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Comue Léonard-de-Vinci : les universités d'Orléans et de Tours veulent claquer la porte

Morgane Taquet
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Le site des Tanneurs de l'université de Tours.
L'université de Tours va créer une nouvelle Comue avec l'université d'Orléans et l'Insa Centre Val de Loire. // ©  Université François-Rabelais
Après le départ de La Rochelle cet été, la Comue Léonard-de-Vinci voit désormais deux de ses établissements se tourner vers d'autres horizons. Les universités d'Orléans et de Tours souhaitent se fondre avec l'Insa dans une nouvelle Comue Val-de-Loire, strictement régionale cette fois.

L'heure des adieux a sonné à la Comue Léonard-de-Vinci. Après La Rochelle cet été, c'est au tour des universités de Tours et d'Orléans et de l'Insa Centre Val de Loire de vouloir quitter le giron de la Comue. Les trois établissements se sont engagés dans des discussions autour de la création d'une Comue strictement régionale réunissant leurs trois établissements, confirment les trois dirigeants. Les deux universités en ont discuté avec leurs conseils d'administration sans qu'aucun vote ne vienne entériner le projet pour le moment.

En cause : la Comue Léonard-de-Vinci ne répond plus aux attentes de ses membres. Celle qui n'a pas convaincu dans la compétition des Idex fait surtout les frais d'un redécoupage des régions peu favorable à la région Centre. "Nous avons depuis un certain temps des discussions autour du périmètre de la Comue Léonard-de-Vinci : il est mis à mal d'abord avec la redéfinition des régions, qui place la Comue à cheval entre les régions Centre-Val-de-Loire et Nouvelle Aquitaine, puis avec le départ de La Rochelle. Autre préoccupation : la Satt Grand Centre regroupe les établissements de la Comue Léonard-de-Vinci mais aussi Clermont-Ferrand. Tout cela rend le paysage opaque, et crée un conflit entre structures et superstructures", estime Philippe Vendrix, président de l'université François-Rabelais de Tours.

Un sentiment partagé par le directeur de l'Insa Centre Val de Loire, Jean-Marie Castelain. "L'Insa travaille en étroite collaboration avec les universités, dans une logique de politique de site. Une logique que nous ne retrouvons plus dans la Comue très étendue qu'est Léonard-de-Vinci. Le nouvel ensemble permettra de retrouver une pratique d'échanges qui s'est diluée."

Le départ des trois établissements poserait une nouvelle fois la question de l'avenir de l'Université confédérale Léonard-de-Vinci. Contacté par EducPros, son président, Loïc Vaillant, n'a pas donné suite.

TENSIONs AUTOUR DE LA DéLIVRANCE DU DOCTORAT

Le point de rupture ? La délivrance du doctorat par la Comue au détriment des établissements. Prévue pour être mise en œuvre à la rentrée 2016, cette mesure n'a jamais été confirmée par un vote des conseils d'administration. "Qu'est-ce qu'une université sans doctorat ?", s'interroge Philippe Vendrix. Cette décision est aussi un casus belli pour Ary Bruand, président de l'université d'Orléans, qui dit n'avoir jamais soutenu le transfert de compétences sur la délivrance du doctorat à la Comue.

"Sans compter que la décision du ministère de changer Limoges et Poitiers de vagues de contractualisation pour être avec la région Nouvelle Aquitaine ajoute de la complexité", ajoute le président de l'université de Tours. Une Comue qui délivre le doctorat et des écoles doctorales qui ne seraient pas évaluées au même moment par le HCERES créerait une situation tout à fait ubuesque.

CRéATION AU PLUS TARD EN JANVIER 2018

Pour les équipes récemment élues (Ary Bruand en juin et Philippe Vendrix en mai 2016), c'est l'opportunité à saisir. Cette nouvelle Comue Val-de-Loire "de collaboration" regrouperait environ 60.000 étudiants. La structure viendrait renforcer les collaborations existantes, mais dont "les compétences restent à discuter", disent en chœur les présidents. Un axe fort autour des formations paramédicales est une piste.

Largement soutenue par la région, la Comue Val-de-Loire est-elle un prélude à la fusion ? Interrogé, le président orléanais ne s'avance pas. "Nous savons que la région est attachée à nous voir nous engager dans un processus de ce type mais ce n'est pas notre objectif premier", explique Ary Bruand.

Les établissements espèrent faire coïncider la naissance de cet ensemble avec le prochain contrat quinquennal, "au plus tard au 1er janvier 2018", précise Ary Bruand. Prochain rendez-vous pour tous les acteurs du Centre-Val-de-Loire mercredi 2 novembre, date à laquelle doit débuter la rédaction du prochain schéma régional d'enseignement supérieur. Une première étape pour acter cette nouvelle configuration.


Morgane Taquet | Publié le

Vos commentaires (4)

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Dufour.

Et on va un peu plus loin en fusionnant les 2 "petits"IAE (Tours et Orléans) pour former un Ecole de Management Val de Loire venant remplacer la disparition de FBS et sa fulgurante faillite.

Vilain.

Maman Ségolène ne l'a pas voulu ainsi. (et la Rochelle non plus puisqu'ils sont les premiers à avoir donné le signal du départ...)

Correction.

Sauf pour la syntaxe... ("Angers et le Mans se serait arrangés")

barreau.

Si Angers et le Mans, au lieu de faire une comue avec les bretons (qui ne sert qu'à asseoir un peu plus la suprématie de Nantes et Rennes), se serait arrangés avec Orléans et Tours pour créer une comue ensemble, cela aurait eu de la gueule... Un territoire cohérent, équilibré et connu dans le monde entier: le Val de Loire. Quel gâchis ....

tuasraison.

vous avez raison!!!