Pap Ndiaye annonce un concours pour titulariser les enseignants contractuels

Thibaut Cojean
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Pap Ndiaye annonce un concours pour titulariser les enseignants contractuels
Le ministre de l'Education nationale était très attendu pour sa première conférence de presse de rentrée. // ©  Eric TSCHAEN/REA
Dans une tonalité toute politique, la conférence de rentrée du ministre de l'Education nationale a été l'occasion d'annoncer plusieurs nouveautés, concernant notamment le métier d'enseignant, leur rémunération, le collège et le lycée professionnel.

Un "concours de titularisation" des enseignants contractuels sera mis en place, pour la toute première fois, au printemps 2023. C'est la principale annonce à retenir de la première conférence de rentrée de Pap Ndiaye, le ministre de l'Education nationale, tenue ce 26 août 2022.

Si les modalités de ce concours "ne sont pas encore arrêtées", le ministre a souhaité en "annoncer le principe" : permettre aux contractuels qui le souhaitent de rejoindre la fonction publique. Interrogé hier au JT de France 2, il précisait que "1% des enseignants dans le primaire et 8% dans le secondaire" sont contractuels, et que cette rentrée accueillera 3.000 nouveaux contractuels sur 850.000 enseignants.

1% des enseignants dans le primaire et 8% dans le secondaire sont contractuels.

Selon lui, une grande majorité des contractuels ont donc déjà une expérience d'enseignement. "Des précisions seront données en temps et en heure" concernant ce concours, a-t-il promis.

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Nouvelle revalorisation du métier d'enseignant

La pénurie de professeurs a été le premier sujet abordé par Pap Ndiaye. Le ministère se tournera notamment vers les listes complémentaires pour combler ces postes vacants. Parmi les candidats refusés au concours, 260 ont déjà été appelés à prendre un poste à la rentrée 2022.

"Il nous faut créer un choc d'attractivité qui permettra à l'EN de recruter davantage grâce à une rémunération attractive et une revalorisation des carrières"

Le ministre a de nouveau promis une amélioration des conditions du métier, afin de créer "un choc d'attractivité". Après avoir annoncé hier qu'aucun nouvel enseignant touchera moins de 2.000 euros nets par mois "dès la rentrée 2023", il a confirmé aujourd'hui que cela concernera toutes les grilles de salaire, donc "les futurs enseignants et ceux qui enseignent déjà".

Renforcement des fonds sociaux et soutien à d'autres métiers en pénurie

Toujours côté personnels, le ministre a évoqué le manque de chauffeurs de cars scolaires, "responsabilité des conseils régionaux". Ce sont en effet "1,2 million d'élèves" qui sont acheminés via un transport scolaire. Pour pallier ce manque, il a annoncé la rénovation du CAP de conducteur de transport scolaire dès la rentrée 2023.

Enfin, il s'est étendu sur l'inflation et le pouvoir d'achat. Rappelant le soutien du ministère aux familles en difficulté, Pap Ndiaye "souhaite le renforcement de 50% des fonds sociaux dès cette rentrée".

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Le collège priorité du quinquennat

Le ministre a ensuite ébauché les projets éducatifs de l'année scolaire, mais aussi du quinquennat à venir. Le collège doit ainsi devenir prioritaire après cinq ans axés autour du primaire et du lycée. "Nous travaillons à un collège qui permette à tous les élèves de progresser en passant par une nouvelle méthode", a-t-il énoncé.

Pour ce faire, il souhaite "engager la réflexion dès cet automne sur le collège et le meilleur moyen de le transformer". Et annonce d'ores et déjà deux heures de sport de plus par semaine, "afin de mieux apprendre et de lutter contre la sédentarité". Une expérimentation sera menée dans 140 établissements volontaires.

Nous travaillons à un collège qui permette à tous les élèves de progresser en passant par une nouvelle méthode.

En attendant une éventuelle réforme, le ministre a aussi confirmé les annonces qu'Emmanuel Macron a faites devant les recteurs hier : une demi-journée de découverte des métiers dès la 5e, une "réflexion de fond" pour mieux accueillir les élèves de l'école primaire en 6e et l'élargissement du Pass Culture.

Concernant le déploiement à tout le territoire de l'expérimentation "Marseille en grand", le ministre a confirmé que cela concernera aussi bien les écoles que les collèges et les lycées, et que les moyens seront attribués "de manière souple et rapide, pour encourager les initiatives". Hier, Emmanuel Macron a promis une enveloppe de 500 millions d'euros pour ces projets autonomes.

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Vers une réforme du lycée professionnel

L'autre grand chantier du quinquennat concernera la voie professionnelle. Le ministre a repris les propos du président : "En faire une filière d'excellence et plus un choix par défaut." Il a laissé le soin à Carole Grandjean, ministre déléguée à la Formation et à l'Enseignement professionnels, de présenter les "changements concrets pour les lycées professionnels".

En plus de la découverte des métiers au collège, elle a confirmé que des "échanges sur la réforme du lycée professionnel" seront engagés avec personnels, parents, élus locaux, régions, acteurs économiques, chefs d'entreprises et acteurs de l'emploi et de la formation.

Les relations entre lycées et entreprises seront renforcées, notamment via des "temps en stage augmentés de 50%". Autre nouveauté de taille : les lycéens professionnels recevront désormais une gratification de stage financée par l'Etat.

Nouveau regard sur l'écologie

Pap Ndiaye est aussi revenu sur les réalisations de son prédécesseur, Jean-Michel Blanquer. Il a notamment valorisé la réforme du bac mais aussi le financement de 4.000 postes d'AESH supplémentaires. Il a aussi évoqué des chantiers essentiels toujours d'actualité : excellence, égalité des chances, bien-être des élèves ou encore enseignement des fondamentaux (mathématiques et français en tête).

Un rétropédalage à noter : le retour d'un enseignement obligatoire de mathématiques dans le tronc commun de première générale pour la rentrée 2023 n'est finalement pas garanti.

Le nouveau ministre a tout de même légèrement détonné sur le volet écologie, estimant que les actions déjà menées sont "insuffisantes pour répondre aux enjeux de la transition écologique". Il souhaite ainsi "développer des actions autour du développement durable, des éco-délégués, de la labellisation E3D et de l'évolution d'une partie du bâti scolaire, en lien et en dialogue étroit avec les collectivités".

Cela concernera également le Service national universel (SNU). Sarah El Hairy, secrétaire d'Etat chargée de la jeunesse et du SNU, a annoncé qu'un "séjour de cohésion tourné un peu plus sur les conséquences du changement climatique et de la transition environnementale" se tiendra à l'automne.

De son côté, elle a pour ambition de "continuer à porter les dispositifs d'engagement déjà existants" (SNU, service civique, 1 jeune 1 solution, 1 jeune 1 mentor). Elle a assuré son "soutien massif au secteur de l'animation", et promis de doubler sans attendre le nombre de jeunes accompagnés en tutorat ou mentorat, de 100.000 l'année dernière à 200.000 dès cette année, "avec un regard particulier et attentif au lycée professionnel".


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