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Loi ESR : la FAGE contre des réorientations précoces en PACES

Céline Authemayou
Publié le
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Dans un communiqué publié en fin de semaine dernière, la Fage (Fédération des associations générales étudiantes) dénonçait la sélection à l’entrée des études de santé, instaurée selon elle par le projet de loi sur l'enseignement supérieur et la recherche. Une affirmation démentie du côté du ministère, qui a reçu la fédération mardi 9 avril 2013, alors que les auditions à l'Assemblée se poursuivent.

Non à la réorientation forcée et à la sélection précoce en études de santé. Jeudi dernier, la fédération étudiante publiait un communiqué condamnant fermement la "sélection à l'entrée de l'université", instaurée selon elle par le projet de loi ESR. La cause de cette grogne : la modification par le Conseil d'Etat d'une phrase de l'article 22, rendant possible selon la Fage une sélection dans les premières semaines de la PACES (première année commune des études de santé).

"Nous avions obtenu un garde-fou de la part du CNESER, qui avait voté pour que soit introduit dans le texte l'impossibilité de sélectionner les étudiants avant une année d'études, explique Adrian Brun, premier vice-président de la Fage. Or, aujourd'hui, plus rien ne protège les étudiants contre une sélection précoce."

"Aucune sélection n'est prévue dans le projet", assure le ministère

Suite à cette vive inquiétude, le ministère de l'Enseignement supérieur a tenu à rappeler, par voie de communiqué (04/04/13), qu'aucune sélection à l'entrée de l'université n'était prévue dans le projet de loi. "L'article 22, auquel il est fait référence (...) ne concerne nullement la sélection des étudiants, mais la possibilité de réorienter plus précocement que ce qui est actuellement prévu, sous réserve d'une proposition de l'université et d'une acceptation du ministère." Ce dernier a également reçu la Fage mardi 9 avril 2013.

Réaction de la fédération ? "Nous avons bien entendu l'intention du ministère, mais nous voulons que cette affirmation soit clairement inscrite dans la loi, répond Adrian Brun. Aujourd'hui, on nous tient ce discours, mais qu'adviendra-t-il en cas de remaniement ministériel ? Nous voulons des garanties."

"La sélection à l'entrée des études de santé n'est pas d'actualité", confirme Olivier Veran, député socialiste de la première circonscription d'Isère et rapporteur de l'article 22. Il a lui aussi reçu à l'Assemblée nationale les organisations étudiantes, dans le cadre des auditions qui se tiennent cette semaine autour de la loi.

Vers une reformulation du texte

Si la Fage réclame la suppression de l'alinéa 1, ou sa modification, Olivier Veran table plutôt sur cette dernière possibilité. "Cet alinéa introduit tout de même une notion forte, celle de la possibilité de réorientation pour les étudiants. C'est un point très positif, qui s'inscrit dans une volonté de promouvoir la réussite étudiante".

Le député reconnaît qu'un travail de reformulation du texte est à mener, pour rassurer les étudiants et "ne pas laisser planer le doute quant à la possibilité de sélection." Les concertations vont se poursuivre au cours des prochains jours. "Nous allons faire des propositions, note Adrian Brun. Aujourd'hui, nous sommes dans l'apaisement. Le ministère nous écoute. Encore faut-il que cela soit suivi de faits."


Céline Authemayou | Publié le

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amelie.

Où est la justice sociale dans le fait qu'il existe des prépas privés à 200 euros et plus et des années de mise à niveau? Je doute que se soit les plus modestes qui peuvent se permettre d'y avoir accés

Sandra.

Plus on sélectionne tôt, moins on a de justice sociale. Une pensée pour mon ami fils d'ouvriers plutôt mal parti dans sa PACES parce qu'il n'a pas eu la chance d'aller dans le super lycée privé du coin (avec 100% de réussite au bac en S), mais qui a eu son année le deuxième coup, à force de persévérance. Une bonne orientation dès le lycée serait préférable plutôt que de croire qu'il y a des filières-impasses.

amelie.

Cette obsession française de laisser aller tout le monde dans des filières non professionnelles (licences) conduit à des catastrophes: 50% d'échec en 1e année; des bacs S qui désertent les facultés scientifiques pour aller en sciences humaines et autres alors qu'il est impossible pour les L et ES de s'inscrire en prépa scientifique, des amphis bondés en 1e année de médecine avec 80% d'échec; des filières aux débouchés peu nombreux prises d'assaut: psychologie (10000 étudiants en master 1 et 5 fois moins en master 2), LEA, lettres (hormis le CAPES où de nombreuses places restent vacantes).