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Les pieds d'argile du bâtiment de la Toulouse School of Economics

De notre correspondant à Toulouse, Frédéric Dessort
Publié le
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Les maquettes du futur bâtiment de Toulouse School of Economics
Les maquettes du futur bâtiment de Toulouse School of Economics // ©  UT1

Le projet immobilier de la TSE, prévu initialement pour 2015, ne devrait pas être livré avant 2018. Les mauvais calculs d'un cabinet d'études ont conduit à stopper le chantier, qui n'a toujours pas repris. La note pour l'université Toulouse 1 avoisine déjà les 5 millions d'euros.

C'est un bâtiment à la hauteur du prestige de la Toulouse School of Economics, tout auréolée de son prix Nobel Jean Tirole, qui doit être construit dans le cœur de ville, non loin de la Garonne. Un projet assez pharaonique qui doit accueillir, sur 7 étages et près de 10.000 m², l'ensemble des enseignants-chercheurs de la TSE.

Mais le bâtiment en construction se révèle un géant aux pieds d'argile. Après la construction de deux étages, le chantier a été arrêté à la rentrée 2014 et n'a toujours pas repris. En cause : des calculs erronés sur les structures, notamment "le poids sous-estimé de certains murs, nécessitant le renforcement des fondations", explique Bruno Sire, président de l'université Toulouse 1 – Capitole, établissement maître d'ouvrage du projet. Des erreurs "commises par le cabinet d'études qui a depuis déposé le bilan", regrette le président de l'université, qui a décidé de poursuivre la société au tribunal administratif.  

5 millions d'euros de perte

Des négociations ont repris avec deux autres cabinets mais, début avril 2015, le projet n'est pas encore relancé : "L'assurance d'Eiffage, qui réalise les travaux, a imposé un audit, qui doit se terminer en juin 2015, avant tout redémarrage du chantier", précise Bruno Sire.

In fine, Bruno Sire escompte que Toulouse 1 aura à recouvrer 5 millions d'euros de pertes : 2 millions d'euros au titre des frais d'immobilisation du chantier, et 3 M€ au titre du Feder. En effet, le fonds européen cofinance le projet à hauteur de 8 millions d'euros, mais l'établissement a jusqu'à fin 2015 pour justifier ses dépenses, sous peine de ne pas verser les fonds. En outre, le nouveau programme Feder (2014-2020) ne pourra être sollicité, celui-ci excluant de financer tout programme immobilier universitaire sur la ville de Toulouse, se réservant pour les autres sites de la région.

Bruno Sire envisage néanmoins une livraison pour la fin 2017 ou le début 2018. Un document d'Eiffage prévoyait, en 2013, au démarrage des travaux, une livraison à mi-2015.

Vues aériennes du nouveau bâtiment de la Toulouse School of Economics

Une inflation budgétaire
Le projet immobilier du bâtiment de la TSE  a déjà évolué par rapport au plan initial passant de 33,4 M€ en 2013 à 44,5 M€ en 2015. Un surplus lié à un étage supplémentaire dédié aux labex de la Fondation Jean-Jacques Laffont - TSE. En effet, le plan local d'urbanisme interdisant de l'ajouter en hauteur, il a été nécessaire d'excaver un étage dans le sol.

Au total, le financement hors TVA se répartit entre l'État (9,28 M€), la Région Midi-Pyrénées (4,22 M€),  la Haute-Garonne (4,18 M€), Toulouse Métropole (5,5 M€), le Feder (8 M€), la Fondation Jean-Jacques Laffont (5 M€) et Toulouse I (1,02 M€).

De notre correspondant à Toulouse, Frédéric Dessort | Publié le

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RAYMOND.

Pour Lafontan et d'autres : Sans critiquer le fond de votre jugement qui vous appartient, il ne faut pas confondre école d'économie (TSE, PSE) ou on étudie et enseigne l'économie, et Business School (école de commerce) ou l'on étudie et enseigne les sciences de gestion (management, marketing, comptabilité.....).

charrier marie.

Quand je vois l'état des locaux de l'université Paul Sabatier qui fait évidemment partie de l'université de Toulouse, je trouve que dépenser une telle somme pour la construction de TSE est inconvenant. D'accord pour le projet en lui -même mais restons dans l'efficacité et non la démesure. Je rappelle que l'UPS Toulouse III a aussi eu " un prix Nobel de chimie : le Pr. Paul Sabatier". ( en 1912 ). Je connais la South bank university of London ( non loin de Warteloo station ) : elle accueille des jeunes européens avec un coût de scolarité peu élevé ( pour l'Angleterre ) . Elle posséde des locaux très fonctionnels et un internat très bien aménagé. Ne pourrait-on pas rester sur des modèles équivalent.

Lafontan.

Il est encore temps d'y renoncer, de limiter tout ce gaspillage et ce crime au patrimoine.

Lafontan.

Ce qui est lamentable, c'est que tout ce béton sur 7 étages va complètement occulter l'église de Saint Pierre des Cuisines, avec son magnifique clocher ! En arrivant depuis les allées de Barcelonne le long du canal de Brienne, on ne verra plus qu'une Business school !!! Du béton et toujours aussi con....Quand je pense qu'on enquiquine tous les habitants du quartiers pour ouvrir un vélux dans la toiture ou pour surélever de quelques mètres à cause du périmètre patrimonial soi disant protégé. Une fois de plus pas d'égalité des citoyens, l'état nous impose ce qu'il veut. Y a t-il eu des "pots de vin" ? Comment expliquer ce genre d'autorisation sinon ???

SCHULLER.

L'Administration toute puissante peut violer en toute impunité les lois édictées par l'État (loi Malraux notamment). Ce n'est pas la première fois qu'on défigure un lieu hautement symbolique dans la "ville rose". Au 19e siècle déjà, Toulouse était baptisée "capitale du vandalisme" (en particulier à l'occasion du percement de la rue Alsace-Lorraine "qui ne part de rien pour aboutir à rien" comme le dit Jules Chalande). On sait ce que vaut la "vue d'artiste" d'un projet et on connaît le résultat final : il suffit de voir par exemple le nouveau Palais de Justice. Est-il encore temps pour la manifestation populaire d'arrêter ce massacre ?