L'OCDE pointe à nouveau les inégalités persistantes dans le système éducatif français

Thibaut Cojean
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Les salaires des enseignants français sont parmi les plus faibles de l’OCDE.
Les salaires des enseignants français sont parmi les plus faibles de l’OCDE. // ©  Sebastien ORTOLA/REA
Si le dernier rapport de l’OCDE honore la France pour avoir gardé ses écoles ouvertes le plus longtemps possible pendant la pandémie, il encourage le pays à poursuivre ses réformes pour réduire les disparités en matière d'éducation.

Entre le 1er janvier 2020 et le 20 mai 2021, les établissements scolaires français ont fermé en moyenne moins de 50 jours en raison de la pandémie de Covid-19 : 49 jours au lycée, 44 au collège et 34 en primaire. Dans son dernier rapport "Regard sur l’éducation", paru en septembre 2021, l’OCDE salue cette statistique, relevant que seuls six autre pays sur les 40 étudiés ont moins fermé leurs écoles.

En moyenne, les écoles des pays membres de l’organisation de coopération et de développement économiques ont fermé 54 jours, les collèges 78 et les lycées 92. "La pandémie a mis en évidence l’importance de l’équité en matière d’éducation", a introduit Mathias Cormann, secrétaire général de l’OCDE, à la remise du rapport. "Ce sont les élèves les plus vulnérables et marginalisés qui ont été le plus atteints." L’édition 2021 de ce rapport est en effet placée sous le signe de l’équité. Une thématique dans laquelle la France se démarque depuis longtemps par ses mauvais résultats.

"En France, venir d’un milieu favorisé diminue fortement la possibilité d’être en échec scolaire", a tranché Mathias Cormann. Ainsi, si la France fait partie des pays affichant de hautes performances scolaires, c’est aussi le pays le plus inégalitaire de ce panier. Et selon l’OCDE, les élèves peu performants viennent le plus souvent des familles modestes : 35% des élèves défavorisés ont de mauvais résultats, contre 7% des élèves favorisés.

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Revaloriser le métier d’enseignant

Pour lutter contre ces inégalités, le secrétaire général recommande de "poursuivre les efforts engagés dans les réformes", citant notamment le dédoublement des classes de CP et de grande section. Une politique qui est surveillée de près par l’OCDE. Eric Charbonnier, analyste au sein de la direction de l’éducation et des compétences de l'organisation, en juge les résultats "encourageants", mais "pas aussi bons qu’espérés".

Pour l’analyste, également membre du conseil de l’évaluation de l’école, réduire les inégalités passe également par une revalorisation du métier d’enseignant. Sur ce point, le rapport confirme la situation des professeurs français : pour un temps de présence devant les élèves dans la moyenne de l’OCDE (720 heures par an dans le secondaire, 900 dans le primaire), les salaires des profs français sont parmi les plus faibles de l’organisation. Surtout, leur progression salariale en début de carrière est particulièrement lente.

Là encore, Eric Charbonnier invite la France à poursuivre ses réformes en cours, mais aussi à aller plus loin. Il évoque notamment "une formation initiale et continue de meilleure qualité", "des possibilités d’évolution de carrière" et "une culture de l’autonomie" à encourager. En outre, il propose de redéfinir le métier de directeur d’école, "la France étant le seul pays de l’OCDE où les directeurs n’ont pas de statut".

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