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Trois initiatives européennes à la loupe

Dossier réalisé par Mathieu Oui
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D’origine privée ou portées par un regroupement d’établissements, plusieurs initiatives européennes montrent la variété des réponses européennes à l’offre des plates-formes américaines. Zoom sur trois exemples.

OpenupEd, un portail européen

Lancé officiellement en avril 2013, par l’Association européenne des universités d’enseignement à distance (en anglais EADTU), avec le soutien de la Commission européenne, OpenupEd se présente comme la seule initiative paneuropéenne en matière de MOOC. "Plutôt qu’une plate-forme de MOOC, il s’agit d’un portail donnant accès aux différentes plates-formes des partenaires", précise Fred Mulder, titulaire d’une chaire UNESCO en ressources éducatives ouvertes à l’université ouverte des Pays-Bas.

Parmi les premiers partenaires, le ministère de l’Enseignement supérieur français, mais aussi des universités européennes proposant des formations à distance (Pays-Bas, Lituanie, Espagne, Royaume-Uni, Portugal, Slovaquie…). La Russie, la Turquie et Israël sont également intéressés par le projet. L’offre s’élève à 80 cours en une douzaine de langues, avec des possibilités de certificats et de délivrance de crédits ECTS. La participation des institutions au portail repose sur le respect de plusieurs critères, notamment l’appartenance à des établissements nationaux accrédités et respectant une charte de qualité.

Future Learn, la plate-forme britannique

Lancé officiellement en octobre 2013, Future Learn rassemble 26 partenaires, britanniques pour la plupart. Si l’on compte plusieurs grandes universités du Russell Group (King’s College, Sheffield, Birmingham…), d’autres comme Oxford, Cambridge ou l’Imperial College n’en sont pas membres.

En dehors du Royaume-Uni, sont parties prenantes l’université de Monash (Australie), l’université d’Auckland (Nouvelle-Zélande) ou le Trinity College de Dublin. Également partenaires : le British Council, le British Museum et la British Library.

À la différence de France université numérique (FUN), cette plate-forme portée par l’Open University britannique ne repose pas sur un financement public. Une vingtaine de cours sont annoncés, consacrés à des thèmes aussi variés que le changement climatique, les musulmans en Grande-Bretagne, la programmation informatique, le cancer, mais aussi Hamlet, les drogues et addictions, ou encore l'Angleterre au temps du roi Richard III… "C’est définitivement un outil marketing des universités britanniques pour se faire connaître largement au-delà du pays", analyse William Lawton, directeur de l’Observatoire sur l’enseignement supérieur sans frontières (OBHE).

Un outil marketing des universités britanniques pour se faire connaître largement au-delà du pays (W.Lawton)

L'allemande Iversity mise sur la délivrance des ECTS

Fondée en 2011 à Berlin, la plate-forme Iversity a proposé ses premiers cours en ligne au mois d’octobre 2013, avec un enseignement sur l’architecture contemporaine. Financée par des fonds publics européens et des entreprises privées (Deutsch Telecom, groupe BMP media…), la start-up a lancé un appel à création de MOOC auprès d’enseignants-chercheurs, avec à la clé 25.000€ par projet récompensé. Au final, dix projets ont été retenus. "Nous avons reçu plus de 250 dossiers d’une vingtaine de pays", annonce le jeune et ambitieux cofondateur et directeur d'Iversity, Hannes Klöpper.

24 cours sont prévus pour l’année 2013-2014, dont une dizaine est en ligne dès 2013. Leurs enseignants sont rattachés à des universités et Fachhochschulen (universités de sciences appliquées, proches de nos IUT) allemandes, mais viennent également de l’université de Catane, de l’université autonome de Madrid, de l’université d’Utrecht…

Le responsable d’Iversity parie sur un développement dans les prochaines années à travers la délivrance de crédits ECTS. "Les bases légales pour un authentique marché commun des crédits académiques existent", soutient Hannes Klöpper. Actuellement, trois cours délivrés en allemand permettent d’obtenir des crédits ECTS. Après avoir suivi le cours en ligne, l’élève doit passer un examen auprès de l’enseignant responsable du cours. Iversity conseille toutefois aux élèves de "vérifier auparavant auprès de l’université d’origine qu’elle acceptera ces crédits".

Pour en savoir plus
Consulter les sites des projets :
OpenupEd
Future Learn
Iversity

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