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Manif des lycéens : deux fois plus de monde

Reportage de Camille Allain
Publié le
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© Camille Allain
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La manifestation des lycéens du 10 avril 2008 contre les suppressions de postes dans le secondaire a rassemblé entre 19 000 et 40 000 personnes. Un doublement des troupes qui devrait donner plus de poids aux représentants de la FIDL et de l’UNL lors de leur rencontre avec Xavier Darcos, le 11 avril 2008. Les lycéens avaient reçu le soutien d’une dizaine d’organisations d’enseignants, de parents d'élèves et de syndicats étudiants et lycéens. En Ile-de-France, le ministère a relevé 16% de grévistes chez les enseignants. 

 A Paris, la foule qui se pressait dans le RER en direction de Luxembourg laissait présager une participation massive à la manifestation lycéenne. A la veille des vacances de printemps dans deux des trois zones, les lycéens étaient entre 19 000 selon la police et 30 000 à 40 000 selon les organisateurs à s’être rassemblés dans les rues de la capitale. Quarante ans après mai 68, le mouvement lycéen commence à prendre de l’ampleur et à s'installer.

Esprit festif

Mêmes revendications, mêmes slogans et même énergie que lors des rassemblements précédents, mais mobilisation inédite. Jeudi, les manifestants étaient deux fois plus nombreux que lors du rendez-vous de mardi. Une montée en puissance qui satisfait les syndicats organisateurs avant l’audience prévue le avec le ministre Xavier Darcos le 11 avril 2008. Toujours pas « fatigués » après un mois de mobilisation, les lycéens militent contre les 11 200 suppressions de postes d’enseignants prévues pour la prochaine rentrée.

« Rendez-nous nos profs ! », pouvait-on entendre dans le cortège, encadré par les lycéens eux-mêmes et les forces de police. Manifestement les organisateurs craignaient des débordements qui viendraient décrédibiliser le mouvement. La foule est maintenue au milieu de la rue, pour que le rassemblement reste une « fête de protestation. »  

Des étudiants dans le cortège

Seules quelques nouvelles têtes sont venues grossir les rangs, répondant à l’appel d’une quinzaine de syndicats d’enseignants, d’étudiants et de parents d’élèves. Faible mobilisation étudiante puisqu’ils étaient « une centaine » à marcher sous les banderoles de l’UNEF et de Sud. Sophie Binet, vice-présidente de l’UNEF justifie : « On sait que ce n’est pas la bonne période pour les étudiants qui préparent leurs examens mais on tient à montrer notre soutien aux lycéens et à défendre le service public de l’éducation. En réduisant les postes, c’est notre avenir que le gouvernement attaque. » Les étudiants ne veulent pas pour autant prendre le mouvement à leur compte. « On ne veut pas être paternaliste. Ils n’ont pas besoin de nous pour être crédibles, même si le ministre semble prendre cela comme une crise d’adolescence. »  


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