Ouverture sociale : Nicolas Sarkozy réaffirme l’objectif de « 30% de boursiers dans chaque grande école »

Sylvie Lecherbonnier
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Les voeux de Sarkozy à Saclay
Les voeux de Sarkozy à Saclay

Nicolas Sarkozy a réaffirmé sa volonté d’atteindre 30 % de boursiers dans « chaque grande école » mais aussi « dans les études de droit ou de médecine, (…) secteurs où la reproduction sociale est tout aussi importante ». Il a ainsi rappelé cet objectif à l’occasion de ses vœux au monde de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche, lundi 11 janvier 2010 à Saclay dans l'école d'ingénieurs de Supélec.

30% : un objectif, pas un quota

Pour autant, le chef de l’Etat se refuse à « l’instauration autoritaire de quotas de boursiers à l’entrée de chaque institution» : « Je n’accepterai jamais un système où certains candidats seraient reçus à un concours pour la seule raison qu’ils sont boursiers, au détriment d’autres candidats plus méritants et plus travailleurs. »

Le président de la République s’est montré ferme et a demandé à Valérie Pécresse, Luc Chatel et Yazid Sabeg de « conduire dans les semaines qui viennent un dialogue fructueux avec l’ensemble des parties concernées » dont il attend « des résultats concrets et rapides ». « Si on les obtient, le dialogue suffira et sinon il faudra passer par un autre moyen », a renchérit Nicolas Sarkozy, sans préciser de quel moyen il parlait.

Diversifier les modes d’accès aux grandes écoles

Pour le chef de l’Etat, l’augmentation du nombre de boursiers dans les grandes écoles passe par celle du nombre de boursiers dans les classes préparatoires, par les internats d’excellence mais aussi par une diversification des modes d’accès aux grandes écoles (admissions parallèles et ouverture plus grande aux bacheliers technologiques).

Une déclaration qui intervient une semaine après le début de la polémique sur l’ouverture sociale des grandes écoles qui a mis en lumière l’opposition de la CGE (Conférence des grandes écoles) à un système de quotas. Le chef de l’Etat a déclaré « ne pas comprendre [ces] réticences », réticences qu’il juge « invraisemblables et déplacées ». « Les grandes écoles, ce n’est pas réservé à quelques initiés, à quelques enfants de la grande bourgeoisie. Les grandes écoles, c’est pour tout le monde, pourvu que l’on y travaille, pourvu que l’on ait du talent », a-t-il martelé. « L’égalité des chances n’est pas seulement un devoir moral, c’est aussi l’identité de la France. »


Les réactions de Richard Descoings et Pierre Tapie

De manière étonnante, Richard Descoings et Pierre Tapie, qui se sont opposés par médias interposés toute la semaine dernière, se sont montrés tous les deux satisfaits des propos du président de la République. Pour le directeur de Sciences Po Paris, Nicolas Sarkozy a « fait un discours de chef de l’Etat nécessaire au moment où certains semblent penser qu’un trop grand nombre de boursiers ferait baisser le niveau dans les grandes écoles ».
Quant à Pierre Tapie, président de la CGE, il affirme « partager à 100% ce qu’a dit le président » sans vouloir entrer dans les détails et les « questions techniques ». Une charte sur l’égalité des chances devrait être signée entre les différents protagonistes prochainement.


Sylvie Lecherbonnier | Publié le

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