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Mastérisation : la CPU suspend sa participation à la commission Marois-Filâtre


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La Conférence des présidents d'université (CPU) a suspendu, mercredi 10 juin 2009, sa participation à la commission dite « Marois – Filâtre » (désormais sans Daniel Filâtre, président de l’université Toulouse 2 ), de concertation sur la réforme de la formation et du recrutement des enseignants. En cause : les décrets d’application de la réforme, qui coupent l’herbe sous le pied de cette instance de réflexion.

La coupe est pleine. « Prenant acte de ce que le ministère de l’Education nationale refuse de revenir sur les dispositions permanentes des décrets relatifs au recrutement des enseignants, et dans la mesure où ces dispositions permanentes anticipent le résultat des travaux de la commission Marois/Filâtre », indique la Conférence des présidents d’université (CPU) dans un communiqué du 10 juin 2009, cette dernière a décidé de suspendre sa participation à la commission, en charge de la concertation sur la réforme de la mastérisation.
 
Ce n'est pas une surprise. La CPU menaçait déjà de quitter la commission dès le 28 mai 2009 . Les raisons du désaccord ? Les fameux décrets d’application de la réforme, déjà présentés devant le CTPM (Comité technique paritaire ministériel de l’éducation nationale) fin mai, et qui devraient passer devant le Conseil Supérieur de la Fonction Publique d'État le 12 juin., a confirmé Xavier Darcos le même jour.

Des dispositions en contradiction avec une réflexion sur la mastérisation

Dans ces décrets, la CPU conteste, non pas les mesures transitoires (pour l’année 2009-2010), mais les trois dispositions « permanentes » (1) (pour l’année 2010-2011 de mise en œuvre de la future réforme).

L’interrogation est simple : pourquoi nommer une commission de concertation visant à remettre à plat la réforme de la formation des enseignants si les choix sont déjà faits par avance, avec ces décrets ? Un camouflet que la CPU pouvait difficilement laisser passer. Après « 6 mois très difficiles dans nos établissements » et « une sérénité qui était en train de revenir », le geste est pour le moins « très maladroit », selon Lionel Collet, président de la CPU.

La CPU veut continuer sans la commission

La Conférence n’a pour autant que « suspendu » sa participation. Elle pourrait ainsi revenir à la table à condition que ces décrets contestés ne soient pas publiés. Elle compte d’ailleurs pour l’instant poursuivre le travail de réflexion et de concertation « indépendamment », « en accord avec les conférences de directeurs d’IUFM, de lettres et de sciences ».

Elle garde également la main tendue vers le ministère, se déclarant « ouverte » aux propositions susceptibles de « rétablir un dialogue paritaire ministère de l’Education nationale / ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche », indique-t-elle dans son communiqué. Chose pour le moins étonnante, le ministère de Valérie Pécresse se retrouve presque absent de la table sur ces décrets contestés.

La réponse alambiquée de Darcos

« J’aime bien la CPU, mais je pense surtout aux étudiants. Il faut que le dispositif soit en place au point de vue technique » d’ici la fin de l’année 2009, a répondu Xavier Darcos aux journalistes lors de sa conférence de presse mercredi 10 juin, à propos de la décision de la CPU de quitter la commission Marois-Filâtre.

Une explication pour le moins étrange. La CPU conteste en effet uniquement les mesures dites « permanentes » (pour 2010–2011), qui ne concernent donc pas les « étudiants » pressés de connaître leur sort pour l’année prochaine et dont Xavier Darcos se soucie. Une erreur du ministre ?

(1) L'inscription en master 2 pour se présenter au Capes, l'obtention d'un master complet pour l'agrégation et le devenir des étudiants ayant eu le concours mais pas de master.


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