Les SHS ont leur portail d’articles, Persée 2

Fabienne Guimont
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Après la mise en ligne de sa version Béta, en mars 2008, le portail de revues scientifiques francophones en sciences humaines et sociales, Persée 2 , est désormais arrivé à maturité. Son accès est gratuit. Depuis ses débuts en 2005, Lyon 2 héberge ce programme de numérisation. A ce jour, environ 195 000 documents sont diffusés, dont 75 000 articles scientifiques, provenant de 58 revues.

« Aujourd’hui, Persée 2 se dessine avec la diffusion électronique de monographies [thèses, actes de colloques, publications en série, NDLR] et la sortie de la nouvelle version du portail, dotée d’outils innovants comme le référencement croisé ou la synthèse vocale », détaille Gilbert Puech, directeur du programme. Environ 15 000 articles sont effectivement disponibles en version sonore, ce qui permet un téléchargement sur des baladeurs MP3 à destination des étudiants ou personnels mal-voyants. Le référencement croisé est en train d'être mis en place.

Révolution numérique

L’enjeu de la diffusion de ces revues est de taille, dans un contexte où l’édition de revues en sciences humaines et sociales vit une petite révolution avec le numérique. L’audience de ces revues, confinées jusqu’alors à des cercles de lecteurs très restreints, est démultipliée grâce à leur référencement sur ces portails électroniques, qui permettent, en outre, une meilleure indexation pour les chercheurs (sur Google Scholar par exemple).

« En plus d’une audience plus importante, la numérisation permet de mieux communiquer et de susciter l’intérêt de nouveaux contributeurs. A terme, il s’agit même de créer des espaces de discussion. Grâce au web, la revue est plus réactive et les contacts avec la communauté scientifique renforcés », expliquait Christian Montès, directeur de la revue Geocarrefour à L2 magazine (mai 2008).

Concurrence anglo-saxonne

Cette diffusion numérique fournit non seulement un débouché économique indispensable à ces revues, mais également un moyen d’exister vis-à-vis de l’édition anglo-saxonne. « L’édition électronique scientifique est plus un “moment” qu’un “fait absolu”. Nous nous trouvons dans une période de fondation de ce nouveau support. C’est une opportunité historique de repenser, ou au moins de bousculer des paysages éditoriaux qui se sont parfois durcis à l’excès », estime Marin Dacos, directeur du Centre pour l’édition électronique ouverte (CLEO) et fondateur du premier portail français des SHS, Revues.org , créé en 1999.


Fabienne Guimont | Publié le