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Primaire à droite : le match Fillon-Juppé sur l'enseignement supérieur

Aurore Abdoul-Maninroudine
Publié le
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Sur l'enseignement supérieur, Alain Juppé et François Fillon sont assez proches.
Sur l'enseignement supérieur, les propositions des deux candidats au second tour de la primaire des Républicains ne divergent guère. // ©  Nicolas Tavernier/REA
Dimanche 27 novembre 2016, le second tour de la primaire de droite opposera deux anciens Premiers ministres, dont l'un a été ministre de l'Éducation nationale, François Fillon et Alain Juppé. Deux candidats dont les propositions sur l'enseignement supérieur sont très proches.

orientation directive vs. Sélection à l'université

- Alain Juppé veut mettre en place une "orientation directive" à l'entrée de l'université et supprimer le tirage au sort à l'entrée des filières sous tension. Le lycéen n'aurait pas accès "à n'importe quelle filière à l'université mais se verrait proposer une formation adaptée à ses compétences et à ses goûts."

- François Fillon propose de réformer le baccalauréat, composé de "quatre épreuves plus solides par leur niveau." "Les universités feront connaître pour leurs différents parcours de licence les épreuves qu'elles recommandent vivement de choisir au baccalauréat" et pourront, "dans les filières en tension, (...) retenir les étudiants qui se sont préparés, dès le lycée, à la voie pour laquelle ils postulent."

Les deux candidats ont également l'intention de laisser les universités libres de sélectionner à l'entrée du master et de réserver plus de places aux bacheliers technologiques en IUT et BTS.

divergence sur les Droits d'inscription en licence

- François Fillon souhaite "une augmentation progressive des droits d'inscription en licence avec un objectif de 500 euros par an, tout en continuant à en dispenser les étudiants boursiers."

- Au niveau de la licence, Alain Juppé n'entend pas laisser les universités libres de fixer leurs frais de scolarité, "pour ne pas peser sur les classes moyennes."

Aux niveaux du master et du doctorat, les deux candidats s'accordent sur le fait de laisser les universités fixer librement les droits d'inscription "à l'intérieur d'une fourchette."

Recrutement : François Fillon partisan de plus d'autonomie

- François Fillon en est convaincu : "Laissons les universités choisir leurs enseignants, fonctionnaires et contractuels, et gérer ensuite leur carrière." Deux principes encadreraient ce droit. D'une part, "un avis favorable d'une autorité indépendante, pourquoi pas le Haut conseil de l’évaluation, devra être recueilli." D'autre part, "un maître de conférences ne pourrait pas être promu immédiatement professeur dans son université d'exercice."

plus d'expérimentation en matière de gouvernance

- Alain Juppé est explicite : "Les prérogatives de l'exécutif des universités pourront être renforcées, en particulier en assouplissant les règles relatives à la composition des organes de l'université. Pour cela, l'expérimentation dans la gouvernance des universités doit être vivement encouragée."

- François Fillon rejoint son concurrent sur ce point : "Les universités qui le souhaitent doivent pouvoir déroger aux règles générales et expérimenter des dispositifs de gouvernance nouveaux : élire un président hors du sérail"...

Des transferts de personnels

- Pour Alain Juppé, "l'autonomie des universités sur le plan des RH sera renforcée (...) en s'appuyant sur les compétences des personnels présents au sein du ministère de l'Enseignement supérieur."

- François Fillon prône un allégement de "la structure ministérielle pour qu'elle soit vraiment plus stratège et opérationnelle." Cela passerait par le transfert, "de la Rue-Descartes vers les établissements, de nombre de cadres, administrateurs civils, qui pourront apporter leurs expertises aux universités afin de mieux gérer leurs personnels et leurs budgets."

consensus sur le Financement des universités

Les deux candidats aimeraient confier la propriété de leur patrimoine aux établissements, pour une gestion immobilière plus efficace. Ils préconisent également le développement de financements privés, notamment via la formation professionnelle et la recherche partenariale.

Les postes de fonctionnaires menacés

François Fillon veut supprimer 500.000 postes de fonctionnaires quand Alain Juppé veut diminuer leur nombre de 200.000 à 300.000 sur le quinquennat. Les candidats ne précisent pas dans leur programme quels secteurs seraient touchés ou épargnés.
Aller plus loin :
- Le programme détaillé d'Alain Juppé
- Le programme détaillé de François Fillon

Aurore Abdoul-Maninroudine | Publié le

Vos commentaires (2)

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Frida.

Evidemment que ça devient gênant de parler des classement PISA, THE, Shangaï quand le premier budget du pays, autrement dit des piscines olympiques remplies de coupures de 500 euros donnent aussi peu de résultat. Va falloir augmenter la productivité : 500000 fonctionnaires de moins et 48 h/semaine

Frida.

Pas de doute : pour stopper la tiers-mondisation de l'Education Nationale, c'est FILLON !!!

gaston.

La connerie à ce point-là, moi j'dis qu'ça devient gênant.