Médecine : les externes se sentent mal formés et exploités

Virginie Bertereau
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Une enquête de l’ANEMF tire la sonnette d’alarme sur les conditions d’études des externes (les étudiants de la quatrième à la sixième année en médecine) et le vide juridique qui entoure leur statut.

Être externe en médecine, c'est être à la fois étudiant et salarié d'un CHU (centre hospitalo-universitaire). Or, l'ANEMF (Association nationale des étudiants en médecine de France) dénonce le vide juridique qui entoure cette situation particulière. L'association, en négociation avec le ministère de la Santé, réclame aujourd'hui un vrai statut d'externe pour clarifier ses devoirs mais aussi ses droits (protection sociale, rémunération adéquate, droit de grève, etc.) comme tout agent de service public hospitalier. Elle attend un retour de Marisol Touraine, la ministre, pour le 30 janvier 2013.

Le sentiment d'être exploités en stage

Pour appuyer ses revendications, l'ANEMF se base notamment sur une enquête à laquelle ont répondu 29 % des externes (environ 7200 étudiants). Le sondage révèle que plus d'un étudiant sur deux se sent exploité en stage et 60% s'y trouvent mal formés. « Brancardage, service des petits déjeuners, secrétariat de l'interne... Les missions qu'on leur confie les éloignent parfois des patients. Or, un externe n'est pas à l'hôpital pour compenser le manque de personnel », explique l'ANEMF. En outre, un tiers d'entre eux ne bénéficie pas du repos de sécurité après une garde de nuit.

Un salaire maximum de 277 € brut par mois

Les revendications de l'ANEMF portent également sur la rémunération des étudiants et leur temps de travail. « Aujourd'hui, la vie d'un étudiant en médecine coûte 1081,46 € par mois. Pourtant, il est payé au maximum 277,55 € bruts mensuels pour (en théorie) 20 heures de travail par semaine », indique l'enquête de l'ANEMF. En outre, les étudiants de quatrième année qui redoublent ne sont plus payés. Pour subvenir à leurs besoins, 19 % des externes occupent donc un emploi salarié en marge de leurs stages.

20 % ont pensé au suicide

Ces conditions de formation, associées au sentiment de manque de loisirs, plus généralement de vie privée, ne sont pas sans conséquences sur le moral des étudiants. Ainsi, environ la moitié des externes ont déjà pleuré à cause leurs études et estiment avoir besoin d'un soutien psychologique. Plus grave, 20 % d'entre eux ont déjà pensé au suicide pendant leur deuxième cycle.

Le numerus clausus 2012-2013 de médecine n'augmente pas

Le numerus clausus 2012-2013 en médecine a été publié au Journal officiel du 11 janvier. Celui-ci s'élève à 7492 places en deuxième année contre 7500 en 2011-2012. En décembre 2011, Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, avait parlé de porter ce nombre à 8000. Les organisations étudiantes et les doyens des facultés se félicitent plutôt de cette « non-augmentation ». Les conditions d'études étant déjà difficiles, le nombre de collés étant toujours important, une stagnation du numerus clausus leur semblent plus sage.
De même, les numerus clausus en sage-femme (1016), pharmacie (3095) et odontologie (1200) restent stables par rapport à 2011-2012.

Virginie Bertereau | Publié le

Vos commentaires (10)

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Antoine D3.

Cher monsieur je crois que lorsque l'on connaît aussi peu ce dossier on s'abstient de vomir ce genre de commentaire. Sachez que ces étudiants à qui on "fourni" un logement, dans lesquels vous n'aimeriez certainement pas vivre ne sont pas des externes mais des internes, ont au minimum 6 ans d'études, parfois plus de 10; ont par ailleurs des responsabilités de cadre supérieur, ont un rythme de travail que vous ne tiendriez pas deux semaines pour un salaire inférieur au smic horaire. En ce qui concerne les externes il n'ont pas plus que les autres étudiants un logement fourni et leur rémunération est 10 fois inférieure à celles des personnes, certes moins nombreuses, qu'il faudrait embaucher pour effectuer le travail de ces étudiants corvéables à merci qui ont déjà pourtant un conséquent bagage universitaire. Allez donc tenir ce discours à d'autres étudiants, beaucoup plus nombreux qui s'éternisent pour des raisons diverses dans des cursus qui ne les mèneront nulle part ou qui obtiennent des diplômes qui, eux, ne profiteront jamais à la société pécunièrement.

lololo.

bonjour, l'externat c'est vraiment de l'exploitation ! LEVEZ VOUS MANIFESTEZ

pac.

faisons stagner le numérus et faisons venir tjr plus de médecin étranger vous avez bien raison après tout ça revoit le salaire des futurs médecins du public à la baisse ! Et sans parler de l'impact auprés des patients quand ils se tapent des médecins dont ils ne comprennent rien car ça fait 6 mois à peine qu'il est en france, la relation médecin malade ne devient-elle pas plus inégalitaire encore, paternaliste comme à l'ancien temps, enfin on nous enseigne des choses qui ne sont franchement pas respectés, c'est l'hypocrisie française bien connue, l'état veut économiser encore sur le dos des français malades en plus quelle honte ! Je suis externe, je trouve qu'il faudrait surtout encadrer les horaires des externes, le salaire on s'en fou si on est pas exploité à bosser des heures et des heures.

lahmar.

Il ne faudrait surtout pas générer la mauvaise prudence .

Armin.

Bonjour, moi j'avais entendu parlé des prépas privées avant d'entrer en PAES, et en faisant des recherches, je suis tombé sur une prépa qui donne des cours et vous préparent aux concours en terminale...je la recommande, pour ceux que cela intéresse, elle s'appelle antémed. Bonne chance !

Antoine.

Ces chiffres sont vraiment alarmant ! Moi ça me fait très peur tout ça... Je me demande quel avenir se prépare pour les futurs externes !

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