décembre 2015 apporte pour la première fois un zoom sur la situation de ces diplômés de master, seulement un an et demi après leur diplôme. Avec un résultat élevé : 85% ont un emploi à cette échéance. En revanche, la précarité des diplômés est alors plus forte, particulièrement en sciences humaines et sociales et en lettres-langues-arts.

Des variations disciplinaires

Des variations persistent entre secteurs disciplinaires : si 91% des diplômés ont trouvé un emploi 30 mois après un bac+5 en droit-économie-gestion, ils sont 90% pour les masters en sciences-technologies-santé et 86% en sciences humaines et sociales ainsi qu'en lettres-langues-arts.

La différence est plus marquée encore concernant la qualité de l’emploi occupé, avec 93% de cadres et professions intermédiaires en sciences-technologies-santé, contre 72% dans les lettres-langues-arts.

La mobilité géographique des diplômés de master reste importante : dans 46% des cas, leurs emplois se situent en dehors de la région de leur université. Soit un point de plus que l’an dernier.

Le secteur privé est le premier débouché à la sortie de l'université : plus de 6 diplômés sur 10 s’y insèrent, quand deux rejoignent la fonction publique et un travaille dans une association. En revanche, certains cursus mènent plus fortement au secteur public : plus de 30% des diplômés d'histoire-géographie, de psychologie, ou encore en droit et en sciences de la vie et de la terre, l'ont intégré.

Un salaire stable : 1.900 euros

Côté salaires, le revenu mensuel net (médian) des diplômés à temps plein se situe toujours autour de 1.900 euros. Avec une dispersion globale des salaires relativement faible entre les diplômés, bien que les disciplines aient toujours une incidence forte.

En arts, lettres, langues, sciences humaines et sociales, il s’établit à 1.700 euros, contre 2.000 euros après un master en droit-éco-gestion ou en sciences-technologies-santé.

Voir le tableau des taux d'insertion professionnelle à 18 mois par secteur et par discipline sur letudiant.fr

Quelle insertion après un DUT et une licence professionnelle ?
L'enquête du ministère porte également sur l'insertion professionnelle des diplômés de DUT et de licence professionnelle. Avec, comme après un master, une légère dégradation des résultats pour les DUT : 88% des diplômés 2012 sont en emploi, 30 mois après le diplôme, contre 89% pour la promotion précédente. Après une licence professionnelle, le taux d'insertion reste stable (92%).

Dès 18 mois après l’obtention de leur diplôme, le taux d’insertion est de 89% après une licence pro et de 82% pour les DUT.

La mobilité géographique concerne 33% des diplômés de DUT, 38% après une licence pro, quand le salaire médian net s'élève à 1.500 euros pour les premiers et à 1.600 euros pour les seconds.

Voir l'ensemble des tableaux publiés par le ministère
Aller plus loin
L'enquête annuelle du ministère publiée le 16 décembre 2015 porte sur la promotion d'étudiants diplômés en 2012 - hors master "enseignement", considérés comme une catégorie à part.

Ces chiffres nationaux sur l'insertion professionnelle à la sortie de l'université sont rendus publics par le ministère depuis 2010. Ils comportent des biais, régulièrement dénoncés par les universitaires.

- Marc Boudier (OVE de Toulouse 1) : "L’enquête d'insertion du ministère ne prend pas en compte les spécificités locales" (2012)

- Insertion : des chiffres stables pour l'emploi des diplômés de l'université (2015)
- Enquête "insertion professionnelle" 2014 : les universités résistent à la crise (2013)
- La 3ème enquête d'insertion des diplômés d'université publiée dans la discrétion (2012)
- Insertion professionnelle des diplômés d’université : le ministère publie sa deuxième enquête (2011)

Camille Stromboni | Publié le - Mis à jour le

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Imagin.

L'étude de l'APEC sur l'insertion des diplômés de 2014 offre des chiffres sensiblement différents : https://jd.apec.fr/Emploi-stage/Marche-Emploi/Les-Etudes-Apec/Les-etudes-Apec-par-annee/Etudes-Apec-2015/les-jeunes-diplomes-de-2014--situation-professionnelle-en-2015/les-jeunes-diplomes-rencontrent-des-difficultes-croissantes-a-sinserer-dans-le-monde-du-travail. Question de méthode sûrement ?

SHERLOCK.

1) ces chiffres sont ceux de la promotion 2012, donc déjà fort anciens. Ils sont certainement moins bons pour la promotion 2015 2) Le taux d'insertion, comme le salaire moyen n'a rien a à voir avec ceux des grandes écoles, voire des écoles post bac, que ce soit d'ingénieur ou de commerce L'université n'a pas toujours la réputation d'être une filière appréciée des entreprises

Quintard Jean-Paul.

Les comparaisons sont toujours difficiles car le contexte peut être sensiblement différent. Je voudrais toutefois rappeler qu'il y a 4 ou 5 ans, après un M2 en Chimie Fine (ou CFT), filière dans laquelle j'étais très impliqué, nous avions des taux de placements après 30 mois nettement supérieurs aux 90 % mentionnés dans cette enquête (on atteignait cela en 6 mois environ) avec de surcroît une moyenne de salaires supérieure à 3000 €/ mois, tirée vers le haut par le contingent d'étudiants que nous placions dans les entreprises suisses. Je n'ai toujours pas compris pourquoi de 2007 à 2012 l'administration a fait autant d'efforts pour supprimer un système de formation aussi compétitif que l'IUP de Chimie Biologie..... Peut-être aurai-je une réponse aujourd'hui ?? J.-P. Quintard (Professeur Emérite à l'Université de Nantes)

Jag.

Et à 1 an SVP?

Stromboni.

Bonjour, nous n'avons pas les chiffres à un an du diplôme dans cette enquête. Seulement à 30 mois, et cette année, à 18 mois. "85% ont un emploi à cette échéance. En revanche, la précarité des diplômés est alors plus forte, particulièrement en sciences humaines et sociales et en lettres-langues-arts." Vous pouvez voir le tableau avec ces chiffres à 18 mois ici : http://www.letudiant.fr/etudes/3es-cycles-et-masters/universite-l-insertion-professionnelle-des-diplomes-de-master-en-legere-baisse.html Bonne journée