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Loi travail : un début de mouvement étudiant

Marie-Anne Nourry
Publié le
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Manifestation du 9 mars 2016 contre le projet de loi El Khomri à Paris.
L'Unef appelle à une journée d'AG dans les universités le 17 mars, avant la journée de grève et manifestations interprofessionnelles du 31 mars prochain. // ©  Etienne Gless
100.000 lycéens et étudiants, selon l'Unef, ont bravé la météo pour manifester contre le projet de loi El Khomri, le 9 mars 2016. Un "tour de chauffe", selon les organisations de jeunesse, qui confirme l'inquiétude croissante à l'égard de l'insertion professionnelle.

Le froid et la pluie n'ont pas découragé la jeunesse française. Selon l'Unef, ils étaient 100.000, lycéens et étudiants, à battre le pavé  contre le projet de réforme du Code du travail porté par la ministre du Travail, Myriam El Khomri, le 9 mars 2016.

Dans les universités, 50 assemblées générales se sont tenues hier et ce matin, avant les départs groupés vers les différents lieux de manifestation à Rennes, Strasbourg, Toulouse, Tours... Un seul "blocage filtrant" est maintenu à Paris 8.

Côté lycées, 90 établissements ont été bloqués, dont une quarantaine en Île-de-France, selon le ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Des chiffres" très satisfaisants pour un tour de chauffe, surtout au vu de la météo qui sévit", estimait la Fidl dans un communiqué à la mi-journée. C'est l'une des plus fortes mobilisations de la jeunesse depuis le mouvement contre le CPE (contrat première embauche) en 2006.

#OnVautMieuxQueCa

À Paris, la pluie s'est arrêtée pour le rassemblement prévu à 14 heures place de la République, qui a réuni les cortèges d'étudiants, lycéens et salariés.
Pour le ministère de l'Intérieur, quelque 224.000 personnes se sont rassemblées dans toute la France contre le projet de loi El Khomri. L'Unef et FO revendiquent quant à eux entre 400.000 et 500.000 manifestants.

Les réseaux sociaux se sont fait le relai actif du mouvement, avec les hashtags #greve9mars, #loitravailnonmerci, #OnVautMieuxQueCa. Dès 8 heures, les photos d'amoncellements de poubelles vertes à l'entrée des lycées bloqués, de jeunes encapuchonnés, d'assemblées générales ont envahi Twitter, suivies par celles des manifestations.

Peur de l'avenir

Au-delà du projet de loi porté par Myriam El Khomri auquel l'Unef reproche d'institutionnaliser la précarité sur le marché du travail, l'élan du 9 mars confirme l'amplification de la peur du chômage et du déclassement, comme l'attestent les slogans scandés durant la manifestation : "On veut bosser, pas trimer", "Travailler mieux, vivre mieux", "Pour lutter contre le chômage, pas besoin de nous mettre en cage".

De fait, 26% des titulaires d'un master occupent un emploi précaire (CDD, intérim) 30 mois après l'obtention du diplôme et 40% un emploi déqualifié (ouvrier, employés, professions intermédiaires), selon les résultats de l'enquête du ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, publiée en décembre 2015.

Prochaine étape de la mobilisation le 17 mars, avec un appel de l'Unef à organiser une nouvelle journée d'action au sein des universités, sous la forme d'assemblées générales. Un point d'étape, avant la journée de grèves et de manifestations interprofessionnelles programmée le 31 mars.


Marie-Anne Nourry | Publié le

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plotkine.

Peut être que si on n'ouvrait pas autant de masters dans des domaines ou l'embauche est rare voire nulle, il y aurait moins d'emplois précaires chez des diplomés ! Une analyse fiable du marché de l'emploi avant d'ouvrir de nouveaux masters éviterait des gachis. Créer et faire fonctionner un master a un cout . Si en plus il génère des quasi chomeurs , bravo l'enseignement supérieur ! Trop d'enseignants sont déconnectés des réalités économiques et doivent assurer la responsabilité de la situation.