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L’École polytechnique officialise NewUni

Florian Dacheux
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L’École polytechnique officialise NewUni
Avec un budget estimé à 250 millions d’euros, le futur pôle compte attirer près de 10.000 étudiants et 1.000 enseignants-chercheurs d’ici 2022. // ©  Polytechnique
La convention de coopération entre Polytechnique, l’ENSAE, l’ENSTA ParisTech, Télécom ParisTech et Télécom Sud Paris, a été signée jeudi 4 octobre 2018. Elle vient entériner le rapprochement de ces cinq établissements au sein de New Uni, et la scission de l’Université Paris-Saclay en deux pôles.

Quasiment un an après la venue du président de la République, Emmanuel Macron, sur le plateau de Saclay le 25 octobre 2017, le projet NewUni prend tournure. Objectif : bâtir une institution de sciences et technologies de rang mondial.

Amplifier la collaboration en matière de recherche

New Uni est désormais le chantier prioritaire d’Éric Labaye, le tout nouveau président du conseil d’administration de l’École polytechnique, désigné par les trois ministères de tutelles des établissements membres – Armées, Enseignement supérieur et Économie – pour piloter le regroupement.

"Nous avons une ambition commune d’excellence, déclare-t-il. Ce rapprochement va nous permettre de conjuguer nos forces, d’amplifier nos actions de coopération déjà existantes et de gagner en lisibilité et en visibilité selon les standards internationaux, avec des équipements en commun sur le plateau de Saclay."

Rassemblées sur un même campus, ces écoles comptent mettre en commun leurs forces en matière de recherche. "Nous voulons développer une recherche tournée vers les besoins des entreprises et des sociétés, notamment dans les domaines de l’énergie, du climat, de la cybersécurité, du numérique, de la technologie et de la santé. Il nous faut donc un programme attractif pour que nos laboratoires puissent mieux collaborer", détaille Élisabeth Crépon, directrice de l’ENSTA ParisTech.

Des recrutements coordonnés

Un groupe de travail travaille actuellement à la création de quatre facultés, qui couvriront les thématiques des sciences naturelles et des mathématiques, de l’ingénierie, des technologies de l’information et des sciences sociales et humaines.

NewUni compte également fonder une école doctorale unique, basée sur une sélection rigoureuse de doctorants, et ce dès la fin d’une licence ou d’un Bachelor. "Nous voulons diplômer collectivement des masters et des doctorants, poursuit Élisabeth Crépon. Le Bachelor de Polytechnique devrait rapidement s’étendre à l’ensemble des établissements membres et nous souhaitons coordonner le recrutement de nos enseignants-chercheurs."

Lire aussi. L'X en passe de résoudre l'équation du Bachelor

Parmi les coopérations en cours déjà existantes, des travaux de recherche sont menés autour des smart cities (villes intelligentes), ainsi que la coopération de Télécom ParisTech et Télécom SudParis dans de nombreux parcours des mentions E3A. Côté recherche, le laboratoire d’optique appliquée tout comme celui des solides irradiés sont partagés entre Polytechnique, l’ENSTA ParisTech et le CNRS. Par ailleurs, l’IMT et HEC ont déjà affirmé leur intention de s’impliquer au côté de NewUni.

Des incubateurs en réseau

Sur l’axe post-formation, NewUni envisage de s’appuyer sur son socle de compétences, tout en développant ses interactions avec les entreprises. "Nous multiplierons les passerelles entre les cycles ingénieurs et les programmes de formation de recherche", assure Philippe Cunéo, le directeur général du Genes (Groupe des écoles nationales d’économie et de statistique).

Le but ? Assurer l’employabilité des étudiants, via le développement interne de start-up innovantes : "Nous sommes plusieurs écoles à avoir des incubateurs. L’idée est de mettre en réseau toute notre activité d’incubation", souligne Yves Poilane, directeur de Telecom ParisTech. Une étude est en cours pour une réorganisation des espaces. Les écoles partageront les investissements dans la construction d’un nouveau bâtiment mutualisé.

Un nom officiel en janvier

Les statuts du regroupement doivent être rédigés avant l’été 2019 et s’inscriront dans les nouvelles dispositions législatives introduites par le projet d'ordonnance relative à l’expérimentation de nouvelles formes de fusion. Pour le nom officiel de cette fameuse institution, il faudra attendre janvier.

Le terme "Polytechnique" sera-t-il utilisé ? Pour l’heure, rien n’a filtré. L’agence Carré Noir, filiale du Groupe Publicis, travaille actuellement en partenariat avec le comité de pilotage. "Tout est ouvert, confie Éric Labaye. Nous voulons que le nom de la marque résonne internationalement tout en respectant les valeurs des écoles."

Le président du conseil d’administration de Polytechnique ne s’en cache pas : NewUni vise une place de choix dans les palmarès internationaux. Avec un budget estimé à 250 millions d’euros, le futur pôle compte attirer près de 10.000 étudiants (contre 7.325 aujourd’hui) et 1.000 enseignants-chercheurs d’ici 2022. Les financements suivront-ils ? "Je suis arrivé avec l’idée que tout projet extraordinaire trouve de nouveaux financements", conclut Éric Labaye.


Florian Dacheux | Publié le

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Régis Ravat.

Encore un nom en anglais pour qualifier des écoles françaises ! A-t-on si peu d'imagination et de créativité dans ces écoles que leurs responsables soient obligés de se servir de la béquille de l'anglais pour parvenir à leur donner un nom ? Il a fallu traîner PSL Paris Sciences et Lettres au Tribunal administratif pour que l'infamant "Research University" soit enlevé, faudra-t-il également aller en justice pour voir disparaître de notre environnement linguistique, l'affreux New-Uni ?

Frida.

Ne pas arriver à fusionner 5 écoles publiques dont 2 dépendant du ministère des armées, ça s'appelle "se noyer dans un verre d'eau" ou "affronter les rigidités et le conservatisme de l'X"

Sirius.

Ni présence, ni mention de Jean-Lou Chameau "Coordinateur du projet NewUni". A EducPros, ça n'étonne personne ?

Frida.

Pour résonner ça va résonner assez creux comme tout ce verbiage technocratique

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