Ouverture sociale des grandes écoles : "premiers résultats encourageants" pour la CGE

Sylvie Lecherbonnier
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Ouverture sociale des grandes écoles : "premiers résultats encourageants" pour la CGE
L’année 2010 a commencé par une polémique sur l’ouverture sociale des grandes écoles, elle se termine par un livre blanc remis par la CGE (Conférence des grandes écoles) à Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, mardi 14 décembre. Peu de propositions révolutionnaires dans ce document, mais un état des lieux de l’implication des grandes écoles en faveur de l’égalité des chances.

La CGE fait état de « premiers résultats encourageants ». 61% des écoles membres de la CGE comptent plus de 30% d’étudiants bénéficiaires d’une bourse sur critères sociaux (bourses CROUS et autres). Plus de 30% des établissements ont entre 20% et 30% de boursiers. Si l'on s’en tient à l’indicateur « boursiers du CROUS », 32,5% des écoles comptent plus de 30% de boursiers CROUS et plus de 40% des écoles sont entre 20 et 30% de boursiers et pourraient atteindre 30% dès cette année.

61% des écoles membres de la CGE comptent plus de 30% d’étudiants bénéficiaires d’une bourse sur critères sociaux

Les écoles d’ingénieurs et de management les plus sélectives se situent, elles, dans la tranche de 20% à 30% de boursiers, dont 10% à 20% de boursiers du CROUS. Les écoles consacrent désormais un budget pour aider leurs étudiants à financer leurs études : 40% des écoles allouent entre 100 000 et 500 000 euros par an à ce sujet, 27% plus de 500 000 euros.

10 000 lycéens tutorés, 100 000 touchés

Parmi les différentes actions engagées, la CGE insiste plus particulièrement sur les programmes mis en place avec les collèges et les lycées. Pour elle, « les programmes de tutorat ont fait leurs preuves ». En 2009-2010, une école sur deux fait partie d’un projet labellisé « cordée de la réussite », 129 écoles de la CGE sont têtes de cordée. Les grandes écoles vont tutorer cette année 10 000 lycéens et en toucher près de 100 000 à travers les diverses actions menées.

« les programmes de tutorat ont fait leurs preuves »

30% des écoles mènent également des actions d’accompagnement de collégiens. Un millier d’élèves sont concernés. Le tutorat concerne aussi les étudiants des grandes écoles eux-mêmes. 36% des établissements ont mis en place des dispositifs d’accompagnements de leurs élèves les plus fragiles.

Valérie Pécresse attend des propositions concrètes en février 2011

Pour la Conférence, « la première étape est franchie aujourd’hui, notamment avec les Cordées de la réussite qui ont fait pénétrer les grandes écoles sur des terrains qui n’étaient a priori pas les leurs, au lycée et au collège. » Et de poursuivre : « aujourd’hui, nous sommes entrés dans une nouvelle séquence : adapter les pratiques des écoles dans leurs modalités de recrutement et dans certaines pratiques pédagogiques. » Pour aller plus loin, la CGE émet plusieurs propositions : la généralisation des Cordées de la réussite, la création de pôles d’excellence dans chaque collège et lycée, l’idée d’une « loi TEPA étudiante » pour permettre aux étudiants de travailler une douzaine d’heures par semaine sans charges sociales ni impôt ou la possibilité pour les étudiants de défiscaliser 50% des frais de scolarité, entre autres.

Valérie Pécresse demande d’ores et déjà aux grandes écoles d’aller plus loin. Elle attend « des propositions concrètes d’ici février 2011, déclinées par établissement et étayées d’objectifs chiffrés dans quatre domaines : la montée en puissance des formations en alternance, l’évolution des épreuves de concours, la valorisation de la voie technologique et le développement des admissions parallèles ». L’objectif de 30% de boursiers dans les grandes écoles reste également toujours de mise.

Les concours d’entrée aux grandes écoles en question
Près de la moitié des grandes écoles ont déjà lancé des études ou des expérimentations pour faire évoluer leurs procédures d’admission, selon le livre blanc. Pour la CGE, il existe aujourd’hui « un trop faible taux de candidats issus de milieu modeste aux concours d’entrée dans les grandes écoles » qui freine leur ouverture sociale. Pourtant, les étudiants d’origine modeste qui postulent ont globalement la même chance d’intégrer une grande école de commerce que les autres étudiants. Pour preuve, en 2009, sur 9 288 inscrits en prépa économique et commerciale, 21% étaient boursiers. Sur les 7 271 candidats admis dans les écoles la même année, 21% étaient également boursiers. Un bémol de taille vient nuancer ces chiffres : « la diversité sociale diminue au fur et à mesure que l’on monte dans le classement et la sélectivité des grandes écoles ».

Ouverture sociale : quelques propositions de la CGE
- généralisation des cordées de la réussite
- création de pôles d’excellence dans chaque collège et lycée
- une « loi TEPA étudiante » pour permettre aux étudiants de travailler une douzaine d’heures par semaine sans charges sociales ni impôt ou la possibilité pour les étudiants de défiscaliser 50% des frais de scolarité

Consultez le span class="external-link-new-window">livre blanc sur l'ouverture sociale des grandes écoles


Sylvie Lecherbonnier | Publié le