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Les écoles d'art au pied du mur

Sophie de Tarlé
Publié le
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Le Palais des études des Beaux-Arts de Paris // ©SdeTarlé
Le Palais des études des Beaux-Arts de Paris // ©SdeTarlé

Cursus trop similaires, manque d'ouverture internationale, préoccupation parfois insuffisante de l'insertion professionnelle des étudiants... L'Aeres (Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur) a identifié les axes de progrès dans lesquels doivent s'engager les écoles d'art du ministère de la Culture. Revue de détail.

Peut mieux faire. C’est le constat fait par l’Aeres (Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur) qui publie les rapports d’évaluation de huit établissements artistiques sous tutelle du ministère de la Culture. Il s’agit de l’École d’art de Paris-Cergy, de Dunkerque-Tourcoing, de l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris, des Beaux-Arts de Paris, Montpellier, Nîmes, Perpignan et Valenciennes. Cinq axes de progrès ont été demandés par l’agence, alors que certains de ces établissements ont traversé une zone de turbulences ces derniers mois (voir encadré).

 1. demander l’avis des étudiants

Étant les premiers concernés, il serait judicieux de demander l’avis des étudiants mais aussi des anciens sur ce qu’ils pensent de l’enseignement, estime l'Aeres. L’Agence préconise qu’une méthodologie rigoureuse soit mise au point. À l’Ensad (École nationale supérieure des arts décoratifs) de Paris, par exemple, l’évaluation des enseignements est effectuée par les étudiants élus, mais "les diplômés ne semblent pas impliqués dans cette démarche", souligne le rapport.

 2. rendre visibles les cursus 

L’Aeres demande aux écoles d’art d’afficher leurs différences, de se distinguer, de définir leurs lignes de force. Certaines ont sauté le pas depuis longtemps : l’École supérieure d’art et de design d’Orléans s’est spécialisée dans le graphisme, l’Esad Saint-Étienne dans le design, l’École européenne supérieure de l’image d’Angoulême et Poitiers dans la BD. Et les Arts déco de Paris possèdent dix spécialités très concrètes (photo, cinéma d’animation, mode…). Mais, dans beaucoup d’autres, l’affichage de l’enseignement est bien trop flou, et les intitulés sont trop souvent des copiés-collés d’une école à l’autre, souligne l’Aeres.

 3. faire de l'insertion professionnelle une priorité

"Ces écoles se préoccupent de manière inégale de l’insertion de leurs étudiants", souligne l’Aeres. Pour l’option art en particulier, ces écoles devraient développer des cursus professionnalisants. Aux Beaux-Arts de Paris, par exemple, la dernière enquête d'insertion des promos 2008-2012 citée par le rapport de l'Aeres montre qu'"un répondant sur deux gagne moins de 10 000 € par an", et "trois sur quatre ne sont pas autonomes financièrement".

Les enquêtes d’insertion manquent en outre de précision. Le réseau des anciens gagnerait aussi à être structuré avec "à l’instar des écoles d’ingénieurs ou de management un réseau d’alumni, un catalogue d’anciens, et des rencontres avec les étudiants", souligne l’Aeres dans son rapport sur les Arts déco de Paris.

Parmi les anciens des dernières promos des Beaux-Arts de Paris, trois sur quatre ne sont pas autonomes financièrement.  

 4. s'ouvrir sur l’international

L’enseignement de l’anglais est le parent pauvre des écoles d’art. Et, dans la plupart, le départ à l’étranger est facultatif. "Ces écoles ont noué de nombreux partenariats avec des établissements étrangers, mais il faudrait aller plus loin", préconise l’Aeres, qui regrette que "les séjours à l’étranger ne [soient] pas généralisés, et [qu’il n’y ait] pas assez de doubles diplômes et d’enseignement commun".  

 5. lier recherche et enseignement

Certes, la recherche s’est beaucoup développée ces dernières années. Ainsi les Beaux-Arts de Paris et les Arts déco de Paris font partie de SACRe, formation doctorale de la fondation Paris Sciences et Lettres, qui réunit des établissements prestigieux (ENS, Collège de France…). "Mais il faut que la recherche nourrisse la formation des étudiants de manière plus explicite", souligne l’Aeres.

Les autres chantiers des écoles d’art du ministère de la Culture

Ces établissements ont d’autres challenges à relever dans les années qui viennent. EducPros en a retenu cinq :

– Des effectifs trop faibles.
Les Beaux-Arts de Paris ne comptent que 556 étudiants, et ceux de Biarritz 55 seulement. "La Direction générale de la création artistique réfléchit à des rapprochements entre écoles afin d’atteindre une taille critique, garantie de leur visibilité, du développement des relations internationales et de la recherche, et, dans certains cas, de leur viabilité", soulignait le rapport de la Cour des comptes sur les Beaux-Arts de Paris en février 2014. Les Beaux-Arts de Perpignan ont fermé leur première année d'études à la rentrée 2014 faute d'élèves en nombre suffisant.

– Une absence de stratégie d’admission commune.
Aucune des trois grandes parisiennes (Ensci, Ensba et Ensad) n’est sur le site APB. "Certaines en province ont intégré le site pour se retirer l’année suivante", remarque Bernard Koehret, maître d’œuvre du site d’inscription en ligne. En Grande-Bretagne, les écoles d’art sont toutes sur Ucas (l’équivalent anglais d'APB).

– Un manque de moyens. Comme le soulignait les sénateurs qui ont auditionné le directeur des Beaux-Arts de Paris, il faut trouver des fonds propres et ne pas compter que sur l’État. Quant aux écoles territoriales, les municipalités rechignent de plus en plus à les financer. Celle de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) a fermé en 2011 et celle de Perpignan est en sursis. "La volonté politique locale est déterminante", souligne l'Andea (Association nationale des écoles d'art).

– La concurrence des écoles privées.
Dans le palmarès de l’Etudiant, l’Esag Penninghen arrive deuxième des écoles préférées des pros en graphisme, juste après l’école Estienne, une école d’art de la ville de Paris. Les Arts déco ne sont que troisième et les Beaux-Arts de Paris n’arrivent que sixième, après l’ECV, une école privée.

Un manque de stratégie de la part du ministère de la Culture. "Il faudrait sans doute qu’il y ait une direction dédiée à l’enseignement supérieur artistique au ministère de la Culture, ce qui n’est pas le cas, d’où une impression de flottement, un manque de stratégie d’ensemble, de soutien ministériel aussi", affirme un ancien directeur d'école.
Des écoles d’art en ébullition
Les étudiants en école d’art n'ont pas failli à leur réputation. Les rebellions se sont succédé ces dernières années.

À Avignon, en 2012, les étudiants ont débarqué le directeur, accusé de harcèlement sexuel.

Aux Arts déco de Paris, le ministère de la Culture n'a pas soutenu la directrice Geneviève Gallot, qui a préféré partir à la suite d'une fronde menée par une poignée d'étudiants et de professeurs. Leur principale revendication: être écoutés de la direction.

En 2014, aux Beaux-Arts de Paris, les assemblées générales se sont multipliées et des étudiants ont réclamé la tête du directeur, en vain cette fois. "La fermeture des ateliers au profit de la société Ralph Lauren, qui avait privatisé les bâtiments classés de l’école, avait fini par exaspérer les étudiants", raconte le responsable du BDE (bureau des étudiants).

Des troubles ont aussi eu lieu en 2014 aux Beaux-Arts de Bordeaux.

À l’Ensci, les étudiants ont récemment ouvert un blog pour dénoncer l’absence d’ambition pédagogique de l’école.
Les écoles d’arts plastiques du ministère de la Culture en bref
Chiffres : 11.000 étudiants, dans 45 écoles supérieures d’art, 35 écoles territoriales et 10 établissements publics nationaux.
Réseau : Andea (Association nationale des écoles d’art). Président : Emmanuel Tibloux, directeur de l'École nationale supérieure des Beaux-Arts de Lyon.
Diplômes : DNAP (bac +3), DNSEP (bac +5), diplôme d’établissement (grade de master).
Ministères de tutelle : ministère de la Culture et, depuis 2012, secrétariat d'État à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, et ministère de l’industrie (pour l’Ensci).

Sophie de Tarlé | Publié le

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