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La communication dans l'enseignement supérieur, une affaire de pros

Marie-Anne Nourry
Publié le
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Margaux Perrin, exposition "Thèse's art"
Margaux Perrin, doctorante en neurosciences, vue par Éric Le Roux. Le projet "Thèse's art" valorise les travaux de recherche de Lyon 1 en mettant en scène les thésards. // ©  Jacques.Ducruet/Communication/UCBL
Du match de kick-boxing organisé dans un amphi au film de Vikings, la communication revêt les formes les plus variées dans l'enseignement supérieur, comme les prix de la communication décernés par l'Arces le 10 juin 2016 le démontrent. Le point commun ? Une professionnalisation accrue.

"La communication dans les universités et les grandes écoles se professionnalise." C'est le premier constat enthousiaste de Claire Laval-Jocteur, directrice de la communication de l'UPMC et présidente de l'Arces (Association des responsables de communication de l'enseignement supérieur), qui a décerné les prix de la communication le 10 juin 2016. Au total, 27 établissements ont déposé 51 dossiers, des chiffres stables par rapport à l'édition 2015.

Prime à l'effet "one shot"

Dans la catégorie "Action de communication", Sciences po a reçu le premier prix pour son initiative "Make it work", en amont de la COP21. En mai 2015, 200 étudiants de 143 universités partenaires de l'institut parisien ont joué pendant deux jours une simulation de la COP21 devant 1.300 personnes.

"D'accord, c'est Sciences po, mais encore fallait-il le faire, entend-on dans le jury. Les équipes ont commencé à travailler sur le projet un an à l'avance, le degré d'anticipation est remarquable. Et la dimension pédagogique de cette action est très intéressante."

Théâtre Nanterre-Amandiers

Lyon 1 a reçu le deuxième prix pour l'exposition photos "Thèse's art". Objectif : valoriser les travaux de recherche de l'université en mettant en scène les thésards. Le photographe de l'université, Éric le Roux, a piloté le projet avec le service communication. "Une façon originale d'allier art et recherche", estime Claire Laval-Jocteur.

Le coup de cœur du jury est allé au Dauphine Boxing Tour, un autre "one shot" imaginé par l'université Paris-Dauphine. Le temps d'une soirée, l'établissement a transformé son grand amphi en salle de championnat du monde de kick-boxing. La promotion de l'événement avait été assurée par l'étudiant boxeur Cyril Benzaquen, sacré champion du monde à cette occasion. "Une université qui fait de la communication people, c'est bluffant !"

Une université qui fait de la communication people, c'est bluffant !

La vidéo, un Impact garanti

La vidéo est l'une des catégories qui a reçu le plus de dossiers. Claire Laval-Jocteur n'en est pas étonnée : "L'impact de la vidéo est trois fois supérieur à celui d'un texte, c'est une tendance récente en communication, qui se reflète dans les prix."

L'EM Normandie a ainsi remporté le premier prix pour son film à destination des admissibles, "We are Vikings". Le jury a apprécié le ton humoristique utilisé pour transmettre les valeurs d'audace et de courage, "en adéquation avec la cible". Le budget est cependant conséquent : 20.712 euros. La vidéo a été réalisée par une agence du Havre, Little Big film.

Changement de thématique avec l'université de Nantes qui a reçu le deuxième prix pour inciter les étudiants à aller voter. Plus largement, le film "Pour un distributeur de pommes" vise à décrypter la complexité de l'organisation administrative des universités aux étudiants et à "vulgariser le jargon de l'enseignement supérieur". Mission réussie, puisque l'université a atteint un taux de vote des étudiants de 20 %, contre une moyenne nationale de 11,5 %. Le tout pour un budget de 3.700 euros.

Enfin, le jury a eu un coup de cœur pour le film d'animation de Télécom Bretagne, qui prend le parti de présenter ses activités sans mentionner la marque de l'école. "C'est un bel outil de promotion de la recherche, parfaitement adapté aux lycéens, pour une enveloppe de 5.000 euros".

L'édition, un outil incontournable

"Contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, le développement de la vidéo et du digital ne se fait pas au détriment de l'édition", souligne Claire Laval-Jocteur. Comme l'a montré l'Observatoire de l'Arces en 2015, le print demeure le premier outil des communicants, devant les réseaux sociaux et les relations presse.

Langue O' ©Inalco

À l'unanimité, "et de loin", le premier prix a été décerné à l'Inalco pour son magazine "Langues O'", nom originel de l'école. "Le contenu, rédigé en interne, est remarquable. Le positionnement est très élitiste mais les sujets sont en prise avec l'actualité et peuvent tous nous intéresser." Le jury a apprécié la démarche multisupport de l'Inalco, qui décline le magazine en version digitale et sous la forme d'un site web.

Pas de deuxième prix dans cette catégorie, mais un coup de cœur pour le livre édité par l'université de Nice pour son cinquantenaire : "C'est un bel objet qui comporte des interviews de personnes ayant marqué l'université", indique Claire Laval-Jocteur.

Une nouvelle catégorie, prévue dans ce cru 2016, n'a pas reçu de dossiers : "la personnalité du sup". L'objectif ? Valoriser une personne qui contribue à promouvoir la fonction communication dans l'enseignement supérieur et la recherche… Des candidats pour 2017 ?


Marie-Anne Nourry | Publié le

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Jean-Marie Pincemin.

La communication dans l'enseignement sup... Une affaire de pros? En tout cas, une affaire qui nécessite une approche spécifique: ce n'est pas de la communication de collectivité territoriale, d'organe de presse ou de groupe privé... Les multiples publics visés (étudiants, chercheurs, entreprises, financeurs) nécessitent des stratégies, moyens et supports variés, des goodies au site web, en passant par les brochures, les catalogues, les réseaux sociaux... vers des publics internes, externes, nationaux, internationaux... Il faut aussi penser au temps long, et pas juste à l'évènementiel, au "coup médiatique" que les communicants cherchent tant... Attention aux formules toutes faites, qui oublient parfois le cœur de métier des universités: la recherche (et pas juste sa vulgarisation!), et l'enseignement qui en découle...

Dominique Dudouble.

C’est un peu paradoxal de voir récompensés des supports qui ont été réalisés par des agences de com, et non par des étudiants ou des établissements. Peut-être faudra-t-il songer à l’avenir à créer deux catégories différentes afin de distinguer les supports réalisés en interne par les étudiants, avec les moyens propres à l’établissement, et ceux réalisés par des agences de com. Ici, manifestement, tout le monde ne joue pas dans la même cour (ni avec les mêmes budgets…).

Mule.

Un point assez discriminant est la manière de communiquer sur les maquettes pédagogique. Certains établissements ont des sites web très chouettes, mais on y cherche en vain le détail des enseignements. On comprend alors qu'il y a potentiellement des choses à cacher : peu de présentiel encadré, parce que... ça coûte cher... ou bien des descriptifs de matières très généraux, ou ronflants mais bien vagues.

Dubois Pierre.

Une affaire de pros ? ou de prétentieux qui ne maîtrisent pas la langue française ? https://histoiresduniversites.wordpress.com/2016/05/31/design-et-erreur-orthographique/

Albane Decarm.

YES Langues'O Bravo