Les trésors cachés des universités : les collections botaniques et scientifiques d’Aix-Marseille

Pauline Capmas-Delarue
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Le Parc urbain des papillons a été ouvert en mars 2012 par le Laboratoire population environnement développement (LPED) de l'Université d'Aix-Marseille. @ Magali Deschamps-Cottin - AMU
Le Parc urbain des papillons a été ouvert en mars 2012 par le Laboratoire population environnement développement (LPED) de l'Université d'Aix-Marseille. @ Magali Deschamps-Cottin - AMU
Des lunettes astronomiques et des instruments de physique, un herbier, des fossiles et coquillages, des papillons ou encore des plantes issues de l’époque coloniale : voilà quelques exemples des collections variées que recèle l’université d’Aix-Marseille.

Echantillon du Musée Colonial de Marseille © Bruno Vila - AMUA ce jour, l’essentiel de celles-ci est exploité pour la recherche, en interne mais aussi par des chercheurs étrangers : les échantillons sont prêtés ou consultés sur place. Cependant, l’université tend de plus en plus à ouvrir ce patrimoine à ses étudiants, ainsi qu’à des classes de primaire et secondaire lors de cours sur, par exemple, l’histoire des sciences ou la biodiversité.

C’est le cas notamment du Parc urbain des papillons (PUP) ouvert en mars 2012 par le Laboratoire population environnement développement (LPED), spécialisé dans la biodiversité urbaine. Aménagé par les élèves de seconde du lycée d’aménagement paysager des Calanques, encadrés par l’association d'artistes SAFI, il sert principalement à étudier pourquoi les papillons se raréfient le long d’un gradient d’urbanisation. Des étudiants se rendent dans le parc pour réaliser des travaux pratiques en plein air, tandis que des publics scolaires viennent le visiter dans le cadre d'une sensibilisation à la biodiversité urbaine.

Le musée colonial d’Aix-Marseille : un héritage du XIXe siècle

Musée Colonial de Marseille © Bruno Vila - AMUPar ailleurs, il subsiste aujourd’hui une salle, à la faculté Saint-Charles, où sont conservés les échantillons botaniques de ce qui fut le musée colonial de Marseille. En 1893, Edouard Heckel fonde l’Institut colonial de Marseille, premier de ce type en France, qui rassemble des statistiques sur les colonies. L'institut a trois branches : la recherche appliquée, les annales du musée colonial – qui diffusent les recherches scientifiques – et le musée en lui-même, qui expose des produits en provenance des colonies françaises.

Lors de la décolonisation, les collections sont dispersées, le musée démantelé. Rebaptisé "musée colonial des plantes utiles", il est alors rattaché à l’université. Les 500 à 600 échantillons servant d’illustrations aux étudiants lors des cours et travaux pratiques sur la biodiversité.

Une volonté de valoriser ce patrimoine auprès du grand public

Afin de mener une politique cohérente de gestion de ce patrimoine, l'université d'Aix-Marseille rassemble progressivement les collections sur le campus de St Charles, où est située l’UFR de sciences, et sur le plateau Longchamp. A terme, un musée de l’université pourrait être ouvert au public pour valoriser cet héritage.

D'ores et déjà, les journées du patrimoine sont l’une des occasions où l’université dévoile ses collections au grand public. Au programme de l’édition 2013 : un parcours au sein de l’université, afin d’en découvrir l’architecture singulière, et la visite des collections, accompagnée des explications de chercheurs. La thématique cette année tournera autour de la question "on garde ou on jette ?" afin de comprendre la politique de conservation de l’université.


Pauline Capmas-Delarue | Publié le