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Les étudiants boudent les classements internationaux

Marie-Anne Nourry
Publié le
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Etudes à l'étranger
Le critère décisif pour les étudiants étrangers : le pays de destination // ©  Fotolia

Les classements internationaux auraient un impact insignifiant sur les choix d'orientation des étudiants, selon une note publiée par Campus France en mai 2015.

Depuis l'avènement du classement de Shanghai au début des années 2000, acteurs publics et privés bataillent pour imposer leur classement, appuyés par une médiatisation croissante. Pourtant, si l'objectif affiché est d'aider les étudiants et leurs familles à comparer les universités à l'international, il apparaît, selon une note de Campus France publiée en mai 2015, que seule une minorité d'entre eux les connaissent et les utilisent pour choisir leur destination.

Selon une étude menée en mars 2015 dans les bureaux Campus France auprès de plus de 600 étudiants de 46 nationalités différentes, le classement le plus notoire (Financial Times) n’est connu que par 18% d'entre eux. Quant au classement de Shanghai, il n'est connu que de 12% des étudiants.

Priorité au pays de destination

La majorité des étudiants (75%) privilégient d'abord le pays de destination. Et pour les autres, c'est la formation qui est décisive. Dans la majorité des cas, la place de l’université dans un classement international est donc secondaire dans leur choix d'orientation.

Malgré son moindre succès dans les classements internationaux, la France n'a donc pas de souci à se faire, elle reste dans le cœur des étudiants étrangers au troisième rang des pays d'accueil...


Marie-Anne Nourry | Publié le

Vos commentaires (4)

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Le Grand.

L'étude ne porte que sur les étudiants qui sont déjà dans les bases de CampusFrance. Est ce que cette base est représentative de tous les étudiants souhaitant effectuer des études à l'étranger ? On peut juste déduire de cette enquête que les étudiants souhaitant étudier en France sont peu influencés par les classements internationaux. Les autres le sont peut être plus ? Hypothèse à vérifier avec un autre panel.

Didier Rayon.

@Le Grand, Votre commentaire est intéressant et d'une rare vigilance, mais partiellement inexact. J'y réponds en détail, en tant que responsable méthodologique de l'études. Campus France n'a pas utilisé ses bases de données d'étudiants qui viennent en France, mais interrogé les étudiants simplement de passage dans ses antennes dans le monde, dont la plupart à seul titre d'informations. Parmi eux, tous ne sont pas acquis à la France. Une majorité hésite avec d'autres destinations puisque, même lorsqu'on se restreint à ceux qui choisiront finalement la France, 45% déclarent avoir hésité (baromètre Campus France 2013). Pour être tout à fait précis, ont donc été interrogés 600 étudiants de 40 pays différents qui s'interrogent sur l'intérêt et la faisabilité d'études en France. Par souci méthodologique, et pour affiner les conclusions, je suis d'accord sur le fait qu'il serait intéressant que les autres pays d'accueil réalisent la même étude. Cependant, du fait des résultats très nets de l'étude Campus France, l'hypothèse de conclusions inverses est peu réaliste. Il faudrait pour cela imaginer que la France serait un pays si attractif que la qualité des Etablissements serait superflue expliquant le peu d'engouement pour des classements devenus inutiles, et que les autres destinations du monde seraient rebutantes au point que seule la qualité de leurs Etablissements et leur classement expliquerait leur capacité d'attraction dans la réalité. Ors, les études menées par Campus France (cf le site campusfrance.org espace documentaire) permettent de conclure à une solide réputation de nos Etablissements d'enseignement supérieur, et d'autres pays sont susceptibles de faire rêver les étudiants. Espérons que les autres pays d'accueil s'inspireront de cette initiative d'étude pour vérifier le caractère général des conclusions. L'étude avait modestement pour ambition de prendre un recul salutaire et de considérer les classements internationaux auprès de ceux que l'on aurait pu imaginer y être les plus sensibles : les étudiants eux-mêmes. C'est là la vocation d'une étude : non pas revendiquer la vérité absolue ou servir aveuglément un point de vue, mais apporter un éclairage solide pour faire progresser la réflexion et la connaissance d'un sujet au-delà des postures, des intérêts, et autres postulats. Quitte à susciter des réactions, des doutes et générer des débats ;-)

Le Grand.

@Didier Rayon Je vous remercie de votre longue réponse. Je continue à ne pas être convaincu entièrement par la méthodologie 600 réponses en provenance de 46 nationalités me semblent faibles pour ensuite indiquer que les étudiants utilisent peu les classements internationaux. Cela ne fait que 13 étudiants par nationalité en moyenne. L'étude ne touche que les étudiants s'étant déplacés dans un espace CampusFrance ce qui montre déjà un intérêt pour la France et biaise donc le panel Combien cette étude comprend elle de réponses en provenance de Chine, Inde, Corée, Allemagne, Arabie Saoudite : pays dont les étudiants vont le plus à l'étranger selon l'enquête CampusFrance "L'essentiel des chiffres clés n9" http://www.campusfrance.org/fr/ressource/lessentiel-des-chiffres-cl%C3%A9s Intuitivement la relation aux classements est très culturelle. En France les étudiants en école d'ingénieurs et de commerce les regardent beaucoup (trop ?). Probablement moins pour les cursus universitaires. Intuitivement je pense que les étudiants d'Afrique francophone sont peu sensibles aux classements internationaux, les étudiants d'Asie ou des USA le sont plus. Votre étude peut elle ou pas confirmer ou infirmer ces intuitions qui viennent d'expériences de terrain et qui mériteraient je l'avoue une vérification plus scientifique. Il faut bien entendu enlever de l'étude les étudiants ne venant en France que pour suivre des cours de français langue étrangère (la notion de classement dans ce cas ayant moins de sens) On peut conclure à mon avis de votre étude que les étudiants étant passés par une antenne CampusFrance sont peu sensibles aux classements internationaux. De là à dire qu'ils sont représentatifs de tous les étudiants en mobilité il y a un pas à mon avis.

AzEddine.

Bonjour, Ces classements se basent priniciparement sur les publications, souvent truquées, et le nombre d'étoiles associé. Il ne tient pas compte ni de la qualité de la recherche ni de celle de la pédagogie. Aussi, si classement est, il doit considérer les profils et les CV des enseignants-chercheurs et identifier les faux chercheurs publiant toujours en co-auteur. Pour finir, l'argent donné aux lobbyistes des institutions d'attribution des labels bidons doit être utilisé pour la formation et la réduction des coûts d'inscription qui forment un frein à une croissance nationale en excluant par l'argent de bons éléments.

LE DUC.

Le bon sens triomphe !

Personnel au sol.

Bonjour, La solution est l'information ! En renseignant au maximum les étudiants, c'est leur offrir un choix éclairé dans la future formation dans laquelle il souhaite s'orienter. C'est assez bizarre que cela ne soit pas mis en place depuis tout ce temps et les canaux de communication ne manquent pas d'ailleurs.