Heureux comme un élève de prépa

Étienne Gless
Publié le
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Lycée Henri IV - Paris ©S.deTarlé
Lycée Henri IV - Paris ©S.deTarlé
Stressés mais contents d'être là : selon une étude de l'EM Strasbourg, les élèves de prépa HEC apprécient ces deux ans passés à bûcher. Les trois quarts sont même prêts à recommander ce cursus à leurs proches.

Pression de la prépa oblige : les 1.054 élèves de classes préparatoires aux grandes écoles de commerce (prépa HEC) qui ont répondu aux questions de l'EM Strasbourg et Espaces Prépas ont des lectures avant tout utilitaires. Leurs livres de chevet sont d'abord… leurs manuels scolaires ! Devant 1984, Hunger Games, L'Écume des jours et la Bible.

Leur film de l'année (2013) est Le Loup de Wall Street avec Leonardo Di Caprio. Les personnalités qui se distinguent : Nelson Mandela, Edward Snowden ou le pape François. Quant aux événements phares, ils sont, selon eux, l'Ukraine (36 %) loin devant le mariage pour tous (12,4 %) ou l'armée française au Mali et Centrafrique (2,5 %).

La prépa : une formation jugée exigeante et stressante...

Pour les élèves, les trois mots qui décrivent le mieux leur prépa sont dans l'ordre exigence (68 %), challenge (50 %) et cette fameuse pression (49 %). Sérénité n'arrive d'ailleurs qu'en dernier (2,4 %) !

Leur objectif numéro 1 (75 % des réponses) est ultra court-termiste et efface tout le reste : décrocher la meilleure école possible au concours, loin devant le fait d'acquérir une culture générale (51,8 %) ou de relever un défi personnel (43 %). La perspective du concours vire même à l'obsession chez certains. Plus d'un tiers y pense plusiseurs fois par jour et un quart en rêve la nuit.

... mais utile pour leur avenir

Leur état d'esprit reste néanmoins majoritairement positif : 6 étudiants sur 10 considèrent qu'ils ont fait le bon choix en intégrant une prépa, même si 20 % d'entre eux se posent encore la question, tout en assurant "tenir" le rythme. Près des trois quarts recommanderaient d'ailleurs la prépa à leurs proches, famille ou amis (seuls 13 % ne le feraient pas).

Les élèves estiment que les professeurs ont su créer un climat fait de confiance (32 %), de solidarité (27 %) et d'exigence (25 %). "Ça les énerve quand les médias remettent en cause les prépas, souligne Isabelle Barth, directrice de l'EM Strasbourg. La classe préparatoire est pour eux une étape et fait sens. Ils savent que le travail qu'ils y font doit leur permettre d'intégrer une grande école ", commente-t-elle. Bref en prépa, les élèves travaillent dur mais ils savent pourquoi !

D'une grande école, ils attendent d'abord une expérience internationale (62 % des réponses) devant l'assurance d'un emploi (57 %). Signe cependant d'une certaine immaturité, ils plébiscitent les États-Unis qui restent le pays le plus prisé avec l'Australie, alors que l'Inde et la Chine, en pleine croissance économique, ne sont citées qu'en dernier.

L'enquête aborde aussi les préoccupations des futurs élèves de business schools. Ainsi dans le top 3 de leurs inquiétudes à la rentrée en grande école figurent la crainte de ne pas trouver sa place, celle de perdre de vue ses amis et le fameux week-end d'intégration, qui effraie surtout les filles. Les saccages de locaux, les soirées étudiantes alcoolisées virant au drame ou les bizutages tournant à la torture qui ont fait la Une des médias ces derniers mois donnent un vrai crédit à cette inquiétude.

"Génération prépa" : questionnaire en ligne envoyé à 7.000 élèves de première et deuxième année de classe préparatoire HEC. 1.054 répondants ont rempli les 61 questions.

Étienne Gless | Publié le