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Parcours d'excellence : Pierre Mathiot appelle les universités à se mobiliser

Morgane Taquet
Publié le
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Etudiants en classe prépa "Egalité des chances" ENA - janvier 2016
Etudiants en classe prépa "Egalité des chances" ENA - janvier 2016 // ©  Isabelle Maradan
Dans son rapport sur les Parcours d'excellence, qu'EducPros s'est procuré, Pierre Mathiot insiste sur le nécessaire engagement des établissements d'enseignement supérieur dans l’accompagnement des élèves dans le secondaire pour aller vers plus d'égalité des chances.

Accompagner plus tôt plus de jeunes et plus longtemps. C'est l'esprit du rapport de Pierre Mathiot sur les Parcours d'excellence. Dans ce document, dont Educpros s'est procuré une copie, l'ancien directeur de Sciences po Lille, nommé en janvier 2016 délégué ministériel aux Parcours d'excellence par Najat Vallaud Belkacem, fait un état des lieux des Cordées de la réussite et émet des recommandations sur leur montée en puissance à travers la mise en place des Parcours d'excellence.

Si les Parcours d'excellence doivent s'inscrire "dans la continuité et le prolongement des Cordées de la Réussite", il appelle de ses vœux le franchissement d'"un cap aussi bien quantitatif que qualitatif". Ainsi, ces parcours doivent "accompagner plus de jeunes et plus d'établissements du secondaire en impliquant plus fortement l'enseignement supérieur et les associations".

un public plus diversifié

Évoquant une excellence "au niveau de l'élève", il préconise qu'un public plus diversifié "dans ses dispositions scolaires et dans ses aspirations académiques et professionnelles" ait accès à ces parcours. Les élèves boursiers du secondaire et futurs boursiers du supérieur devront être prioritairement visés.

Le délégué souhaite que ces parcours s'inscrivent dans la durée en mettant sur pied "un continuum d'accompagnement qui bénéficie aux élèves depuis la classe de 3e jusqu'à la terminale, en phase notamment avec le continuum bac–3/bac+3, avec les enjeux du passage du collège au lycée puis du lycée dans l'enseignement supérieur". 

Tutorat individuel ou collectif, aide à l'orientation, accompagnement... Le délégué souhaite laisser le champ libre aux établissements sur la diversité des modus operandi. Selon leur niveau d'organisation et de structuration, cette mission pourrait être confiée aux Comue, pointe Pierre Mathiot.

RENFORCER L'ENGAGEMENT DES UNIVERSITÉS

Pierre Mathiot insiste sur le rôle majeur que doivent jouer les universités au regard de ce qu'elles font aujourd'hui. "Elles sont actuellement assez peu présentes dans le dispositif des Cordées si l'on met en parallèle le nombre des élèves qu'elles accompagnent et le nombre des étudiants qu'elles accueillent." "Ce sont les écoles, publiques et privées, qui assurent actuellement l'essentiel du travail (elles représentent près de la moitié des 'têtes de cordées')", note-t-il.

Actuellement, "on évalue à 80.000 au maximum le nombre d'élèves de collège et de lycée qui participent à un dispositif labellisé 'Cordées de la Réussite', quand le nombre total de boursiers de l'enseignement secondaire est de 1,2 million et le nombre total d'étudiants de 2,5 millions —dont 1,6 million dans les universités. Et de pointer : "Le taux d'effort des établissements d'enseignement supérieur (qui mesure le nombre d'élèves du secondaire accompagnés rapporté au nombre d'étudiants de l'établissement considéré) est donc largement inférieur à 5 %." "Ce chiffre est d'autant plus faible que les élèves de milieux modestes n'en sont pas les seuls bénéficiaires", poursuit-il.

Pourtant, argue le délégué, "on peut faire l'hypothèse qu'un investissement en amont du bac permettrait (aux universités) de préparer mieux les élèves à les rejoindre, de faciliter leur orientation et, au total, de lutter contre l'échec en L1".

UN PILOTAGE NATIONAL ET ACADÉMIQUE

En termes de pilotage, le délégué interministériel propose qu'une personne soit dédiée "presque exclusivement aux dossiers PE et Cordées au sein de l'administration de l'éducation nationale", et que des comités de pilotage réguliers à l'échelle nationale, académique et territoriale soient organisés. Le suivi des cohortes sur la durée des Parcours devra être réalisé statistiquement, et un appel à candidatures visant à une évaluation qualitative par des équipes de recherche spécialisées dans ce domaine (sociologie, sciences de l'éducation, économie, science politique...) devra être mis sur pied.

Enfin, sur la question des moyens, "les sources de financement, notamment les crédits centraux délégués aux recteurs, et les modalités d'allocation des crédits de la politique de la ville devront être précisées". Mais, assure-t-il, "le maintien de crédits fléchés des ministères est indispensable et des moyens complémentaires ont été prévus". Sans préciser les sommes.

Quel calendrier ?
Avant la fin juin, une circulaire interministérielle précisera comment s'articulent les actions de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la politique de la ville, et instaurera, selon une recommandation de Pierre Mathiot, un comité de pilotage dédié.

La Dgesco prévoit un calendrier de déploiement progressif de la rentrée prochaine jusqu'en 2019.

Morgane Taquet | Publié le

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