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Les Mooc, FUN et bientôt payants ?


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Lancement de cours en ligne gratuits sur le portail internet de France universite numerique, du ministere de l'education.
Les certifications payantes pour certains Mooc seront lancées d'ici avril 2016. // ©  LANIER/REA

La plateforme publique de Mooc, FUN ne peut plus se contenter des dotations publiques et des cotisations de ses établissements membres. Dans un rapport sur le développement des Mooc, rendu public le 4 février 2016, France Stratégie propose d'aller vers la certification payante.

Gratuits pour ceux qui les suivent, les Mooc sont pourtant onéreux à produire. Le rapport de France Stratégie, instance sous la tutelle du Premier ministre, propose de réfléchir à l'évolution du modèle économique des Mooc, à l'image de ceux qui se développent à l'étranger, notamment aux États-Unis.

L'objectif du Commissariat général à la stratégie et à la prospective est de rendre la plateforme FUN plus ouverte aux nouveaux usages, "en particulier la monétisation et la certification".

la Certification payante en gestation depuis 2013

L'idée de faire payer les certifications, comme Coursera, l'entreprise américaine (à but lucratif) et ses "verified certificates", n'est pas nouvelle.

"Dès 2013, dans les statuts du GIP qui pilote aujourd'hui la plateforme française, il était écrit que nous devions chercher à développer nos ressources propres en dehors des cotisations des membres", précise Catherine Mongenet, directrice du GIP FUN-Mooc.

Trois axes ont été privilégiés pour rentabiliser les Mooc sur FUN : la certification payante, la réutilisation des Mooc en Spoc par les professeurs dans leurs cours, et la réutilisation des Mooc en Spoc (small private online courses) pour la formation professionnelle en entreprise. Le Cnam développe déjà des Spoc payants pour les entreprises.

"Les certifications payantes pour certains Mooc seront lancées d'ici d'avril 2016. C'est une demande forte de la part des apprenants, nous essayons donc d'y répondre", précise la spécialiste des Mooc. Le prix de ces certifications devrait se situer dans la même fourchette que les plateformes américaines, soit entre 50 et 60 euros pour "assurer une surveillance en ligne des apprenants durant les examens."

un outil du Soft Power

France Stratégie propose également de créer une "plateforme européenne" commune. L'offre de Mooc issue d'établissements européens est très éparpillée et les plateformes européennes sont avant tout nationales. Le marché des Mooc, ces puissants objets de soft power des établissements, reste largement dominé par les Américains.

En août 2014, "un Mooc sur quatre seulement provenait d'une institution européenne", souligne le rapport. En France, la différence est encore plus significative : "seulement 3% des universités mettent en ligne des cours, contre 80% des universités aux États-Unis."

Pour être compétitives face aux plateformes américaines, "une initiative européenne pourrait ainsi voir le jour en prenant appui sur l'offre des institutions européennes les plus reconnues." "Difficile à réaliser", estime Catherine Mongenet.

"Je vois mal comment les universités et les pays qui ont investi financièrement dans leur plateforme nationale – Futurelearn (Grande-Bretagne), Iversity (Allemagne) et MiriadaX (Espagne) — pourraient y renoncer. D'autant que les technologies sont différentes. L'idée d'un portail européen agrégateur de contenu serait plus réaliste." Mais en 2012, quand les Mooc sont apparus, l'Europe n'a pas pris le train en marche...

Le modèle américain doit-il être dupliqué en France ? Pas forcément, pour Catherine Mongenet. "Nous sommes dans une logique de service public, on ne lorgne pas sur le modèle de capitalisation d'une plateforme comme Coursera."

Les quatre propositions par France Stratégie
- Diversifier le modèle économique de la plateforme FUN : pérenniser le soutien de l'État, tout en développant les modes de monétisation des Mooc et miser sur le marché de la formation continue.

- Développer la certification et la personnalisation de l'offre : développer les modes d'enseignements mixtes et créer une offre plus flexible et plus personnalisée.

- Miser sur l'innovation pédagogique par le numérique : faire des Mooc des vecteurs d'innovation pédagogique et expérimenter les usages du big data pour améliorer la pédagogie.
 
- Promouvoir l'enseignement supérieur français : cibler l'espace francophone et envisager une plateforme européenne commune.

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Grimont Lucas.

Webmaster d'Annuaire MOOC, je check toutes les semaines les évolutions, nouvelles plateformes et nouveaux mooc depuis plus d'un an. Pour ma part, je trouve que la France avance beaucoup plus vite dans ce domaine que ses voisins anglais, italiens, allemands... (les espagnols pas sûr, Miriada X relève bien la barre). Une plateforme européenne ça serait top... mais qui la gèrerait ? Un organisme de l'UE, une association... par quel Pays ? Je suis absolument fan des MOOCs et croit beaucoup en eux. Malheureusement, il n'y a pas de cohésion, chacun fait sa sauce dans son coin et espère capter le plus de PdM possible. Les modèles économiques évoluent, les options payantes et spoc se répandent vitesse grand V. Les MOOCs ont un potentiel incroyable, celui de réellement démocratiser l'accès à l'éducation ! Mais, ça reste un gros business pour les entreprises privées et des enjeux politiques pour le public... Je reste donc très pessimiste vis à vis d'une plateforme fédérant les universités européennes. Les enjeux de réputation, visibilité etc... me semblent trop importants pour qu'un accord soit trouvé.

ALLALI.

L'approche de valoriser les Moocs sous un angle financier ou économique tend réellement à dévier la raison initiale de la création des Moocs.Mais dans ce contexte vous avez ignoré la rive sud et entre autres les pays de la francophonie.Une grande masse de cette population s’intéresse a développer ces compétences et un savoir faire affirmé,les Moocs seraient une meilleure opportunité.Un regard averti vers ce monde serait souhaité par les décideurs de ces projets , par des solutions adaptées

Sophie TOUZÉ.

Je suis d'accord avec Catherine et Thierry même si par experience les solutions techniques finissent toujours pas arriver. L'essentiel réside dans la volonté commune d'oeuvrer ensemble. Et si l'Europe n'a pas su fédérer, il n'est jamais trop tard. FUN FUTURE LEARN et IVERSITY voulaient exister et l'europe ne pouvait pas rivaliser. Aujourdhui c'est different et une plateforme de MOOC européens investie donnerait une belle visibilité à l'excellence des universités européennes. Elle aurait des financements tout trouvés. Il faut pour cela réunir les acteurs et discuter avec l'UE. La piste européenne a du sens, la piste francophone aussi et la Francophonie est prête. Pour moi l'un n'empêche pas l'autre. Tout comme l'open gratuit et le payant fermé peuvent coexister. Une offre Open MOOC telle que mon consortium Open Education experimente avec EdX attire des financements philantropiques et tout est à faire en Europe et en France.

Matthieu Cisel.

A noter qu'il y a eu des initiatives européennes comme la plate-forme ECO Learning et EMMA ...

Yves Epelboin.

Je confirme les informations de Thierry. Il n'y a eu aucune intention au niveau de Bruxelles de créer, au début des MOOC, une plateforme Européenne. C'est maintenant trop tard. D'autre part offrir des MOOC gratuits, c'est très bien mais ils ont un coût qui s'établit dans une fourchette 30 000 € - 90 000 € selon la complexité de sa réalisation. Cela comprend bien évidemment les coûts réels de personnel car on ne peut pas toujours compter uniquement sur le volontariat. Il faut donc trouver des sources de financement.

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