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À l'Ouest, l'heure du rapprochement a sonné pour écoles et universités

Morgane Taquet
Publié le
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Université Rennes 1 - BU de droit, économie et gestion © UR1 – Dircom – Gaëlle Le Page -oct 2012
Les universités de Rennes 1 et Rennes 2 envisagent de créer dès 2019, avec l'ENS, Chimie Rennes, Sciences Po et l'INSA, une nouvelle université intégrée "de type expérimental". // ©  UR1
Entre fusion d'écoles d'ingénieurs, rapprochement d'universités et recherche d'un nouveau modèle de gouvernance… À l'Ouest, le paysage de l'enseignement supérieur est en pleine reconfiguration. Des stratégies menées notamment sous l'impulsion des programmes d'investissements d'avenir.

Un vent nouveau souffle sur les universités et écoles de l'Ouest de la France. Depuis quelques semaines, les annonces se multiplient, chacune concourrant à redessiner, à sa façon, le paysage de l'enseignement supérieur local. Du côté des écoles d'ingénieurs d'abord : issu de la fusion des Mines Nantes et de Télécom Bretagne au 1er janvier 2017, IMT Atlantique réfléchit désormais à un rapprochement avec l'ENSTA Bretagne. Côté universités ensuite, Brest et Lorient viennent d'annoncer un rapprochement stratégique en termes de formations, de thématiques mais aussi de mise en commun de laboratoires de recherche.

Prélude d'une fusion, projet revenant régulièrement sur le devant de la scène ? "Il n'en est pas question pour le moment, répond Jean Peeters, président de l'UBS (université Bretagne-Sud), dont l'un des trois campus est installé à Lorient. Avec l'UBO (université Bretagne-Occidentale), nous sommes très pragmatiques. Nous réfléchissons non pas en termes de structure mais de projet. Je ne sais pas s'il y aura des injonctions un jour en ce sens, mais aujourd'hui, avec la visibilité actuelle, la fusion n'est pas à l'ordre du jour." 

Une vision partagée par Matthieu Gallou, président de l'UBO : "Les fusions qui fonctionnent sont construites sur des complémentarités entre les formations et la recherche, et non celles basées sur la redondance." À l'heure actuelle, les deux établissements sont pluridisciplinaires.

LE PIA 3 EN TOILE DE FOND

Derrière ce rapprochement, une stratégie claire : se structurer autour du projet "mer", porté un temps par le projet Isite "Brest Universeatech", recalé lors de la deuxième vague d'appel à projets Idex et Isite, "mais très bien noté", pointe le président de l'UBO.

Alors que le PIA 3 vient d'être officiellement lancé, les universités espèrent bien décrocher le label École universitaire de recherche, en déposant un dossier à finaliser pour juin 2017. "L'institut de recherche sur la mer est un objet très collaboratif entre nos deux universités, un projet sur lequel nous partageons nombre de laboratoires, de thématiques de recherche, un labex mer UBO/UBS, etc. C'est un candidat sérieux pour le PIA 3", avance Matthieu Gallou.

Cette alliance marque également la volonté des universités de se structurer, alors que des rapprochements s'organisent à Nantes et Rennes, tout comme les établissements du Mans et d'Angers. "Nous observons un renforcement de la logique territoriale, nous ne pouvons pas dire que nous n'y prêtons pas attention", admet Jean Peeters.

Nous observons un renforcement de la logique territoriale, nous ne pouvons pas dire que nous n'y prêtons pas attention.
(J. Peeters) 

LE PÔLES RENNAIS renforcé

Début février, l'université de Nantes et Centrale Nantes ont en effet annoncé un projet de rapprochement d'envergure : les conseils d'administration des deux établissements ont acté le rapprochement, en janvier 2019, de leurs filières scientifiques, créant ainsi un pôle "sciences" qui comprendrait également Polytech Nantes et trois IUT. Le pôle pourrait prendre la forme d'un EPSCP (établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel), à condition, toutefois, qu'un assouplissement du code de l'éducation soit acté.

À Rennes, où le projet de fusion de Rennes 1 et Rennes 2 avait été enterré en 2015, un rapprochement inédit se dessine, mêlant les deux universités,  l'ENS, Chimie Rennes, l'INSA et Sciences Po. Objectif annoncé : la création, dès 2019, d'une nouvelle université intégrée "de type expérimental". "Outre les compétences propres à une université qui se mettront progressivement en place jusqu'à la création [de la structure]en 2019, [les universités et écoles impliquées] ont également adopté le principe de la mise en œuvre, dès 2017, d'une signature unique des publications scientifiques", indiquent les établissements dans un communiqué commun, publié le 10 février 2017.

D'autres établissements du territoire – tels qu'Agrocampus Ouest, l'EHESP, CentraleSupélec, l'ENSAI, IMT Atlantique, le CHU de Rennes, l'Inra, l'Inria, l'Inserm et l'Irstea – seront également partenaires du regroupement.

Cette dynamique est largement amorcée par la structuration autour de la candidature Isite ForUniv, que les porteurs de projet espèrent voir labelliser. Label jamais obtenu lors des précédentes vagues Idex/Isite. Ils défendent d'ailleurs leur position cette semaine devant le jury international Idex/Isite, dans le cadre de la dernière et ultime phase du PIA 2. Réponse attendue vendredi 24 février.

Quelle place pour la Comue Bretagne-Loire ?
Dans cette restructuration du paysage à l'Ouest, quid de la Comue Université Bretagne-Loire, présidée par Pascal Olivard ? Forte de 27 membres, elle a annoncé début février prendre sous son aile 10 nouveaux établissements du territoire. Se pose alors la question du rôle d'un tel regroupement.

Réfutant le terme de coquille vide, Jean Peeters assure que "les établissements ont besoin de coordination, exemples avec les projets européens mutualisés. Mais dans le paysage actuel, il est fort possible que le rôle des Comue soit amené à évoluer."

Morgane Taquet | Publié le

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