Les masters finance face à la crise

Julia Zimmerlich
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Le master « 203 » , trop spécialisé ? Fermé pendant un an en prévision du gel des recrutements de traders, le master marchés financiers, marché des matières premières et gestion des risques de l’université Paris-Dauphine rouvre et s’aligne sur les programmes plus généralistes. Cette nouvelle formule du « 203 » entend répondre aux besoins du marché.

Rares sont les diplômés de la promotion 2008 du « 203 » à avoir trouvé un poste de trader. Certains en ont profité pour faire un VIE (volontariat international à l’étranger) et la plupart se sont retranchés sur des postes de middle office ou de gestion des risques, plus en vogue chez les recruteurs. Le master probabilités et finance de l’UPMC-Paris 6 , qui bénéficie pourtant d’une excellente réputation, a également connu des difficultés pour l’insertion professionnelle de sa promotion 2009.

Des étudiants plus adaptables

Les formations plus généralistes semblent avoir tiré leur épingle du jeu. « Je n’ai pas attendu la crise pour adapter mes programmes, explique Catherine Lubochansky, responsable pédagogique du master 2 finance à l’université Paris 2 . La crise a évidemment eu un impact sur l’insertion de nos élèves, mais nous sommes peu soumis aux aléas des recrutements des entreprises car nos étudiants ne font pas que de la finance de marché. » Même son de cloche du côté du mastère spécialisé en techniques financières de l’ESSEC . Le programme comprend un module de gestion des risques depuis cinq ans et des cours d’éthique et de déontologie depuis trois ans. « Avec la crise nous avons renforcé ces deux aspects, et pour la promotion 2009, 85 % d’entre eux étaient en poste au bout de quatre mois », détaille Michel Baroni, responsable pédagogique du mastère spécialisé de l’ESSEC. Les diplômés de ces formations plus généralistes ont trouvé des débouchés dans les métiers de l’audit, du conseil en fusions acquisitions, de la gestion des risques, de « sales », de restructuration et même en trading (20 % au lieu de 25 % les autres années).

Ouverture à l’international

En réponse à ces nouvelles tendances, Carole Gresse, directrice du master 203 a décidé de renforcer son programme sur la gestion des risques et les techniques de financement. La formule revisitée prévoit également de passer tous les cours en anglais pour augmenter les débouchés des diplômés et attirer des étudiants étrangers. Selon Michel Baroni, « la France bénéficie d’une excellente réputation pour ses formations en finance. Nous avons une approche beaucoup plus technique que les formations anglo-saxonnes, avec une part importante de mathématiques et de modélisation. » Le mastère spécialisé de l’ESSEC accueille déjà des étudiants étrangers dans son programme de Cergy-Pontoise, notamment indiens. « L’Inde a des écoles d’ingénieurs de très haut niveau et attirer ces étudiants est une orientation judicieuse », conclut Michel Baroni.

Une salle de marché à l’ESGF

L’École supérieure de gestion et finance vient d’inaugurer sa salle de marché, développée en partenariat avec Sungard Global Trading et Chisholm Roth. Cette salle de marché, équipée en logiciels de simulation et d’information en temps réel, se veut un instrument pédagogique dans la formation des futurs managers financiers. Elle devrait permettre aux enseignants et aux étudiants d’obtenir de l’information financière et économique et d’effectuer des travaux en grandeur réelle sur les différents véhicules d’investissement : actions, obligations, devises, dérivés… 

 le dossier d’educpros sur les mathématiques financières


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