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Les écoles de commerce déroulent le tapis rouge pour leurs admissibles

Marie-Alix Maes
Publié le
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Hall d'entrée de Toulouse business school
TBS (Toulouse business school) bichonne ses admissibles. // ©  Huynh Manuel
Chaque année, les écoles de commerce se plient en quatre pour accueillir des centaines d’étudiants venus passer leurs oraux d’admissibilité. Une occasion de faire découvrir l’école et de leur laisser un souvenir marquant.

Dans les écoles de commerce, printemps rime avec campagne d’admissibilité. Durant plusieurs semaines, elles accueillent les candidats admissibles issus des classes préparatoires ou des admissions parallèles. Administration et équipe pédagogique travaillent alors main dans la main avec des étudiants intégrés volontaires, appelés "admisseurs", pour leur réserver le meilleur accueil.

L’enjeu est double : donner envie aux admissibles de venir passer leur oraux sur les campus, puis les accueillir comme il se doit. "Pour nous, cette période est un beau moment qui met tout le monde en émulation. C’est un peu 'école en fête'", témoigne Annabel-Mauve Bonnefous, directrice du programme grande école à la Toulouse Business School (TBS). Même constat pour Nicolas Arnaud, directeur du programme grande école à Audencia : "C’est LE moment de l’année. L’école est totalement ouverte à l’extérieur et se donne à voir."

Généralement, les écoles se chargent de l’organisation du séjour des admissibles : de la navette pour arriver sur le campus à l’hébergement en passant par la restauration. Puis, pendant un, deux ou trois jours, les admisseurs guident les candidats, leur indiquent où se déroulent leurs oraux, leur font découvrir l’école et leur proposent des activités ou animations.

Véhiculer les valeurs de l’école

Pour les écoles, l’accueil des admissibles est avant tout l’occasion de mettre en avant leurs valeurs et leurs contenus académiques. "Les étudiants font un tour de France, durant lequel ils visitent cinq ou six écoles. Chacune met en avant son expertise et son expérience. Nous cherchons donc à convaincre et séduire les étudiants qui ont les mêmes valeurs que nous", confirme Sandrine Reboud, directrice communication de BSB (Burgundy School of Business), à Dijon.

Ces valeurs sont, par exemple, "proximité et leadership" pour BSB, "diversité et égalité des chances" pour Montpellier Business School (MBS), "dynamisme et avant-gardisme" pour TBS ou encore "cultures et RSE" pour Audencia. "Pour nous, il est important que les étudiants obtiennent les réponses à leurs questions, que notre projet leur paraisse clair", complète Sylvie Jean, directrice du Programme grande école de Neoma.

Pour nous, cette période est un beau moment qui met tout le monde en émulation. C’est un peu 'école en fête'.
(A.-M. Bonnefous)

Et si, pour donner envie, parler des valeurs et des perspectives ne suffisait pas ? Durant l’accueil des admissibles, les business schools proposent aussi de nombreuses activités et animations dont l’objectif est de séduire les futurs étudiants.

Faire vivre une expérience

Certaines écoles, comme MBS, mettent l’accent sur l’humain : l’équipe pédagogique se joint quotidiennement aux admissibles pour partager un café ou un repas. "Ce qui est bien perçu, c’est d’avoir quelqu’un qui vous accueille, qui est là pour vous à n’importe quel moment", justifie Pierre-Emile Ramauger, directeur des admissions. Par ailleurs, l’école montpelliéraine propose de vivre des expériences inédites comme des jeux en réalité virtuelle, des courses de drones sur le campus, des massages ou des jeux sur la plage.

À BSB, l’ambition est de faire vivre une "expérience à 360°", mais avec des activités ayant du sens. "Nous ne voulons pas être dans le gadget. Nous voulons montrer le bon exemple", assure Sandrine Reboud. Au-delà de la traditionnelle visite de la ville, l’école dijonnaise propose, par exemple, un moment de détente avec des lunettes de relaxation ou une "smoocyclette" : un vélo équipé d’un blender pour fabriquer du smoothie en pédalant. L’animation est réalisée à partir de fruits bios obtenus via l’application anti-gaspi Too Good To Go.

Valoriser le territoire

D’autres écoles mettent l’accent sur la découverte de l’écosystème dans lequel elles s’inscrivent. L’équipe de SCBS (South Champagne business school) fait ainsi visiter la ville de Troyes à trottinette ou vélo en faisant passer les étudiants par la Technopôle de l’Aube, ou les campus des autres écoles qui appartiennent au même groupe, Y Schools. "Nous voulons leur faire découvrir la force de notre ancrage territorial", explique Tony Thuillier, responsable de la communication.

À Toulouse aussi, on cherche à valoriser le territoire porté sur l’aéronautique. L’équipe de TBS a prévu un "corner aérospatial", avec des maquettes et des simulateurs de vol. Les admisseurs sont chargés de faire "expérimenter la ville", le temps d’une promenade en péniche sur le canal du Midi ou d’un pique-nique au bord de la Garonne. "Nous proposons aux admissibles de vivre le meilleur de Toulouse en sachant, qu’une fois intégrés, ça leur sera accessible à 100%", insiste Annabel-Mauve Bonnefous.

Peser dans la balance

D’autres "surprises et exclusivités" sont prévues, mais le secret est de mise pour ne pas que les "concurrents volent les idées". La campagne d’admissibilité est en effet cruciale pour les écoles, en particulier celles qui se talonnent dans les classements. Comme le rappelle Annabel-Mauve Bonnefous, il s’agit bien d’une "sélection réciproque" entre les écoles et les élèves.

Après leur tour de France, les étudiants sont un peu perdus. Ce qui peut faire la différence, c’est le petit supplément d’âme qui se dégage de l’école.
(S. Reboud)

La qualité de l’accueil durant les oraux de l’admissibilité pourrait donc faire pencher la balance en faveur d’une école plutôt que d’une autre. "Après leur tour de France, les étudiants sont un peu perdus, estime Sandrine Reboud de BSB. Ce qui peut faire la différence, c’est le petit supplément d’âme qui se dégage de l’école." À Audencia, Nicolas Arnaud affirme voir, depuis quelques années, des étudiants préférer son école à l’Edhec ou l’EM Lyon, pourtant mieux situées dans le classement du Sigem. "En 2017 et 2018, 10% de nos élèves avaient été reçus dans des écoles mieux classées", constate-t-il.

Globalement, les écoles se défendent de tomber dans la surenchère. "Nous ne créons pas d’animation ou de discours uniquement pour l’accueil des admissibles. Nous faisons une démonstration de ce que les étudiants vont vivre pendant l’année", assure Sandrine Reboud. "L’accueil des admissibles traduit l’état d’esprit d’une école, résume Sylvie Jean de Neoma. Soit on s’exprime de manière authentique, soit c’est artificiel. Mais les candidats, eux, ne sont pas dupes. Ils savent si on force le trait."


Marie-Alix Maes | Publié le

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