Le nouveau compte personnel de formation, une aubaine pour les universités ?

Dominique Perez
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Le projet de loi sur la formation professionnelle a été adressé au Conseil d’Etat le 6 janvier 2014. La réforme donnera-t-elle aux universités l’occasion de doper leur chiffre d’affaires en formation continue? C’est l’espoir que porte la CPU, qui pose des jalons offensifs dans ce sens.

Les universités estiment qu’elles ont un grand rôle à jouer au sein de la future loi sur la formation professionnelle. Et plus précisément pour mettre en œuvre son dispositif phare, le Compte personnel de formation (CPF). Le 29 novembre 2013, la CPU organisait au Cnam un colloque  intitulé "Les universités au cœur de la formation professionnelle et de l’apprentissage", qui lui avait déjà permis de se positionner sans ambiguïté sur ce nouveau dispositif.

Et pour cause : ouvert à chaque personne dès son entrée sur le marché du travail à partir de 16 ans jusqu’à la retraite, le compte personnel de formation permettra à chaque personne de cumuler chaque année un portefeuille d’heures de formation (20 heures par an pendant les six premières années puis 10 heures par an les trois suivantes, pour un maximum de 150 heures).

Un format rêvé pour l’université, d’autant que les formations "CPF" concernées devront être obligatoirement qualifiantes.

Les universités sont un service public, et doivent naturellement devenir le premier lieu où se mettra en œuvre le compte personnel de formation (CPU)

"Une prise en compte de droit de toutes les formations universitaires"

La CPU, tout en se réjouissant de cette disposition, veut cependant être sûre que les universités seront les premières sur la liste. Les formations éligibles au CPF seront en effet déterminées ultérieurement par les branches professionnelles, les partenaires sociaux et les Régions.

"Les universités sont un service public, et doivent naturellement devenir le premier lieu où se mettra en œuvre le compte personnel de formation", affirmait-elle ainsi dans un communiqué le 18 décembre 2013. "Nous souhaitons vivement être associés à la sélection des diplômes et titres 'éligibles' au CPF", confirme Gilles Roussel, président de la commission formation de la CPU, qui réitère l’une des propositions issues du colloque demandant "la prise en compte de droit dans le CPF de toutes les formations des établissements d’enseignement supérieur inscrites au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles)".

Un protocole de collaboration a été signé le 29 novembre entre la CPU, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, la Cdefi (Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs) et 17 branches professionnelles, avec notamment un engagement de collaboration sur "la formation tout au long de la vie". Une forme de "lobbying" mais à visage découvert s’est donc engagée vis-à-vis du monde économique.


Dominique Perez | Publié le