Loi sur les stages : une menace pour les grandes écoles

Marie-Anne Nourry
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Hall de l'École des ponts ParisTech // © Hermine Cléret
Hall de l'École des ponts ParisTech // © Hermine Cléret // ©  Hermine Cléret
Toujours valeurs sûres pour décrocher un emploi, les grandes écoles se sont pourtant inquiétées des conséquences de la nouvelle loi sur les stages, à l'occasion de la présentation de leur enquête annuelle d'insertion, le 17 juin 2014.

Face à une tension accrue sur le marché de l'emploi et malgré un fléchissement de ses résultats, la CGE (Conférence des grandes écoles) s'est félicitée de la bonne insertion de ses diplômés, lors de la présentation de son enquête annuelle, le 17 juin 2014.

Cette année, ce sont les managers qui tirent leur épingle du jeu, en affichant de meilleurs taux d'emploi qu'en 2013. De leur côté, les ingénieurs perdent trois points, ce qui ne les empêche pas de demeurer les champions de l'insertion. L'inquiétude a toutefois gagné les représentants de la CGE, à l'évocation du projet de loi sur les stages, adoptée au Sénat le 12 juin dernier.

Le stage, premier canal vers l'emploi… pour l'instant

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 33 % des diplômés des grandes écoles trouvent leur premier emploi grâce au stage de fin d'études (24 % des managers et 38 % des ingénieurs), qui constitue de loin le premier canal d'insertion professionnelle. "Si on nous impose un couperet à six mois, le stage ne va pas pouvoir servir de chausse-pied", s'alarme Philippe Jamet, président de la CGE, qui craint que cette nouvelle loi pousse les établissement à devoir faire des "contorsions impossibles".

La Conférence a peur que le côté "globalisant" de la loi nuise aux diplômés des grandes écoles, pour lesquels ils constituent jusqu'à présent un tremplin.  "Nous avons un délai de deux ans durant lequel nous pouvons maintenir l'année de césure, nous allons en profiter pour discuter avec le ministère", poursuit Philippe Jamet.

Rémunération : les femmes trinquent… en particulier dans l'enseignement et la recherche
"Cette année, les employeurs n'ont pas fait de cadeau aux diplômés", souligne Bernard Ramanantsoa, directeur d'HEC. Les salaires ont de fait diminué pour l'ensemble des jeunes actifs : 35.500 € (salaire brut annuel avec primes) en moyenne contre 35.800 € en 2013. Mais ce sont les jeunes femmes qui subissent le préjudice le plus important, les écarts avec les hommes continuant de se creuser.

La palme du secteur le plus "macho" revient sans conteste à l'enseignement et la recherche, où la rémunération des hommes, à la sortie des business schools, culmine à 41.000 € contre seulement 27.000 € pour les femmes. Rien d'étonnant à ce que l'on retrouve plus d'hommes à la tête des grandes écoles…

Marie-Anne Nourry | Publié le