Orientation : l’académie de Versailles se lance dans une nouvelle approche

Florian Dacheux
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Orientation : l’académie de Versailles se lance dans une nouvelle approche
Charline Avenel, rectrice de l’académie de Versailles, et François Germinet, président de Cergy Paris Université, lors d’une réunion avec différents acteurs de l’orientation le 25 février au lycée Jeanne D’Albret de Saint-Germain-en-Laye. // ©  Florian Dacheux
L’académie de Versailles et CY Cergy Paris Université viennent d’officialiser LyLi, un nouveau réseau d’orientation pour faire le lien entre le lycée et l’enseignement supérieur. D’autres mesures ont également été prises pour mieux préparer les élèves face à leurs perspectives d’avenir.

Bien s’orienter n’a jamais été un exercice aisé et nombreux sont les étudiants qui chaque année se retrouvent perdus dans une filière qu’ils ont parfois choisie par défaut. Alors que 85% de nouveaux métiers d’ici 2030 ne sont pas encore connus selon une récente étude de Pole Emploi, la question de l’orientation reste plus que jamais essentielle dans l’Hexagone.

Pour lutter contre cette problématique de l’orientation scolaire régulièrement sujette aux inquiétudes et aux préoccupations, le ministère de l’Education nationale, décidément engagé dans de grandes transformations, entend enclencher une nouvelle dynamique en faveur d’une meilleure découverte des formations et des parcours dans l’enseignement supérieur.

LyLi, le chaînon manquant

C’est dans ce contexte que l’académie de Versailles vient de prendre des mesures à destination de l’ensemble des acteurs. A commencer par le projet expérimental LyLi (lycée-licence), un nouveau réseau d’orientation financé par l’Etat à hauteur de 3 millions d’euros sur dix ans, dans le cadre de l’action "Territoires d’innovation pédagogique".

PIA 3 : des millions pour l'orientation

Lauréat du programme d’investissements d’avenir (PIA) opéré par la Caisse des Dépôts, ce dispositif vise à déployer un réseau très dense d’acteurs autour de la continuité entre le lycée et l’enseignement supérieur. L’expérimentation couvrira plus de 70 lycées dans l’ensemble du Val d’Oise, le nord des Yvelines (cinq bassins) et le bassin de Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine.

Concrètement, cet ambitieux réseau entend notamment mettre en place des "continuums cours magistraux" pour pré-valider des ECTS dès le lycée (validation anticipée d’une matière du premier semestre de licence), des "continuums TD/TP" encadrés par les enseignants du secondaire et du supérieur ou encore des "continuums redoublants" pour les élèves ayant échoué au bac (cours au lycée le matin dans les matières non validées ; cours à l’université l’après-midi).

"Le but est d’encourager l’harmonisation des actions pour agir plus efficacement en faveur du public cible, explique Charline Avenel, la rectrice de l’académie de Versailles. Il s’agit de construire le chaînon manquant entre le lycée et la licence au sens large. C’est une approche territoriale qui nous permet de travailler d’abord finement à petite échelle."

Au tour de Kevine Kasombo, chef de projet LyLi, d’ajouter : "Une fois que la méthodologie sera bien affinée, nous déploierons le dispositif sur d’autres territoires tels que La Réunion et Mayotte."

Lutter contre les stéréotypes

Dans cette idée d’accompagner les élèves à construire un parcours qui leur est propre, le réseau LyLi compte créer du lien entre les attendus des formations du supérieur et les spécialités du lycée en s’appuyant sur des acteurs spécifiques. Outre les CIO locaux, acteurs de l’emploi et autres collectivités territoriales, des associations ont été sélectionnées pour lutter contre les stéréotypes et booster la confiance en soi, dont les associations Elles Bougent, l'AFEV ou encore Apaches.

PIA 3 : l'orientation postbac bénéficie d'un appel à projets

"Il y a un niveau d’auto-censure et un manque d’accompagnement sur le volet connaissance de soi, note pour sa part François Germinet, président de Cergy Paris Université. Un élève va par exemple aller vers un BTS alors qu’il peut envisager une classe prépa ou se projeter vers un master. D’autres se rassurent par une première année à la fac. Renforcer le lien est le premier objectif de LyLi. On a beaucoup de dispositifs nationaux, régionaux, privés, publics. Ils sont tous utiles mais fonctionnent trop en autarcie."

Davantage de temps accordé à l’orientation

Près de 240 formateurs seront déployés dans l’académie de Versailles dès janvier 2021, soit dix dans chacun des 24 bassins, afin de former l’ensemble des personnels des établissements. "Dans la continuité de la réforme du lycée et du bac, il faut œuvrer depuis la classe de seconde, voire de la troisième, jusqu'à bac+3, insiste Charline Avenel. Les professeurs, chacun dans leurs disciplines, ont un rôle à jouer pour aider les élèves à identifier leurs envies et leurs capacités."

Une des clés ? Le temps. Pour ce faire, les élèves en lycée général disposeront de 54h par an pour se consacrer à leur orientation tandis que leurs homologues en lycée professionnel auront entre 84h et 91h avec l’intégration en terminale de modules dédiés. L’académie de Versailles souhaite par ailleurs développer l’attribution d’"Open Badges" numériques attestant des engagements des élèves tout au long de leur vie scolaire ainsi que l’obtention de certificats de compétences (PIX, langues vivantes). Sans oublier l’important volet de l’égalité des chances qui fait l’objet d’un appel à projets de l’académie de Versailles.

Autant d’outils à optimiser et à articuler entre eux afin d’améliorer significativement la réussite dans le supérieur, en STAPS et en psychologie par exemple. Est-ce que la mayonnaise prendra ? A suivre.


Florian Dacheux | Publié le

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