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Les universités de Lyon et Montpellier réussissent leur oral à l'IDEX

Guillaume Mollaret
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Les universités de Montpellier (à gauche) et de Lyon 1 (à droite).
Les universités de Montpellier ( à gauche) et de Lyon 1 (à droite). // ©  Guillaume Mollaret /  S.Blitman
Malgré le retrait de l’INSA, l'université de Lyon 2020 a réussi à séduire le jury international tandis que Montpellier affichait une unité forte autour de son projet notamment tourné vers l’écologie. Retour sur les enjeux liés à ces labellisations.

Ils peuvent souffler ! Les porteurs des projets Idex Université de Lyon 2020 et I-Site Muse de Montpellier ont reçu début décembre l’onction du jury international leur permettant de poursuivre, à mi-parcours, leurs candidatures respectives à la labellisation. Elles devront toutefois attendre 2021 pour voir leur initiative pérennisée définitivement.

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Imaginé en 2010 dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA), les dispositifs Idex/I-Site visent à faire émerger en France un nombre limité d’universités de recherche sur des sites disposant d’un important potentiel scientifique et capables de créer une synergie entre universités, écoles, organismes de recherche, établissements de santé et entreprises. À la clé pour les projets retenus : d’importants crédits de plusieurs centaines de millions d’euros.

Visibilité dans les classements internationaux

À ce jour, 9 I-Site et 10 Idex existent. Derrière leurs appellations Unistra (Strasbourg), Super (Sorbonne Universités à Paris pour l'Enseignement et la Recherche), ou encore Cap 2025 (Clermont-Ferrand), se profile l’enjeu d’une visibilité des établissements dans les classements internationaux avec la perspective de séduire étudiants et enseignants-chercheurs de talents à même d’attirer vers eux des financements pour la recherche ainsi que des entreprises.

À Montpellier, l’union a rapidement fait ses preuves dans les classements avec l’obtention, depuis l’an dernier, d’une première place au classement de Shanghaï dans la catégorie écologie, une discipline à la croisée des trois piliers de recherche (santé, sécurité alimentaire, environnement) mis en avant par l’I-Site.

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Plus récemment, Montpellier s'est hissée à la première place des universités françaises dans le classement World’s Most Innovative Universities de Reuters. "Cette montée en puissance dans les classements internationaux est notamment liée à l’adoption d’une charte de signature commune des publications scientifiques par le consortium dès octobre 2017", décrypte François Pierrot, directeur exécutif de l’I-site Muse.

Si la mise en œuvre de cette signature n’a pas été simple à coordonner, l’intérêt d'un tel label semble désormais bien compris des acteurs de l’enseignement, de la recherche mais aussi des décideurs politiques. C’est par exemple le conseil régional d’Occitanie qui a financé les 40 millions d’euros qu’a coûté la construction d’une nouvelle faculté de médecine. De fait, dans cette région, Montpellier fait aujourd’hui figure d’exemple alors que Toulouseseul Idex hexagonal interrompu à ce jour– a, malgré des spécialités incontestablement reconnues en économie, en sciences de l’atmosphère et en télédétection, perdu une manne de 750 millions d’euros de dotation promis par l’Idex et finalement non attribués.

800 millions d'euros en jeu à Lyon

La décision prise la semaine dernière par le jury international en faveur de la poursuite des Idex de Lyon et I-Site montpelliérain n’a donc rien d’anodin. Attendu pour ce rapport d’étape couperet, l’Idex lyonnais s’est notamment fait très peur cet été à cause de la défection de l’INSA-Lyon. En effet, l’école d’ingénieurs rhodanienne s’est subitement retirée du projet, notamment par crainte de voir sa marque disparaître au sein du futur établissement cible, emmené par les universités de Lyon 1 et 3 et Saint-Etienne.

Dès lors, Lyon comme Montpellier avaient disposé d’un délai pour préparer leurs oraux respectifs. Un temps salutaire, au moins à Lyon pour qui 800 millions d’euros de dotation sont en jeu. De son côté, l’I-Site montpelliérain doit toucher une dotation de 550 millions d’euros (350 millions pour les nouvelles actions et 200 millions pour pérenniser les Labex). Désormais, les établissements sont au travail pour pérenniser définitivement leur action avec en ligne de mire un nouvel examen devant le jury international prévu en 2021.

Et maintenant ?
l’I-site Muse a mis en ligne sa feuille de route dès juillet. Dans ce document, il est précisé que l’université cible, mise en place en janvier 2022, conservera le nom "Université de Montpellier". Elle intégrera dans ses statuts des structures intermédiaires dénommées "Pôles de Recherche" (au nombre de 5) et "Collegiums"(8).
Ces structures seront "conçues comme des dispositifs de mise en synergie des composantes de recherche ou de formation, mais aussi du développement d’actions communes avec les établissements partenaires. L’établissement comportera également des UFR, instituts et écoles (dont l’ENSCM sous statut établissement-composante)", est-il détaillé.
Idex Université de Lyon 2020 n’en est pas encore là. Les instances des établissements fondateurs expliquent qu’elles auront d’ici la fin de l’année à se prononcer sur les projets de statuts alors que la gouvernance aura "pour mission de développer une stratégie académique affirmée qui ancre l’établissement dans l’excellence internationale."


Guillaume Mollaret | Publié le

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