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L’ICAM vent debout contre le système « Admission post-bac »

Jessica Gourdon
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Jean-Michel Viot, DG de l'ICAM
Jean-Michel Viot, DG de l'ICAM
L'ICAM rend public un document qui dénonce le fonctionnement d'APB (Admission post-bac), la procédure d'affectation des terminales dans l'enseignement supérieur. Un système qui, selon l'école, favorise les lycéens les mieux informés.

La démarche est peu courante dans l’univers traditionnellement feutré et peu enclin à la communication des écoles d’ingénieurs. La semaine dernière, l’ICAM (Institut catholique des arts et métiers), école post-bac basée à Lille, Vannes, Nantes, Toulouse et La Roche Sur Yon, a publié un manifeste de 15 pages « anti APB » .

Pour le directeur Jean-Michel Viot, le fonctionnement de ce portail d'inscription dans l'enseignement supérieur est mauvais dans le sens où le jeune « est piloté par ses vœux » et ne choisit sa filière en toute connaissance de cause. Résultat : de nombreuses erreurs d'orientation sont à craindre, selon le directeur.

Pour comprendre, il faut savoir que dans le cadre d’APB , le lycéen effectue un classement de ses préférences de formations. Au bout du compte, le système informatique ne lui en offre qu’une : celle où il a été admis et qu’il a la mieux classée. Le biais dénoncé par Jean-Michel Viot est que le lycéen ne choisit pas parmi plusieurs établissements où il a été admis : on ne lui présente qu’une proposition unique. Il peut certes la décliner deux fois par un « oui, mais », mais quoi qu’il arrive, il n’est jamais face à des alternatives.

Des lycéens inégaux devant leur capacité à bien choisir

Le problème est donc bien celui de l’information des lycéens, et de leur habilité dans leurs tactiques. Une gymnastique d'autant plus difficile que le jeune n'a généralement aucune idée du niveau des candidats qui se présentent comme lui aux mêmes formations. « Celui qui se sous-estime n'a pas osé classer en tête une bonne école. Il n’aura jamais l’opportunité de la choisir. L'étudiant qui se surestime sera face à des refus successifs, ce qui ne facilite pas l’estime de soi, pourtant si importante durant les premiers mois d’études. »

Jean-Michel Viot ajoute : « Les élèves sortant de la terminale ne sont pas égaux dans cette capacité à bien positionner leurs vœux. Certains connaissent mieux que d’autres les pratiques des établissements. Ils peuvent mettre en place une forme d'intelligence rusée qui fait revenir le fait que des milieux sociaux sont mieux renseignés que d'autres. »

Le portail GEPB déserté

Pour contourner ces biais, le directeur du groupe ICAM souhaiterait qu'APB se réforme sur le modèle de GEPB (grandes écoles post-bac.fr), un portail parallèle où les candidats font leur choix parmi plusieurs établissements où ils sont déclarés admis. "Il faudrait que le lycéen ait le choix au moins entre deux ou trois formations."

Aujourd'hui, GEPB est progressivement vidé de toutes ses écoles , fortement incitées par le ministère de l’Enseignement supérieur à rejoindre APB. Seules les ICAM et les écoles de la Fésia participent encore à ce portail. Une position  difficilement tenable à long terme. 


Jessica Gourdon | Publié le

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DURAIN.

Mais où donc est passée la communication? Celle qui permettait à un lycéen de défendre son projet auprès d'un directeur d'établissement? Aujourd'hui on fait confiance à une machine et on évite tout contact pour rencontrer un jeune qui est peut-être motivé mais n'a pas su le montrer. Mon fils a vu son vœux refusé par la seule école qui dispense sa formation dans notre région. Il ne sait pas pourquoi et en plus aujourd'hui on lui demande de changer de projet. Projet qu'il porte depuis la seconde. Je trouve le système APB plus que limite, je dirais même plus inadapté, inefficace, voire maltraitant.