Primaires socialistes : les propositions des six candidats sur l'enseignement supérieur et l'éducation

Sandrine Chesnel, Mathieu Oui et Camille Stromboni
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Des Paroles et des Actes
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A la veille du premier tour des primaires socialistes, le 9 octobre 2011, EducPros fait le point sur les principales propositions des six candidats sur l'enseignement supérieur, la recherche et l'éducation et sur les équipes dédiées à ces questions dans les différents staffs de campagne. Synthèse.

 

Martine Aubry

- un parcours d’autonomie pour aider les étudiants, avec une allocation d’études et de formation sous conditions de ressources, qui remplacera et complètera les systèmes de bourses existants.

- une réforme des premiers cycles universitaires, avec 25 heures d'enseignement minimum par semaine.

- un plan pluriannuel de recrutement à l’université (enseignants-chercheurs et personnels administratifs), et le passage à 150 heures d’enseignement pour un enseignant-chercheur (contre 192 heures actuellement).

- L’organisation d’Assises de l'enseignement supérieur et la recherche, afin de revenir sur le dispositif législatif et remettre au cœur de l’université la collégialité et le fonctionnement démocratique

- Porter à 3% du PIB les dépenses consacrées à la recherche, avec un redéploiement des budgets du CIR (Crédit impôt recherche)


- La fin des suppressions de postes d’enseignants, et le recrutement de professionnels à l'école (professeurs, médecins, surveillants, psychologues, personnels spécialisés)

- Le rétablissement de la formation des enseignants.

- Des moyens mieux répartis pour les établissements du second degré.

Sonéquipe :

- Recherche-Université : Isabelle This Saint-Jean (Vice-président du conseil régional d’Ile-de-France, en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche, professeur à l’université Paris 13), Vincent Berger (président de l’université Paris 7 Diderot)

- Education : Bruno Julliard (adjoint au maire de Paris, en charge de la jeunesse), Claude Lelièvre (historien de l’éducation)

- Jeunesse : Thierry Marchal-Beck (diplômé de Sciences po Lille, en charge du projet au MJS), Rama Sall (diplômée de l’université Paris 10 Nanterre, animatrice du pôle formation au MJS)

- Refonder le progrès : Axel Kahn (président de l’université Paris 5 – Descartes)

Lire aussi

- Son programme sur l'université et l'école
- La Lettre de Martine Aubry aux sections universitaires du Parti socialiste
- Son interview sur l'université (PDF - blog Universitas)

Jean-Michel Baylet

- Organisation un Grenelle de l’Education  avec tous les acteurs du secteur, portant notamment sur :
-  Le développement d’une réelle mixité sociale et la remise en place d’une carte scolaire regroupant des zones géographiques larges et diversifiées.
- Création un service public du soutien scolaire en réintégrant les activités périscolaires dans le champs de l’éducation nationale et en donnant un statut aux éducateurs.
- Mise en place un service gratuit de la petite enfance et développer les jardins d’éveil de 2 à 3 ans.
- Revision de l’organisation des carrières et assouplir le système d’affectation des professeurs. 
- Reconstruction la formation des enseignants et consacrer leur liberté pédagogique.


- Extension du RSA à tous les jeunes de moins de 25 ans qui poursuivent des études. Les conditions actuelles d’allocation du RSA pour les jeunes sont très difficiles à satisfaire pour nombre de jeunes, qui alternent des période de galère et de travail à temps partiel. Et surtout elle ne touche pas les étudiants qui vivent souvent dans des situations financières très dures. Cette extension du RSA à tous les jeunes de moins de 25 ans coûterait de 800 millions d’euros à 1 milliard d’euros supplémentaires. La mesure sera financée par la mise sous condition de ressources des allocations familiales.

- Redéfinition le crédit d’impôt recherche. Il doit être limité aux PME et aux recherches encourageant les nouvelles technologies protectrices de l’environnement.

- Lutte contre la fuite des cerveaux à l’étranger. L’octroi d’une bourse de recherche doit devenir la règle et non l’exception pour ceux qui poursuivent des travaux de recherche.

-Prise en compte pour le calcul des annuités de retraite des années de recherche pendant la thèse et le postdoctorat.

 

Lire aussi:

L'audace à gauche, trente propositions pour la France. Son site de campagne

 

François Hollande

- Stopper les suppressions de postes du corps enseignant et créer 60.000 postes en cinq ans, soit 12.000 par an.

- Le contrat d’autonomie pour les études et la formation, avec la création d’une allocation d’études supérieures sous conditions de ressources, ainsi qu’un système de prêts publics, accessibles dans l’université et assortis de conditions de remboursement liées aux revenus futurs du diplômé

- Le contrat de génération pour l’emploi des jeunes, dans lequel l’employeur s’engage à garder un senior, le temps qu’il parte à la retraite à taux plein, et embauche dans le même temps un jeune de moins de 25 ans, pour acquérir l’expérience du senior. En contrepartie, l’employeur est dispensé pendant 3 ans de cotisation sociale sur les deux emplois.

- Une réforme du crédit d’impôt recherche (CIR), en l’attribuant aux entreprises qui confient tout ou partie de leur recherche aux laboratoires universitaires et aux organismes de recherche publique

Son équipe

- Innovation et recherche : Geneviève Fioraso (députée de l’Isère, membre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) et Jean-Yves Le Déaut (député de Meurthe-et-Moselle, ancien professeur d'université en biologie moléculaire)

- Education : Jean Germain (maire de Tours, ancien président de l’université François Rabelais), Yannick Trigance (conseiller régional de Seine-Saint-Denis, spécialiste de l’éducation au sein du Conseil Régional d’Ile-de-France), Valérie Rabault (économiste).

- Jeunesse : Rémi Branco (jeune actif diplômé de Sciences po), Nisrine Zaibi (conseillère régionale de Bourgogne, vice-présidente et membre de la commission Sport, développement à l'international, lutte contre les discriminations et jeunesse).

Lire aussi :

- Son programme
- Son interview sur l'université (PDF - blog Universitas)

Arnaud Montebourg

- Fonder une école commune à taille humaine (300 élèves) du CP à la 3ème , allonger l'année scolaire de deux semaines, et passer à 5 jours d'école pour alléger et mieux organiser la journée des collégiens et écoliers. 

-  Recréer sur la mandature 60 000 postes d’’enseigants pour contrebalancer ceux supprimés depuis 2007 et installer dans les établissements qui comptent le plus d’élèves en difficulté scolaire des enseignants formateurs professionnalisés pour appuyer les professeurs.

- Réaménager le service des enseignants pour prendre en compte le travail réel, et rendre la formation continue obligatoire.

- Recentrer le crédit d’impôt recherche sur les PME indépendantes des grands groupes et innovantes et sur les grands programmes stratégiques de réindustrialisation. Conditionner ces aides à l’embauche de « passeurs de recherche » (docteurs en entreprise). Lancer un plan de 5000 créations d’emplois scientifiques par an.

- Augmenter de 50% le nombre de diplômés du supérieur sur dix ans. Pour cela, réformer la licence en augmentant le nombre d’heures pour renforcer la formation théorique et pratique et en réduisant le nombre de cours en amphi.  

- Remplacer la loi LRU pour lutter contre « l’hyper-présidentialisme » et fonder l’organisation universitaire sur la « démocratie, la collégialité, les libertés académiques, en respectant les spécificités disciplinaires ». Les Assises de l’enseignement supérieur au lendemain de l’élection auront notamment pour objectif de revenir sur ce texte.

- Pour lutter contre la privatisation des études supérieures, baisser les subventions d’Etat aux établissements privés.

Lire aussi :

- Son span style="color: rgb(35, 157, 203);">programme/font>
- Son interview sur l’université //font> (blog Universitas)

Ségolène Royal

-         Stopper les suppressions de poste et augmenter le nombre de personnels annexes dans les établissements, améliorer les conditions de travail dans les établissements scolaires pour permettre aux enseignants de travailler sur place, redéfinir « la charge de travail des enseignants » en fonction des difficultés des établissements.

-         Un deuxième adulte par classe dans les établissements sensibles pour permettre aux professeurs de se concentrer sur leur missions pédagogiques.

-         Instaurer l’encadrement militaire des mineurs délinquants alternative à l’impunité et à l’incarcération pour « remettre les mineurs délinquants sur de bons rails » et leur permettre de suivre une préformation professionnelle en vue de l’apprentissage d’un métier.

-         Transformer le premier cycle universitaire en années durant lesquelles les étudiants pourront s’essayer a plusieurs disciplines puis choisir et s’orienter en fin de deuxième année.

-         Pour redonner du « prestige » aux universités, les rapprocher des grandes écoles et des laboratoires ainsi que des entreprises. L’objectif : mettre fin à un système à deux vitesses et inciter les jeunes talents qui le souhaitent à poursuivre leurs études jusqu’au doctorat.

-         Garantir aux PME l’accès aux fonds publics de recherche et encourager le dépôt de brevets. Concrètement, les aides publiques, notamment le crédit d’impôt recherche, seront réorientées vers ces PME pour favoriser l’investissement dans la R&D.

-         Mise en place d’un plan « incubateur » à proximité des centres de recherche, afin de faciliter la création d’entreprise par les chercheurs.

Lire aussi :

- Son programme  
 

Manuel Valls

- Augmentation de 20% des moyens des établissements scolaires où la mixité sociale est la plus faible. Inciter les professeurs expérimentés à y rester et recruter de nouveaux enseignants pour réduire le nombre d’élèves par classe.

-Revalorisation financière du métier des enseignants en compensation d’une obligation de formation continue et d’une présence accrue en dehors des heures de cours.

- Profond renouvellement des sources de financement des universités à travers notamment un accroissement de l’effort financier des collectivités locales et des entreprises. Les financements publics doivent rester majoritaires pour préserver l’autonomie des universités.

-Augmentation sensible des bourses de l’enseignement supérieur pour assurer un financement adéquat aux étudiants fragilisés.

- Recentrage du crédit d’impôt recherche vers les PME en privilégiant les entreprises qui sont indépendantes des grands groupes.

- Si - et seulement s i- les conditions sont réunies pour préserver ceux qui ont le moins, une augmentation équilibrée des droits d’inscriptions pourra être envisagée.

- Favoriser les stages et les modules de préparation à la vie active dès les premiers cycles, y compris dans les filières littéraires.


- Renforcement de la présence des intervenant extérieurs dès la première année des études supérieures pour confronter l’étudiant aux débouchés de sa formation et lui permettre de prendre plus rapidement conscience d’une erreur d’orientation post-bac.

Son équipe 

Président du comité de soutien:
Pierre Tambourin

Biologiste et directeur de recherche à l’INSERM, Pierre Tambourin est directeur général du Génopôle d’Evry et il préside le pôle scientifique d’Evry Val d’Essonne.

Lire aussi:
Le site de campagne de Manuel Valls
Les réponses de Manuel Valls au blog-universitas.fr

Lire aussi sur le site de Terra nova "Débats 2012"

La comparaison des programmes des 6 candidats sur l'enseignement supérieur et la recherche , le CIR , le statut enseignant , l'éducation , la jeunesse , l'emploi des jeunes .

Lire aussi le banc d'essai des candidats sur l'université par le blog Universitas


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