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Les masters en ingénierie s'ouvrent aux sciences humaines

Sophie Blitman
Publié le
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Université de Cergy-Pontoise - Étudiants en CMI systèmes intelligents et communicants © UCP
Université de Cergy-Pontoise - Étudiants en CMI systèmes intelligents et communicants © UCP

Près de 70 CMI (cursus master en ingénierie) vont accueillir des étudiants à la rentrée 2014 dans les universités. Outre ceux menant au métier d'ingénieur, quelques-uns se lancent en sciences humaines et sociales.

Mis en place à partir de 2012 par le réseau Figure, les CMI (cursus master en ingénierie), labellisés Idefi (Initiatives d'excellence en formation innovante) ne sont plus réservés aux "sciences dures" : cinq formations ouvrent à la rentrée 2014 dans le domaine des SHS (sciences humaines et sociales), qui doivent mener à des postes de chefs de projet.

"Il faut comprendre le terme 'ingénierie' dans son acception la plus large, au-delà du métier d'ingénieur", précise François Germinet, président de l'université de Cergy-Pontoise, qui inaugure deux CMI de ce nouveau genre, en tourisme et patrimoine, et en économie-finances. Un domaine également exploré par Paris 2, tandis que Besançon et Avignon proposent des parcours en géographie-aménagement et qu'Aix-Marseille Université se lance dans l'ingénierie en Staps.

Un label pour des formations en SHS de haut niveau

"L'objectif est toujours de former des cadres de haut potentiel avec une ouverture à l'international, une bonne compréhension des enjeux de société et un lien affirmé avec la recherche, sur un secteur professionnel bien ciblé, porteur en termes d'emploi", résume François Germinet, qui insiste notamment sur le fait que "la pédagogie par projet occupe une part importante dans le cursus".

Côté maquette, le principe reste le même : une centaine d'heures en plus de la licence classique pour un parcours conçu sur cinq ans. Et alors que les CMI en sciences dures intègrent des SHS dans leur maquette, les CMI en SHS comportent des modules de sensibilisation aux enjeux de la technologie pour les sciences sociales.

Les CMI contribuent à revaloriser les sciences humaines et sociales

L'ouverture aux SHS n'était pas prévue au départ, mais plusieurs discussions entre les membres du réseau Figure et les présidents d'université intéressés ont fait émerger "l'intérêt de créer des formations avec une bonne visibilité, qui peuvent être repérées en amont par les parents et les étudiants, et en aval par les entreprises", explique le président de Cergy-Pontoise, satisfait de ce qu'il considère comme un "produit phare de l'université" qui "contribue à revaloriser les SHS".

Alors que les premiers CMI en sciences dures n'ont pas fini de susciter des tensions entre les universités et la CTI (Commission des titres d'ingénieur), les nouvelles formations en SHS, qui ne sont pas en concurrence directe avec des écoles, devraient provoquer moins de polémique.


Sophie Blitman | Publié le

Vos commentaires (2)

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Sirius.

@ Olivier Ridoux Evidemment l'analyse de la concurrence ne se limite pas aux rangs des écoles. Vous me faites dire ce que je n'ai pas écrit. Mais quand on annonce un diplôme qui doit être "un produit phare de l'université", la moindre des choses est de le comparer aux bons diplômes qui existent dans le même domaine, particulièrement si celui-ci est très encombré, comme en finance. Et des entreprises peuvent avoir de bonnes raisons pour ne pas embaucher dans le top. Mais alors ne parlons plus de "produit phare". Sans doute suis-plus ambitieux que vous pour les universités.

Sirius.

Décidément certains universitaires ont l'art de rendre illisible l'offre de formation des universités. Les CMI ont été créés par des facultés de sciences en mal de candidats. Il s'agissait disait-on de former un nouveau profil d'ingénieurs, plus spécialisé et plus formé à la recherche que ceux des grandes écoles. L'expérience méritait d'être menée et évaluée. La création de CMI en "sciences sociale"crée la confusion, surtout si l'on fait passer "Tourisme et patrimoine" comme sciences sociales. Quand à la concurrence, Mme Blitman semble oublier les écoles de management. La président de Cergy-Pontoise pense-t-il vraiment que le marché va préférer un titulaire de son CMI Economie et finance à un diplômé en finance de sa voisine, l'ESSEC, dont le Mastère spécialisé en finance est classé par le Financial Times dans les 10 meilleurs mondiaux ? Quand les présidents d'université vont-ils enfin comprendre que la création d'un diplôme doit résulter d'une analyse stratégique ? Et ne doit pas se faire seulement sur la base des ressources internes ou de l'envie de quelques individus, mais d'abord sur une analyse de la demande et de la concurrence.

Olivier Ridoux.

Quand les commentateurs vont-ils enfin comprendre que la création d'un diplôme doit résulter d'une analyse stratégique... qui ne se limite pas aux rangs des écoles ? Une entreprise peut avoir plein de bonnes raisons de ne pas embaucher dans le top 10. Ne serait-ce que parce qu'elle n'est pas nécessairement attractive pour le top 10, mais aussi parce que le top des diplômés ne se déduit pas si facilement que ça du top des diplômes. D'ailleurs, il est de bon ton chez les recruteurs de dire que les compétences comptent plus que les diplômes, ce qui n'est peut-être pas toujours mis en pratique, mais qui est néanmoins dit.