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Les mines de Paris jugent incompatible l’Idex de Saclay avec le projet ParisTech

Sophie Blitman
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Nouveaux remous sur le plateau de Saclay. Les Mines ParisTech ont voté contre le projet d’Idex, qui a néanmoins été présélectionné par le jury international pour la seconde vague des Initiatives d’excellence. Une décision qui pose la question de la stratégie des écoles en matière d’alliances. Et celle du déménagement de l'école des Mines à Saclay.


Le 3 novembre 2011, le conseil d’administration des Mines ParisTech a rejeté le projet d’Idex de Saclay, « à une très large majorité. Le CA estime que les conditions d’une adhésion à l’Idex ne sont pas satisfaisantes dans les circonstances actuelles », relate Benoît Legait, directeur par intérim de l’école. La raison officielle de ce rejet : ParisTech n’apparaît pas dans le projet d’Idex 2, alors que c’était le cas dans la version d’Idex 1 – retoquée par le jury international au printemps 2011 .

Cependant, Benoît Legait se montre soucieux de ne pas fermer la porte, « si le projet venait à évoluer dans un sens qui laisse une place claire à ParisTech ». Et de souligner que son école, partie prenante de différents Labex et Equipex, entend bien poursuivre ces collaborations avec les autres chercheurs du plateau. Telle est également la position de l’association des anciens : « il ne s’agit absolument pas d’un renoncement aux alliances », insiste Thierry Trouvé, président de l’association des anciens Mines ParisTech Alumni et membre à ce titre du CA de l’école.

ParisTech au cœur de la stratégie des Mines

« Le projet d’Idex en l’état met gravement en danger ParisTech »
Thierry Trouvé, président de Mines ParisTech Alumni


« Le CA a rappelé son engagement très profond vis-à-vis du projet ParisTech qui vise à construire une université scientifique et technique de rang mondial à l’horizon 2020 , poursuit Benoît Legait : aujourd’hui, cette ambition de ParisTech n’apparaît pas compatible avec celle de l’université Paris Saclay ». Thierry Trouvé va plus loin : « de notre point de vue, le projet d’Idex en l’état met gravement en danger ParisTech dans la mesure où il reprend certaines des actions prévues, notamment celles concernant les relations entreprises, le recrutement international de professeurs ou encore les écoles doctorales. Un jour, les institutions devront choisir si elles mènent ces actions au sein de ParisTech ou de Paris Saclay ».

« Pour l'institut, c’est en tant que PRES que ParisTech a été exclu de l'Idex »

Une vision que ne partage pas cependant ParisTech lui-même qui « continue à penser que son projet (…) devrait pouvoir être compatible avec la mise en place des Idex ». Pour l'institut, c’est en tant que PRES que ParisTech a été exclu de l'Idex : « dans sa version actuelle, le projet porté par la FCS (Fondation de coopération scientifique, ndlr) n’a pas souhaité afficher de niveau de structuration intermédiaire. Sur Saclay, ni le PRES ParisTech, ni le PRES UniverSud-Paris n’en faisaient donc partie. D’autres sites en province ont pris la même approche ».

Mais il faut dire que l’école des Mines de Paris a, plus que d’autres écoles, véritablement construit sa stratégie autour de ParisTech, ce qui explique le sentiment d’être « pris à contre-pied », comme le dit Thierry Trouvé. Le président des anciens confie aussi son « incompréhension sur la stratégie de l’Etat qui, après avoir créé ParisTech semble s’en détourner. L’école, elle, poursuit son chemin dans le cadre d’un choix que l’Etat a fait ».

Le déménagement en question


Au-delà de cette stratégie, « les réticences de certains à un transfert total de l’école sur Saclay, ont évidemment pu jouer un rôle sur les positions exprimées », note ParisTech. En effet, si le déménagement des laboratoires de recherche est largement admis, quitter le cinquième arrondissement de Paris est moins évident pour ce qui est de la formation.
Fin 2010, le déménagement semblait pourtant acté, après la confirmation apportée par Nicolas Sarkozy . Cependant, Benoît Legait indique que « le projet est toujours sur la table : nous ne pouvons pas aller à Saclay sans un financement conséquent de l’Etat. Nous attendons une réponse sur cette demande budgétaire : le CA ne pourra se prononcer qu’au vu d’un dossier complet ».
Après le vote du CA, reste donc à voir quelle sera la position de l’Etat sur ce sujet. Pour l’heure, son attention se focalise sur l’Idex, comme l’indique Jean-Marc Monteil, chargé par le Premier ministre d’une « mission temporaire pour la finalisation du Projet Saclay » . Selon lui, le vote des Mines est « un non-événement politique : Saclay a été retenu malgré cette décision. Je pense qu’ils passent à côté de l’histoire mais ma préoccupation aujourd’hui est de raffermir le dossier de l’Idex pour la prochaine audition qui se déroulera d’ici un mois ».

Le projet d’Institut Mines-Télécom en bonne voie

Le conseil d'administration des Mines ParisTech s’est prononcé en faveur de la création de l’Institut Mines-Télécom qui vise à renforcer les liens et collaborations entre les deux groupes d’écoles .

Avant d’entrer en vigueur, le projet doit désormais être approuvé par le Cneser et soumis au Conseil d’Etat. Initialement prévue pour le 1er janvier 2012, la naissance de l’Institut Mines-Télécom connaîtra « probablement un petit retard », indique Benoît Legait, directeur par intérim de Mines ParisTech, qui estime que la création aura lieu « au premier trimestre 2012 ».


Sophie Blitman | Publié le

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