Premier bug Parcoursup : "l’année de césure" dévoilée par erreur aux formations

Natacha Lefauconnier
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Pas de hiérarchisation des vœux possible sur Parcoursup mais des quotas de boursiers plus importants promet le ministère.
8.100 étudiants, soit 1 % des candidats seraient concernés par ce bug. // ©  Frédéric Maigrot/REA
Début avril 2018, quelque 3.000 formations ont eu accès à une information censée demeurer secrète jusqu’aux inscriptions administratives : l'éventuelle demande d’année de césure par les candidats lors de la saisie de leurs vœux sur Parcoursup. Un bug informatique corrigé dans les trois jours, mais qui pose la question de l’équité du traitement des candidats.

Le bug informatique n’a duré que trois jours, mais il est d’ampleur nationale. Le 4 avril 2018, lors du transfert des données des dossiers des candidats vers les 13.000 formations présentes sur Parcoursup, une partie d'entre elles – "moins d’un quart", assure le ministère de l’Enseignement supérieur –, a eu accès à une information qu’elles n’étaient pas supposées connaître. Du moins, pas avant l’inscription administrative du candidat.

3.000 formations et 8.000 candidats concernés

L’information en cause ? L'éventuelle demande d’année de césure par les candidats lors de la saisie des vœux Parcoursup. 3.000 formations ont eu la possibilité de télécharger les dossiers indiquant ce souhait avant que les paramétrages de la plate-forme ne soient corrigés. "La visibilité de cette information a été supprimée dès que le ministère a eu connaissance de cette erreur, le 7 avril", précise-t-on Rue Descartes mardi 22 mai 2018.

Au final, "1 % des candidats sont concernés", soit environ 8.100 futurs étudiants. Concrètement, il s'agit de ceux qui avaient exprimé une envie de césure dans une formation ayant eu accès par erreur à l’information. C'est seulement au moment de l'inscription administrative qu'ils devaient exprimer ce souhait – voire ne pas le mentionner, s'ils avaient changé d'avis entre-temps.

Le ministère a "signalé clairement aux établissements que l’information communiquée par erreur ne devait donc en aucun cas être utilisée parmi les critères pris en compte par les commissions d’examen des vœux".

Des candidats interrogés sur leur césure en entretien

Or, selon des témoignages recueillis par EducPros, des candidats ont été questionnés, lors d’entretien de motivation dans des formations sélectives, sur leur projet de césure. Chaque formation ayant un nombre de places limité pour ces étudiants, le critère "année de césure" a pu peser dans la balance pour départager des candidats aux profils par ailleurs similaires.

Le principe d’équité du traitement des candidatures n’est donc pas totalement garanti. Ce à quoi le ministère répond que "les établissements se sont engagés lors du paramétrage des formations à respecter la charte de Parcoursup", ce qui permet "de rassurer sur l’absence de conséquence dommageable pour les candidats".

Reste que les futurs étudiants concernés par la demande de césure et qui n’auraient pas été admis dans une formation ne pourront jamais savoir dans quelle mesure la connaissance éventuelle de ce critère a pu nuire à leur candidature.


Natacha Lefauconnier | Publié le