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Saison 2 des Idex : Lille se console avec un Isite

Morgane Taquet
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Université Lille 3, campus
Dans son évaluation, le jury international Idex/Isite a salué la prochaine fusion des trois universités lilloises à l'horizon 2018. // ©  Lille 3
Quelques jours après l'annonce des derniers lauréats de la saison 2 des Idex, les porteurs du projet lillois, labellisé Isite et non Idex comme espéré, se disent satisfaits du résultat. Face à un jury qui pousse vers une intégration plus grande des écoles au sein de l'université-cible, Lille attend désormais sa dotation.

Ils avaient rêvé d'un Idex, ils ont obtenu un Isite. Après une série d'échecs consécutifs, le groupement lillois, qui avait déposé un projet Idex, a finalement décroché un lot de consolation. Vendredi 24 février 2017, l'Université Lille-Nord-Europe a remporté un Isite, lors de la dernière vague de labellisation Idex, menée dans le cadre du PIA 2.

Fabienne Blaise, présidente de l'université Lille 3 et l'une des porteuses du projet nordiste, relativise. "Bien sûr, notre première réaction a été la déception. Puis, après réflexion, nous sommes satisfaits de l'obtention de ce label, qui nous place dans le rang des universités internationales. Nous partions de tellement loin", concède-t-elle.

LE PÉRIMèTRE DU PROJET VALIDÉ

Depuis l'annonce des résultats, les représentants du projet ont reçu leur fiche d'évaluation comprenant les notes et les recommandations du jury. "La fiche est bonne dans son ensemble. Le périmètre de notre projet, autour de trois hubs, est validé, et les remarques du jury mettent l'accent sur ce que nous voulions développer", se félicite Fabienne Blaise.

Alors, pourquoi avoir gagné un Isite et non un Idex ? En cause, le nombre de chercheurs concernés par les trois "hubs", dédiés à la santé, à l'environnement et au monde numérique. "Si l'évaluation valide l'ambition du projet, elle le classe en Isite car seulement 34 % des chercheurs sont aujourd'hui compris dans ce périmètre", rapporte la présidente. "Les trois hubs sont inégaux en termes de taille et de niveau d'excellence", note en effet le jury dans la fiche d'évaluation.

Parmi les points forts, le jury souligne en revanche "la puissance scientifique, l'ambition pédagogique, la politique internationale, et l'ambition et le dynamisme des ressources humaines". Le projet obtient quatre A sur 12 points évalués. Le jury salue également la prochaine fusion des universités à l'horizon 2018.

Pour autant, ce dernier estime que la définition de l'université-cible n'est pas suffisamment explicite. Parmi les pistes d'amélioration, il recommande notamment d'élaborer une proposition de statuts de la future université "dans le cadre d'une législation existante ou future", ainsi que de "recueillir l'accord officiel des membres confirmés par les signatures de leurs autorités compétentes, pour la construction de cette université". Des précisions sur la gouvernance, l'allocation des moyens, le statut des composantes, les diplômés délivrés sont également attendues.

UNE INTÉGRATION UNIVERSITÉS-ÉCOLES À APPROFONDIR

Intégrer encore davantage les écoles dans la construction de l'université-cible est également l'une des recommandations du jury, qui avait déjà poussé en ce sens lors de l'évaluation du précédent projet. Actuellement, outre les trois universités lilloises, le groupement est composé de Centrale Lille, de l'Ensait, d'Arts et métiers, de l'Ensap, de Chimie Lille, de l'ESJ Lille, de l'IMT Lille-Douai (issu de la fusion, au 1er janvier 2017, de Mines Douai et Télécom Lille), de Sciences po Lille, du CNRS, de l'Inserm, de l'Inria, du CHRU Oscar-Lambret et de l'Institut Pasteur de Lille.

Il est écrit 'manque de clarté et risque de redondance entre l'école d'ingénierie et la faculté des sciences et technologies'. Nous sentons que l'on nous pousse à faire la même chose que les Nantais.
(F. Blaise) 

"Il est écrit 'manque de clarté et risque de redondance entre l'école d'ingénierie et la faculté des sciences et technologies'. Nous sentons que l'on nous pousse à faire la même chose que les Nantais", estime Fabienne Blaise. Début février, l'université de Nantes et Centrale Nantes ont en effet annoncé un projet de rapprochement d'envergure, regroupant leurs filières scientifiques autour d'un unique pôle, qui comprendrait également Polytech Nantes et trois IUT à l'horizon 2019.

"Je ne peux pas vous dire aujourd'hui ce que nous ferons sur ce sujet. Centrale Lille travaille actuellement à la fusion avec l'Ensait et l'ENSCL. Nous devons y aller pas à pas, et nous observerons également ce qui se passera à Nantes", indique Fabienne Blaise.

UNE DOTATION DÉCISIVE

Le montant de la dotation, encore inconnu, sera décisif, selon la présidente de Lille 3. "Pour réaliser l'ambition validée par le jury, il nous faut la dotation correspondante", chiffrée à 15 millions d'euros par an par les porteurs du projet. Pour le moment, l'université de Lorraine et l'université de Bourgogne-Franche-Comté, les seules lauréates dans la catégorie Isite jusqu'à présent, disposent de 5 millions d'euros chacune.

Alors que le lissage global des différentes dotations des deux PIA est en cours, les lauréats connaîtront leurs dotations d'ici mi-mars.

Période probatoire et conditions à deux ans
Pour l'ensemble des projets lauréats, le jury a assorti ses propositions de recommandations qui devront être mises en place durant la période probatoire des projets, fixée à quatre ans comme pour le précédent appel et la précédente vague, confirme le CGI (Commissariat général à l'investissement).

Deux regroupements, Lyon et Montpellier, devront également remplir des conditions à deux ans dans le cadre de la période probatoire.

Morgane Taquet | Publié le

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Pascalbro.

La grande absente semble être l'Université Catholique de Lille: 25000 étudiants, des écoles d'ingénieurs et de commerce réputées aux taux d'insertion professionnelle exemplaires et de nombreuses formations professionnalisantes, sans compter des hôpitaux et des formations médicales de haut niveau. La quasi-totalité des étudiants sont extérieurs à la région et payent leur études, en en faisant une locomotive économique de premier plan pour la région. Ses enseignants ont pour la plupart une activité de recherche dans les UMR régionales et les enseignants-chercheurs du public s'y précipitent pour y faire des heures complémentaires. Alors comment bâtir un ESR performant et cohérent sans elle? Ne peut-on pas oublier les querelles idéologiques du 19° siècle? Comment font les belges avec leurs universités catholiques?